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Anissa Meksen : « Je veux marquer l’histoire »
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Anissa Meksen face à la Néerlandaise Tiffany Van Soest lors du Glory 64 à Strasbourg en mars 2019
Anissa Meksen face à la Néerlandaise Tiffany Van Soest lors du Glory 64 à Strasbourg en mars 2019 ©Radio France

Anissa Meksen : « Je veux marquer l’histoire »

La Nancéienne sera à l'affiche du Glory 66 le 22 juin prochain à Paris. Depuis son arrivée dans la première ligue internationale de kick-boxing, Anissa Meksen est invaincue en 32 combats. Mais qui est l'une des références mondiales féminines en sports de combat ? Interview.

Qu’est-ce qui vous a poussé à pratiquer la boxe ? Avez-vous eu des modèles ?

Je n’ai pas forcément eu de modèles. En fait, c’est surtout mon frère Mehdi qui m’a poussé à l’âge de 12 ans. Et dès le départ, j’avais eu cette envie d’être championne du monde. Etre la meilleure. C’est cet objectif qui a rythmé ma vie.

Pourquoi cette volonté d’être numéro 1 ? C’est dû à votre caractère ?

Oui car quand je fais quelque chose, je ne le fais jamais à moitié. La boxe est un sport qui m’a toujours passionné et qui a rythmé ma vie finalement. Voilà pourquoi je me suis tourné vers cette discipline et pourquoi je voulais devenir championne du monde.

Est-ce que vous avez soif d’autres disciplines ? Vous avez fait de la boxe anglaise, un peu de MMA : est-ce que cela serait des chemins sur lesquels vous voudriez vous rendre ?

Je ne sais pas vraiment. Personnellement, je suis vraiment en quête d’opportunités. Si ça se présente et que c’est un beau projet pour moi, pourquoi pas. Mais pour le moment on est focus sur le Glory.

Quelles seraient vos conditions pour changer de discipline ?

Il faut que le jeu en vaille la chandelle. Car changer de discipline, ça demande de reconstruire une boxe. C’est énormément de temps, de sacrifices, de douleurs aussi parce que j’ai déjà fait du MMA et je sais à quoi m’attendre. Il faut vraiment que les conditions soient optimales pour que cela soit envisageable.

Mais ne serait-ce pas tentant lorsqu’on voit la médiatisation croissante du MMA ?

Oui bien sûr. Il faut être honnête : le MMA est le sport en vogue. Mais bon, je suis consciente que c’est une autre discipline et je me demande si je vais réussir à m’adapter. Plein de questions se posent car on ne peut pas être performant partout. Ce n’est pas simple.

En clair, vous ne voulez pas changer pour changer ? Vous vous voulez avoir un minimum de garantie pour pouvoir gagner et être efficace ?

Tout à fait.

Le sport féminin souffre d’un manque de médiatisation. N’est-ce pas frustrant ?

Personnellement, je n’ai pas l’impression d’être moins médiatisée qu’un homologue masculin dans ma discipline. Mais de façon générale, je trouve que notre discipline d’un manque d’intérêt des médias. C’est une boxe qui n’est pas suffisamment connue du grand public. Mais bon, ça a toujours été comme ça, ça change rien pour moi. Je fais ce sport pour moi et pour marquer l’histoire.

Marquer l’histoire c’est-à-dire ?

Je veux réaliser ce qui n’a jamais été fait aujourd’hui, tout simplement. Je suis à l’heure actuelle championne du monde pour la 17e fois. Je suis fière de mon parcours. Plus tard, j’aurai des choses à raconter à mes enfants. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup de personnes qui ont un palmarès comme le mien. Et je travaille très très dur pour rester au top.

L’après-carrière, justement, vous y pensez déjà ?

Bien sûr ! Une carrière, c’est éphémère et j’en suis bien consciente. C’est donc important d’avoir la tête bien remplie, bien faite afin d’assurer la transition, quand la question de la retraite se posera. Aujourd’hui, j’ai deux masters dans le domaine du sport. Le premier en entrainement des athlètes de haut niveau, le second en enseignement du sport. 

Cela vous laisse t-il un peu de temps pour des engagements associatifs pour faire la promotion de ce sport, notamment auprès des jeunes femmes ?

Je n’ai pas forcément le temps car je m’entraine deux fois par jour et que j’ai un planning plutôt rempli. Après, c’est vrai, beaucoup de femmes, de jeunes filles me suivent et sont admiratives de ma carrière. Finalement, on crée une sorte de modèle, sans aucune prétention. En tout, ça peut susciter des vocations en tout cas. Même si ce n’est pas un objectif, c’est super si ça donne des idées ou des projets pour les jeunes filles.

Combien d’années au plus haut niveau vous donnez-vous ?

Ca va dépendre de ma motivation mais je ne sais pas encore, je ne vais pas vous donner de date butoir. Je pourrais vous dire dans trois ans mais peut être que dans un an, j’en aurai marre. C’est en fonction de moi, de mes sensations, de mon envie. Le jour où je sentirai que la motivation baisse, je mettrai un frein. Pour le moment j’ai toujours envie, j’ai toujours soif de combat. Je suis au top du top.