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Daniel Cormier, définitivement l’un des plus grands !
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Daniel Cormier, définitivement l’un des plus grands
Daniel Cormier, définitivement l’un des plus grands ©Radio France

Daniel Cormier, définitivement l’un des plus grands !

Après sa victoire expéditive contre Stipe Miocic, Daniel Cormier a rejoint Conor McGregor dans l’histoire . Et de quelle manière !

Arrivé dans leMMA après une brillante carrière de lutteur, Daniel Cormier était pourtant habité d’un sentiment de revanche. Capitaine de l’équipe olympique américaine lors des Jeux de 2008, DC ne pouvait tenir sa place pour la compétition. À cause d’une weight cut trop brutale, ses reins lâchaient. Quatre ans auparavant, il avait terminé à laquatrième place des Jeux d’Athènes . Peu de combattants auront été autant marqués par les échecs.

Dès 2009 , il débute donc chez lespoids lourds en MMA , Cormier devient tout simplement inarrêtable. C’est au Strikeforce qu’il signera ses premiers coups d’éclat. Remplaçant du tournoi poids lourds de la deuxième organisation la plus prestigieuse au monde à l’époque, il y fera un carnage. Les débuts du tournoi étaient notamment marqués par l’élimination du GOAT Fedor Emelianenko  face au brésilien Antonio « Big Foot » Silva. Forfait pour le second tour, Alistair Overeem laissait sa place à… Daniel Cormier. Par conséquent, DC allait affronter le tombeur de Fedor. La suite est depuis entrée dans la légende.

Le Grand Prix du Strikeforce, son premier coup d’éclat

Pour son premier test XXL, Daniel Cormier claquera le KO, aux poings, dès le premier round ! Le commentateur Mauro Ranallo  n’en croyait pas ses yeux, les spectateurs de l’U.S. Bank Arena non plus! Qualifié en finale du tournoi, Cormier affrontait Josh Barnett , affectueusement surnommé le maître de guerre. Plus jeune champion de l’histoire de l’UFC, l’Américain est une véritable légende du sport. Devinez quoi ? DC soulèvera ce beau bébé de 115 kilos et le balancera aux quatre coins de la cage.Vainqueur du combat par décision unanime , sans aucune contestation possible, Cormier s’était fait un nom. Il remportait par la même occasion le Grand Prix heavyweight du Strikeforce.

Poursuivant sur sa lancée à l’UFC. L’ancien lutteur enchaînait les victoires. Dans la même catégorie que son coéquipier et ami Cain Velasquez , Cormier faisait un choix extrêmement fort. Classé numéro 2 chez les heavyweights , il descendait de catégorie pour ne pas avoir à affronter Cain, alors champion. Il abandonnait ses rêves de ceinture dans la catégorie reine, temporairement.

Jon Jones, le rival

En quittant les heavyweights pour les light-heavyweights, DC allait se retrouver face à la légende ultime, la terreur de l’octogone en personne : Jon « Bones » Jones . Poursuivant sur son incroyable lancée dans la catégorie inférieure, Cormier était sur l’autoroute du title-shot. Il obtenait donc en 2015 le droit d’affronter Jones. Compétiteur né, DC en était convaincu, il allait être le tout premier à faire tomber Jones. Dans les différentes conférences de presse qui précédaient le combat, les deux artistes martiaux se rendaient coup pour coup. Toutefois, avant cette soirée de l’UFC 182, un événement fera basculer cette rivalité : le media day. Comme le veut la coutume, les futurs adversaires se regardent en face à face pour faire monter l’impatience des spectateurs. En costume, Jones et Cormier livreront un staredown à l’intensité rare. Sans doute perturbé par l’enjeu, DC attrapera Jones à la gorge après que ce dernier ait fait un tête contre tête. ERREUR. Aussi génial dans la cage qu’incontrôlable en dehors, le bouton « folie furieuse de Jones » s’allumait. Il dégageait l’employé de l’UFC qui tentait de s’interposer, forçait Cormier hors du stand tout en claquant une énorme gauche. Le staredown avait viré au chaos, le combat qui se déroulait quelques jours plus tard s’annonçait épique.

Lors de l’UFC 182, le 3 janvier 2015, dans une MGM Grand Garden Arena à l’atmosphère électrique, Cormier allait tenter l’impossible : battre celui qui est quasi unanimement reconnu comme le plus grand de tous les temps. Après 5 rounds, Jones pouvait lever les bras au ciel. En larmes, Cormier savait qu’il avait raté son pari. Comme aux Jeux Olympiques, il échouait si proche de la gloire. Mis au sol pour la première fois de sa carrière, la désillusion était terrible. De son côté, Bones était au plus haut. Il semblait que rien n’allait pouvoir l’arrêter.

Incontrôlable hors de la cage, notre Champion light-heavyweight commençait une très longue série de déboires en tout genre après ce combat. Commettant un délit de fuite après avoir causé un accident de voiture, Jones voyait sa ceinture être retirée par l’UFC en avril 2015. Saisissant sa chance, Cormier allait affronter le chalengeur légitime de Jones pour la ceinture light-heavyweight, désormais vacante : Anthony Johnson. Face au plus gros cogneur de la catégorie (et peut-être de l’UFC), DC sera mis knock-down. Increvable, Cormier laissait passer l’orage pour finalement soumettre Anthony Johnson au troisième round. Champion light-heavyweight, il savait bien qu’il l’était par défaut. Interviewé dans la cage par Joe Rogan juste après sa victoire, Cormier envoyait un message : « Joe Rogan, sans te manquer de respect à toi, ni aux 16000 personnes présentes ici, je n'ai un message à donner qu'à une personne :__Jon Jones ressaisis toi putain, je n'attends que toi !  »

DC devra attendre deux longues années de plus pour avoir droit à sa revanche. Deux années à être irréprochable alors que son benjamin poursuivait les erreurs. Lors de l’UFC 200, qui devait être le plus grand événement de l’histoire de l’organisation, tout était réuni pour que le Cormier vs. Jones II atteigne des sommets. Malheureusement, l’avant-veille du combat, l’agence antidopage annonçait que Bones avait été contrôlé positif. On apprendra plus tard qu’il avait ingéré des pilules contre le dysfonctionnement érectile… contaminées à un produit interdit.

Jones vs. Cormier II, le traumatisme

Finalement, à l’UFC 214, le 29 juillet 2017, Jones et Cormier allaient en découdre. Champion sans avoir battu le meilleur de la planète, DC voulait faire taire ses détracteurs et déclarait être « prêt à mourir »  pour la victoire. Suite à cette déclaration, Jones regardait Cormier droit dans les yeux et répondait « tiens-toi prêt à le faire » . À ce stade, la rivalité entre les deux hommes avait largement dépassé le cadre de l’UFC. Plus qu’un simple combat, ils s’affrontaient pour la suprématie du MMA. Pour le début du combat, Cormier apparaissait plus fort que jamais. À l’aise dans sa boxe, il touchait durement Jones et menait 2 rounds à rien. Et si le DC parvenait à faire tomber Bones de son piédestal ? Malheureusement pour le champion, le génie de Jones frappait au troisième round. Sur un high-kick dont il a le secret, l’élève de Greg Jackson  sonnait DC pour le finir ensuite en ground and pound . Ce KO reste l’un des plus violents de l’histoire de l’UFC. Pour la première fois de sa carrière, Cormier était mis KO. Battu deux fois par le même homme, il était complètement abattu au micro de Joe Rogan  : « Je trouvais que le combat se déroulait bien. Je ne sais même pas ce qui s'est passé. Je crois que j'ai reçu un kick à la tête. C'est tellement décevant. Je crois que si quelqu'un gagne les deux combats, il n’y a pas de rivalité.  »

On croyait alors le pauvre Daniel Cormier perdu pour la cause. Bourreau de travail, il était tombé face au génie inné et à la désinvolture de Jones. Une nouvelle fois, c’est un coup de théâtre salvateur qui sauvait notre DC. Jon Jones était contrôlé positif aux stéroïdes ! Si les doses restent étranges et que l’enquête est bel et bien en cours, Bones perdait à nouveau sa ceinture. Le résultat du combat était transformé en « sans-décision » et Cormier récupérait la ceinture. À nouveau champion sans avoir battu LA référence, DC ne pouvait pas faire taire ses détracteurs. Ce n’est pas sa victoire expéditive en janvier 2018 contre Volkan Oezdemir qui suffisait à enlever ce fardeau si pesant de ses épaules.

Stipe Miocic, le ticket d’entrée chez les plus grands

Daniel Cormier décidait alors de faire ce que Jon Jones n’avait jamais eu le courage de faire auparavant : challenger le champion heavyweight. C’était pour DC la seule solution de se sortir de l’ombre ô combien encombrante de Jones. L’ancien lutteur voulait aussi frapper très fort puisqu’il prenait le champion poids lourd le plus dominant de l’histoire de l’UFC : Stipe Miocic. Restant sur une série de 6 victoires consécutives, uniquement contre des légendes, le poids lourd est l’ultime référence dans la catégorie reine. SiNgannou  est le seul en trois ans à avoir atteint la limite contre lui, ce fut au prix d’une soumission quasi totale durant 25 minutes.

Bref, le challenge était de taille pour Daniel Cormier. Le samedi 7 juillet 2018, il allait tenter de devenir le deuxième combattant de l’histoire de l’UFC après Conor McGregor  à détenir deux ceintures en simultanée. Surtout, il pouvait devenir champion pour la première fois en battant LA référence d’une catégorie. Pour autant, cela ne bouleverserait rien dans son esprit : « Ça ne changera rien si je bats Stipe. Je serais toujours deuxième derrière Jon Jones. »

Lors de l’UFC 226, Cormier a pourtant choqué la planète MMA. Fort d’un gameplan  aux petits oignons, il mettait Stipe Miocic KO  au premier round ! DC est le tout nouveau champion heavyweight en battant le champion le plus dominant de l’histoire de l’UFC dans la catégorie ! Terrassé par Jon Jones suite à une tendance qu’il avait développée au fil des années (pencher sa tête et la laisser ouverte du côté des kicks gauches), il a retourné cela à son avantage. Ayant remarqué avec ses coachs une tendance chez Miocic qui se protégeait mal en sortie de clinch , DC prévoyait d’emmener le champion dans cette position pour suivre d’un uppercut et d’un crochet. Lors du combat, si Miocic a bien bloqué les uppercuts, ce crochet du droit en sortie de clinch l’a envoyé au pays des rêves…

La retraite à 40 ans

Âgé de 39 ans, Daniel Cormier est désormais double champion. Ayant annoncé qu'il prendrait sa retraite en mars prochain, il lui reste deux combats pour définitivement cimenter sa place parmi les légendes. Avec un bilan de 21-1 (1) en carrière, il doit laver l'affront Jon Jones . Si Bones est invaincu (sa disqualification contre Matt Hamill ne peut aucunement être vue comme une défaite), Georges St-Pierre a connu deux défaites et est pourtant considéré comme l'un des, sinon le plus grand. Pourquoi ? Parce que les deux hommes à avoir battu GSP au cours de sa carrière, Matt Hughes et Matt Serra, se sont pris des KOs monumentaux lors des revanches. Après la victoire de Cormier contre Miocic, Jones réagissait de la manière suivante : « C’est bien pour lui, je suppose que maintenant nous pouvons dire 'bienvenue au club'. Il est champion, il a remporté la ceinture poids lourd, et personne ne peut lui enlever ça. [] C’est la meilleure chose qui pouvait arriver. Maintenant, j'ai le choix de revenir et de lui botter le cul en light-heavyweight ou heavyweight . »

Crédit photo : Josh Hedges/Zuffa LLC / Getty Images