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Jon Jones : la carrière d'un GOAT entachée de nombreux scandales
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Jon Jones (Photo : Josh Hedges/Zuffa LLC)
Jon Jones (Photo : Josh Hedges/Zuffa LLC) ©Getty

Jon Jones : la carrière d'un GOAT entachée de nombreux scandales

De retour à l'UFC ce samedi 29 décembre, Jon Jones est l'un des plus grands de l'histoire de son sport. Toutefois, son parcours est sali à causes de ses nombreuses sorties de route. Jones, aussi génial dans la cage qu'incontrôlable en dehors.

Jon Jones, la machine

Plus jeune champion de l'histoire de l'UFC (à 23 ans et 242 jours), Jon Jones avait tout du futur Michael Jordan du sport. Beau, talentueux, charismatique, pieux, le surnommé Bones contient le pack ultime, rêvé par les promoteurs. Malheureusement pour lui, Jones a tendance à trop aimer la fête. Malgré une carrière irréprochable dans la cage de l'UFC, celle-ci est ternie par de nombreux scandales. Côté sportif, il présente à 31 ans un bilan de 22-1 (1). Sa seule défaite, contre Matt Hamill, fut causée par une disqualification d’un arbitre un brin zélé. En effet, entraîné dans sa fougue, notre jeune de 22 ans à l'époque, explosa son adversaire avec des « coups interdits » (coups de coudes de haut en bas). Il n'a donc jamais vraiment perdu. De même, il a battu un grand nombre de légendes : Shogun Rua par TKO pour devenir champion, Rampage Jackson par soumission, Lyoto Machida par soumission, Rashad Evans, Vitor Belfort par soumission ou encore Chael Sonnen par TKO. Surtout, Bones a su écarter l'un des plus grands de tous les temps : Daniel Cormier. En effet, il reste le seul homme à avoir battu DC, la deuxième fois avec un KO surpuissant ! Toutefois, le résultat de la revanche fut transformé en sans « sans-décision », et Jones fut destitué de sa ceinture...pour la troisième fois de sa carrière. Oui, la seule personne qui peut empêcher Jones d'être champion est bien lui-même.

« Jones peut faire tout ce qu’il souhaite, dès qu’il s’y attelle… il est son pire ennemi. » - Arthur Jones, père de Jon.

L’incroyable série de scandales

En janvier 2015, Jon Jones battait pour la toute première fois son plus grand rival Daniel Cormier. Une victoire par décision unanime qui faisait de Bones l'indiscutable patron du MMA mondial. Le 27 avril de cette même année, la superstar craqua : délit de fuite après un accident de voiture sur une femme enceinte. Le pire dans toute cette histoire c'est qu'après s'être enfui, Jones revint sur le lieu de l'accident...pour récupérer du cash et partir ensuite. Ne pouvant se permettre d'avoir un champion embourbé dans un tel bourbier, l'UFC destitua Jones de son titre.

« Je t’ai battu après un week-end de cocaïne. J’ai eu deux bons week-ends à la suite. Cocaïne pour le premier, ton cul après. C'était super. C'était un très bon mois. » - Jon Jones à Daniel Cormier à propos de sa victoire de janvier 2015.

Condamné et mis au placard par l'UFC, il fit finalement son retour à l'UFC en avril 2016. Jones devait affronter Daniel Cormier, devenu champion entre-temps pour une revanche extrêmement attendue. Toutefois, DC se blessa durant la préparation et Ovince St-Preux remplaça le champion au pied levé. Bones et OSP allaient donc s'affronter pour la ceinture intérimaire. Sans surprise, Jones s'imposa et prit le titre intérimaire. Tous les ingrédients étaient alors réunis pour la grande explication face à Daniel Cormier lors de l'UFC 200, qui devait être le plus grand événement de l'histoire de l'organisation ! Le 8 juillet, soit un jour avant l'UFC 200, il fut annoncé par l'agence américaine antidopage que Jones testa positif ! Les échantillons A et B, datant du 16 juin étaient positifs au clomiphène, un anti œstrogènes et au letrozole, inhibiteur de l'aromatase. L'USADA condamna Jon Jones à un an de suspension pour négligence. En effet, l'enquête conclut qu'il n'avait pas pris les substances intentionnellement. L’hypothèse d'un produit ingéré contaminé par ces substances fut retenue.

Après cette nouvelle mise au placard, il était convenu que Bones revienne pour l'UFC 214 en juillet 2017... contre Daniel Cormier. Toujours champion, DC voulait plus que tout effacer l'affront de la première défaite. Dans cette revanche, disputée sous très haute tension et avec une haine palpable entre les deux combattants, Jones s'offrit l'un de ses chefs d'œuvre. Découvrant une tendance développée par Cormier avec ses entraîneurs, il claqua un seul high-kick du combat... et quel high-kick. Après s'être attaqué au corps de DC durant 2 rounds et demi, il fit mine de placer le middle-kick pour finalement viser la tête... le champion ne put éviter la bombe et se fit ensuite terminer par un ground & pound effrayant. Premier homme à finir Daniel Cormier, à nouveau champion, Jon Jones était au sommet et même féliciter par Dwayne Johnson juste après son combat. Qualifié de GOAT par Dana White, le Président de l’UFC, plus rien ne semblait pouvoir l’arrêter. L'impensable arriva cependant le 22 novembre : Jon Jones testa positif au Turinobol, un stéroïde anabolisant. Le contrôle eut lieu le 28 juillet, soit un jour avant son combat de l'UFC 214. Conséquence directe du contrôle positif, Bones fut à nouveau destitué de sa ceinture par l'UFC. Risquant jusqu'à 4 ans de suspension de la part de l'USADA pour ce nouveau contrôle positif, Jones reçu 15 mois de suspension, 205 000$ dollars d’amendes et un retrait de sa licence. Le PDG de l’USADA, expliqua la faible durée de la suspension pour cette raison principale : « L'investigateur indépendant a conclu que Jon Jones ne trichait pas intentionnellement dans cette affaire. »

Jon Jones et ses déboires, racontés par l’UFC avant la revanche contre Cormier en juillet 2017 

Il pouvait donc faire son grand retour avant la fin de l'année 2018. L'option Daniel Cormier, à nouveau champion light-heavyweight et devenu champion heavyweight fut envisagée. Toutefois, DC voulait affronter Bones chez les lourds, alors que Jones voulait le combat en lourd-léger. L'UFC décida donc de trancher : Jon Jones allait revenir contre Alexander Gustafsson pour le titre light-heavyweight, titre que DC perdrait dès le début du combat. Si la décision est dure pour Cormier, qui a défendu la ceinture pour la dernière fois contre Oezdemir en janvier 2018, elle est compréhensible. Ne souhaitant pas combattre au-delà de mars 2019, il ne devrait pas revenir dans la catégorie. Bien plus à l’aise physiquement chez les lourds, il lui reste vraisemblablement un combat à disputer en carrière. On devine ici le plan de l’UFC : la trilogie entre un Jones champion light-heavyweight et un Cormier, champion heavyweight pour la ceinture des lourds pour début 2019. Alexander Gustafsson qui avait offert à Jon Jones le combat le plus compliqué de sa carrière sert de parfait « faire-valoir » pour ce combat de retour ; et il représente la seule alternative digne de ce nom à DC chez les light-heavyweights. Les fans ne pouvaient donc qu’être ravis de cette annonce.

UFC 232 – la victoire pour tout oublier ?

L'UFC 232, prévu le 29 décembre devait clore avec la manière cette belle année 2018 pour l'UFC. Toutefois, le 23 décembre, il fut annoncé par l'USADA que Jones testa positif au Turinabol le 9 décembre. Oui, il s'agissait bien du même stéroïde anabolisant que celui retrouvé dans son organisme juste avant le combat contre Daniel Cormier en juillet 2017 ! Suite à cette annonce, la commission athlétique du Nevada refusa de délivrer à Bones une licence. Prévu à Las Vegas, l'UFC 232 fut transféré à Los Angeles à moins d'une semaine de l'événement. En effet, si la commission du Nevada refusa d’octroyer une licence à Jones, celle de Californie lui tendit les bras. Et l’USADA dans tout ça ? « USADA a conclu que, conformément à la décision antérieure de l'investigateur indépendant, à ces niveaux extrêmement bas, Jones n'avait obtenu aucune amélioration dans ses performances. [] Suite à ces conclusions, l'USADA a déterminé que M. Jones ne faisait pas l'objet d'une violation de la politique antidopage de l'UFC. » L’agence décida donc de ne pas poursuivre le combattant.

Avec son contrôle positif à la cocaïne de décembre 2014 (juste avant le premier combat contre Cormier), Jones a donc été pris dans les mailles du filet quatre fois depuis le début de sa carrière, dont 3 fois pour des substances interdites (la cocaïne n'en fait pas partie). Aussi génial et grand soit-il, la négligence devient compliquée à défendre. Ayant troqué son image de jeune premier pour celle d’un badass, Bones assume aujourd’hui ses zones d’ombre : « Quel est mon héritage ? Que voudrais-je que ce soit ? Voyons voir, juste être considéré comme un enfoiré (bad motherfucker en VO). Juste un enfoiré. Suis-je parfait ? Suis-je un chrétien qui jure ? Oui. Est-ce que j'aime Dieu ? Oui. Est-ce que j'aime ma famille ? Oui. Est-ce que je suis un enfoiré ? Oui. C’est quelque chose que je réalise, c'est que, en tant que champion, vous n'avez pas besoin de porter un costume tous les jours, vous n'avez pas à être politiquement correct, vous n’avez pas à être admiré par tous les enfants et qu’ils disent que vous êtes un ange. Qui a dit que ce qu’est un champion doit être ? » Sauvé par ses performances dans la cage, il est plus que jamais dans l’obligation de gagner (et avec la manière) pour effacer ses déboires. Jusque là, tout va bien…