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Souleymane Cissokho : l’heure de prendre les commandes / INTERVIEW
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Après un début de carrière pro sans la moindre défaite, Souleymane Cissokho vise le titre national des super-welters
Après un début de carrière pro sans la moindre défaite, Souleymane Cissokho vise le titre national des super-welters ©Getty

Souleymane Cissokho : l’heure de prendre les commandes / INTERVIEW

Après des débuts parfaits chez les pros (7 victoires en 7 combats), Souleymane Cissokho sera pour la première fois de sa carrière en tête d’affiche d’une réunion. Samedi 9 février à Paris, il sera face à son compatriote Romain Garofalo. Un occasion en or de briller devant la France entière.

Capitaine française de l'équipe de France de boxe aux Jeux olympiques de Rio 2016, Souleymane Cissokho revenait d’Amérique du Sud avec la médaille de Bronze autour du cou. Passé professionnel l'année suivante, le natif de Dakar évoluait jusque là dans l'ombre d'un certain Tony Yoka. Avant d’être sous les ordres de l'entraîneur Virgil Hunter, Cissokho a dû même convaincre la légende du coaching de le prendre sous son aile. En effet, Hunter ne devait entraîner que Yoka à l'origine. Aujourd’hui, alors que le champion olympique des lourds est à l’arrêt bien malgré lui (suspension pour un an), Cissokho a le vent dans le dos. 

Face à Romain Garofalo (14 victoires, 3 défaites), au Palais des Sports de Paris, le Capitaine de la Team Solide combattra pour le titre national super-welters. Une marche importante pour Cissokho avant de viser plus haut, à savoir les titres européens et mondiaux. Avec ce combat, qui sera diffusé en direct sur Canal+ Sport, l'espoir est prêt à devenir l'une des têtes d'affiche du boxing game français. Fraîchement de retour de Californie avant le combat le plus important de sa jeune carrière, « Souley » a répondu aux questions de Mouv'.

Souleymane, comment as-tu géré la préparation du tout premier main-event de ta carrière ? Un surplus de pression ?

Ça a très bien été, j’ai préparé ça aux États-Unis. Je m’étais fait opérer de l’épaule en septembre, ça va beaucoup mieux aujourd’hui. Il y en a beaucoup qui me disent : « Souleymane, on voit tes posters dans Paris. C’est peut-être le combat de ta vie. Tu as beaucoup de pression. » Pas du tout, ça fait super plaisir d’être tête d’affiche. Je suis un gamin du 19e arrondissement. Voir ma tête dans tout Paris, dans tous les beaux quartiers, ça fait énormément plaisir. C’est une fierté pour moi, pour ma famille et tous ceux qui m’entourent. 

Tu présentes aujourd’hui un bilan de 7 victoires (dont 5 KO) pour aucune défaite : quel serait ton objectif sur l’année qui arrive ?

J’aimerais beaucoup monter dans les classements (actuellement 40e mondial selon BoxRec - NDLA) et disputer à la fin de l’année un championnat d’Europe. 

Tu combats pour le titre de champion de France, pourquoi ce choix ? 

Pour moi, c’est super important. Il faut passer par la case championnat de France avant de viser plus haut. Il faut d’abord être champion de son pays avant de pouvoir prétendre être champion d’autre chose.

On a connu l’adversaire assez tard, cela change-t-il ta préparation ?

Pas du tout. D’ailleurs on était déjà en pourparlers avec Romain Garofalo. À ce niveau, on est plus sur de l’ajustement de différents paramètres. L’objectif c’était vraiment de me préparer moi en tant que boxeur, travailler sur ma personne, car je revenais de blessure. J’ai fait un gros travail sur moi et puis derrière ça a été. 

Par rapport au combat qui arrive, as-tu déjà une idée de la manière dont celui-ci va se dérouler ?

C’est très compliqué de donner un pronostic. Ce que je sais, c’est que je suis bien préparé, bien entraîné. Je suis prêt à tout donner samedi sur le ring. On va essayer de ne pas aller trop vite, je me suis aussi entraîné au cas où ça dure. On verra samedi. 

Tu es dans cette fameuse catégorie super-welters. Il y a déjà beaucoup de Français très bien classés, n’as-tu pas peur de te retrouver face à eux ? 

Pas du tout, j’ai même envie de me mesurer à eux. D’ailleurs, je fais aujourd’hui un championnat de France. L’objectif est de progresser dans les classements et si ça doit passer par eux alors on ira.

Les Munguia, Hurd, Lara, Charlo, Castano, penses-tu déjà pouvoir te mesurer aux tauliers de la catégorie ?

Franchement, je ne suis pas impressionné par ces boxeurs-. Je n’ai pas peur. Ils ont plus d’expérience que moi. Il faut que je progresse dans les classements, que j’arrive dans les 15 premiers mondiaux, mais non, ce ne sont pas des boxeurs qui m’impressionnent. Avec le travail et l’expérience, je pourrai les rejoindre. 

Tu es professionnel depuis deux ans maintenant, prends-tu les combats un à un ou te permets-tu de rêver ?

Évidemment, j’en suis encore à prendre les combats les uns après les autres. Dans quelques années, c’est certain, j’aimerais un combat de championnat du monde. Tous les combats sont différents, il faut laisser faire cela petit à petit. 

Tu te prépares aux États-Unis, tu es coaché par un entraîneur américain, va-t-il bientôt falloir passer par la case US ?

Oui c’est certain, d’ailleurs on y travaille déjà. Surtout dans ma catégorie, il y a beaucoup de noms sur ce marché-. Je m’entraîne déjà là-bas donc ça va arriver et je m’y prépare déjà. Un moment donné, il faudra passer pas là, c’est certain.

Tu avais déjà parlé de ton admiration pour Floyd Mayweather, il a récemment roulé sur Tenshin Nasukawa à 41 ans. Espères-tu rester aussi longtemps dans le monde du combat ?

Je ne pense pas aller aussi loin que lui, pas jusqu’à un certain âge. Je préfère ne pas me précipiter, faire ma carrière et derrière ne pas avoir à rester jusqu’à je ne sais pas quel âge. Je préfère arrêter en étant à mon top.