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UFC : les femmes ne sont pas là pour la figuration
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UFC : les femmes ne sont pas là pour la figuration
UFC : les femmes ne sont pas là pour la figuration ©Radio France

UFC : les femmes ne sont pas là pour la figuration

Sport encore très jeune, le MMA et l’UFC font pourtant la part belle aux femmes et avec succès. Retour sur cette ascension fulgurante.

En 2018,l’UFC fête son 25e anniversaire.  Oui, la plus grande ligue de MMA au monde est encore très jeune en comparaison avec la NBA, NHL et autre NFL. De leur côté, les femmes sont arrivées dans l’organisation en 2013. En à peine cinq ans, la réussite de leur intégration force le respect. Il y a désormais4 catégories féminines  et des sportives comme Ronda Rousey , Miesha Tate , Cris Cyborg sont devenues de véritables stars. Dans un sport où le public est en grande majorité masculin, l’UFC a réussi à rendre les femmes légitimes.  En effet, jusqu’à la déferlante Conor McGregor , c’étaitRonda Rousey la plus grande star de l’histoire de l’organisation.

Une stratégie marketing à l’UFC

Tout commence bien en amont des combats. Vous imaginez bien qu’une entreprise rachetée pour 4.2 milliards  en 2016 ne laisse pas sa place à l’amateurisme. Ainsi, l’UFC dépense une énergie et des sommes folles dans la promotion de ses athlètes.  Ceux que l’organisation juge bons pour le business font l’objet de vidéos promotionnelles dantesques, apparitions dans des émissions à succès, etc. L’UFC a su devenir une marque à part entière presque plus grande que son sport. Pour cela, il a fallu investir grandement, au contraire d’autres sports où les athlètes ne sont pas énormément soutenus par une stratégie marketing d’envergure.

Récemment, nous parlions à la française Anissa Meksen , légende du kickboxing (96-3 en carrière) et championne du Glory . Elle évoquait les difficultés liées à son sport : "En termes de retombées, je n'ai pas conscience de ce statut de légende, car c'est un sport qui n'est pas très mis en avant. Je suis une athlète parmi tant d'autres. Il faudrait que les médias s'intéressent à ce sport. Avoir un sponsor aujourd'hui c'est difficile, car la médiatisation n'est pas au top et les entreprises n'ont pas forcément confiance."

Lors de l’UFC 224 à Rio , le combat principal était le duel entreAmanda Nunes  et Raquel Pennington . Sur les treize combats de cette soirée, il n’y avait pourtant que deux combats féminins… C’est donc un choix fort de la part de l’UFC de mettre en avant ces femmes pour des retombées économiques futures. Évidemment, l’organisation ne fournit pas tous ces efforts pour rien. Raquel Pennington se montrait très satisfaite de la stratégie de l’UFC concernant le MMA Féminin : "Je pense que c'est phénoménal d'avoir ces opportunités, d'avoir la lumière portée sur nous. L'UFC pourrait toujours faire plus avec plus d'événements, plus de sportives, mais je suis déjà contente d'être dans cette position."

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L’exemple Ronda Rousey

Il a ainsi fallu 2 ans à Ronda Rousey pour que l’UFC, et ses résultats sportifs, fassent d’elle une star. Combat principal de la soirée pour ses débuts, elle attirait 450 000 personnes en achat de pay-per-views. Ensuite, l'UFC la plaçait en second combat de la soirée pour l'UFC 168, événement le plus attendu de 2013. De cette façon, les fans qui souhaitaient voir Weidman vs. Silva 2  étaient obligés de découvrir la combattante... En 2015, c'est là que Rousey devenait une véritable star. Combat principal de la soirée, son duel contre Cat Zingano  à l'UFC 184 attirait 600 000 personnes en achat de pay-per-view. En août 2015, elle faisait 900 000 achats contre Bethe Correia . Trois mois plus tard, 1.1 million de personnes payaient pour la voir combattre face à Holly Holm .

Amanda Nunes et Mackenzie Dern, les nouvelles stars montantes

L’UFC 224 : Amanda Nunes vs. Raquel Pennington,  à Rio, qui a eu lieu le 12 mai dernier, ne devrait pas atteindre les sommets non plus. Selon les estimations provisoires, on serait à 85 000 ventes en pay-per-views… un score historiquement mauvais. Toutefois, l’UFC "sacrifie" cette carte brésilienne pour préparer l’avenir. Sur les quatre combattantes présentes, deux sont l’avenir de l’organisation : Amanda Nunes et Mackenzie Dern. En offrant des démonstrations devant leur public, elles continuent de construire leur histoire. L’UFC s’occupe du reste… Mackenzie, grand espoir du MMA mondial,  a parfaitement conscience de cela : "C’est super que l’UFC mette les femmes en avant et qu’une carte soit portée par des femmes. Quand j’ai vu que c’était Amanda Nunes pour Rio, je voulais directement être sur la carte. Je veux faire partie de ces cartes féminines. C’est mon objectif d’être comme Ronda Rousey et Holly Holm et d’être main-event. J’essaye d’être une bonne représentante du MMA féminin, car il y a toujours un certain tabou.  Du genre : ‘si tu fais du MMA et que tu te prends des coups alors tu es masculine’. Tu peux aimer le sport et avoir des muscles ; tu peux aussi avoir des cheveux longs et du vernis. Ça ne change pas qui tu es à l’intérieur."

Cris Cyborg, la patronne

Amanda Nunes est amenée à affronter Cris Cyborg, championne featherweight de l’UFC etstar féminine du moment.  Payée 500 000 dollars (hors bonus) par combat et suivie par de nombreux fans,Cyborg a repris le flambeau laissé par Rousey en tant que tête de gondole du MMA Féminin. Moins connue du grand public que l’Américaine, elle a tout de même porté le troisième plus gros événement de l’année 2017 (UFC 219 contre Holly Holm). En comparaison avec d’autres combattants de renom, Cyborg touche plus que le champion flyweight Demetrious Johnson , le champion lightweight Khabib Nurmagomedov ou le champion featherweight Max Holloway .

Rizlen Zouak , combattante marocaine de MMA a d’ailleurs pour source d’inspiration Cris Cyborg, du fait qu’elle dépasse le cadre de MMA Féminin notamment : "Quand j’ai commencé le MMA, je me suis saignée à la boxe. Ma référence c’est Cyborg !__Au niveau sportif et humain, c’est une fille qui a un grand cœur.  Elle fait énormément de choses. Je la respecte en tant que sportive et en tant que femme. Elle se bat vraiment pour la femme dans le MMA."

En 5 ans, l’UFC a donc réussi la gageured’intégrer parfaitement les femmes dans le MMA.  Aujourd’hui, certaines des plus grandes stars de la discipline sont des femmes. D’ailleurs, l’UFC vient d’ouvrir la catégorie flyweight pour laisser la place à de nouveaux talents (Valentina Shevchenko , Paige VanZant  en tête). La société évolue, le sport et les médias avec. L’UFC prouve qu’il possible de passionner les foules avec des sportives ; et de nombreuses organisations devraient s’en inspirer.

crédit photo : Jeff Bottari/Zuffa LLC / Getty Images

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