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Wilder vs Fury : combat de l’année entre les deux titans
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Tyson Fury vs. Deontay Wilder
Tyson Fury vs. Deontay Wilder ©Getty

Wilder vs Fury : combat de l’année entre les deux titans

Dans l’ombre imposante d’Anthony Joshua, Tyson Fury et Deontay Wilder s’affrontent pour un titre WBC notamment. Le combat entre les deux colosses représente la meilleure affiche que le sport pouvait proposer cette année.

Face à un Anthony Joshua peu enclin à se frotter à Deontay Wilder aujourd’hui (pour des raisons financières notamment), Tyson Fury (27-0, 19 KOs) a sorti le bleu de chauffe. Revenu en juin dernier après deux ans et demi d'absence, l'Anglais a refusé d'attendre plus longtemps et a directement contacté Wilder. S'étant perdu dans les addictions et la dépression, il n'a plus de temps à perdre et voit en l’Américain l'occasion rêvée de reprendre le trône. Car oui beaucoup l'oublient, mais Tyson Fury était champion du monde il n'y a pas si longtemps. Lors de sa victoire contre Wladimir Klitschko en novembre 2015, il s’empara ainsi des ceintures WBA, IBF, WBO et IBO. En plus de faire tomber le champion le plus dominant de la dernière décennie, Fury le fit avec la manière. Frustrant l'Ukrainien et nullifiant sa tactique imparable (mais soporifique) jab-jab-clinch, il s'offrit une victoire par décision unanime indiscutable. Certes, cela n'eut pas le panache de la victoire par KO de Joshua, mais au contraire de son benjamin, Fury ne fut JAMAIS mis en difficulté (et donc pas envoyé au tapis).

Tyson Fury, le revenant

« J’ai travaillé tellement dur pour obtenir ce titre toute ma vie. Quand je l’ai enfin eu, il y avait juste ce trou béant de vide et de ténèbres. Je me sentais si seul et si inutile. J’avais la gloire, l’argent, les fringues et les femmes. Je pouvais avoir tout ce que je voulais d’un claquement de doigts. Mais durant tout ce temps où j’avais tout, je n’avais rien. C’est comme-ci tout ce que j’avais fait dans ma vie était inutile » - Tyson Fury

Après cette victoire, l'Anglais avait toutes les clés pour devenir l'un des visages de la boxe. Malheureusement, sa personnalité incontrôlable lui joua des tours. Tombant dans les addictions en tous genres, contrôlé positif à la cocaïne, le champion surfait sur une vague autodestructrice : « je prenais de la drogue. Je sortais avec les femmes de la nuit et je ne rentrais pas chez moi. Je m’en foutais de la boxe ou de la vie. Je voulais juste mourir. Mais j’allais le faire en prenant du bon temps. » La revanche contre Wladimir Kitschko fut annulée, le boxeur dut renoncer à ses ceintures et sa licence de boxe fut suspendue. Éloigné de la boxe pour soigner sa dépression, Fury prit énormément de poids. Annonçant finalement son retour en décembre 2016, cela prit plus de temps que prévu à se matérialiser. Ennuyé par un contrôle antidopage positif au nandrolone, il dut attendre les résultats de l'enquête pour obtenir à nouveau sa licence de boxe. Finalement, il obtint le précieux sésame en janvier 2018. Une nouvelle saluée d'un « Guess who's back » par le principal intéressé. Le comeback tant attendu était enfin sur les rails. Pour ses combats de retour, son promoteur Frank Warren lui réserva deux adversaires plus qu’abordables : Sefer Seferi en juin puis Francesco Pianeta en août. Oui, le combat contre Wilder est peut-être arrivé trop tôt… 

« Si un médaillé d’or Olympique de deux mètres, champion pendant 11 ans et combattant dans son pays d’adoption, le mieux éduqué des poids lourds avec le meilleur jeu de jambes ne peut me battre, alors quelles sont les chances d’un moulin à vent ? » - Tyson Fury à propos du combat à venr face à Wilder par rapport à Klitschko

Dans l’ombre de Joshua, Wilder est le poids lourd le plus dominant du moment

Durant l'absence de Fury pendant deux ans et demi, la boxe avança. Outre la consécration d'Anthony Joshua au plus au niveau, et qui polarise depuis toute l'attention, un autre homme fait un carnage dans la catégorie : Deontay Wilder. Moqué pour sa piètre technique, l'Américain peut se targuer d'être l'homme à la plus grosse puissance du circuit. Véritable « One Punch Man », il a mis KO tous ses adversaires : 40 combats, 40 victoires, 39 KOs. Si Bermane Stiverne alla jusqu'à la décision en 2015, il fut annihilé lors de la revanche de 2017. Déterminé à prouver sa puissance à ses détracteurs, Wilder surnommé le Bronze Bomber mit une application particulière dans ce combat. Agressif au possible, il ne laissa aucune chance à Stiverne : 3 knockdowns en 2.59 minutes. Avec ses bras gigantesques, il utilisa son jab pour maintenir à distance et sa capacité à déclencher de très loin pour envoyer le bras arrière. Stiverne ne vit pas le jour et encaissa l’un des KOs les plus violents de ces dernières années. Ce combat résume à lui seul le Bronze Bomber : qualité technique en dessous de la moyenne, mais capacités athlétiques hors du commun. 

Si Wilder vous touche, il ne vous lâche pas, quitte à en oublier sa garde au passage, mais qu’importe, vous êtes déjà mort. Après cette victoire étincelante de novembre 2017 et face au refus chronique de Joshua, Deontay Wilder prit un risque. Ainsi, il se décida à affronter l'homme que tout le monde évitait et évite encore aujourd'hui : le dangereux Cubain et fausse-patte Luis Ortiz, affectueusement surnommé King Kong. Très technique, faisant tourner son adversaire autour du jab pour mieux l'assommer, Ortiz est un véritable cauchemar au pouvoir de KO certain. Wilder passa même tout proche de la défaite lors du septième round. KO debout, il fut sauvé par la cloche. Ensuite, Luis Ortiz finit par s'ouvrir, et Wilder fit mouche. Passé ce moment, ce fut un nouveau bombardement pour l'Américain. Il ponctua le combat le plus difficile de sa carrière par un uppercut qui aurait déraciné un baobab ! Ce 3 mars 2018, au-delà de devenir le premier homme à battre Ortiz, il prouva beaucoup aux observateurs : Wilder avait du cœur, Wilder pouvait être discipliné. Pour un boxeur jusque là critiqué pour la faiblesse de son opposition, ça changeait beaucoup de choses. 

Le vainqueur aura le privilège d’affronter Anthony Joshua

Depuis ce combat, Wilder cherchait donc avec raison le choc contre Joshua : les deux sont invaincus et possèdent toutes les ceintures de la catégorie (une pour Wilder, quatre pour Joshua). Encore peu connu du grand public aux États-Unis, il dut toutefois se résoudre à l’idée de devoir encore patienter pour le megafight. Notez qu’il y eut toutefois d’âpres négociations entre avril et juin 2018. Pour des questions de partage des revenus, de salaire et de lieu, elles n’aboutirent à rien. Finalement parmi les boxeurs restants, Tyson Fury représentait la meilleure option sportive ET financière. En effet, le Britannique à son meilleur n’a rien à envier aux deux autres phénomènes. Le vainqueur du duel de ce samedi 1er décembre sera selon toute vraisemblance promis à un combat contre Joshua afin d’unifier les titres. On peut imaginer que le choc les propulsera dans de nouvelles sphères médiatiques et donc qu’ils « vaudront le coup » pour AJ. 

C’est mon introduction au monde. L’homme le plus dangereux de la planète, sous les yeux de toute l’Amérique. 

Deontay Wilder à propos du combat à venir contre Fury

Aujourd’hui, Eddie Hearn, le promoteur de Joshua est peu favorable à un combat contre Wilder ou Fury pour une raison principale : l’argent. Son poulain remplit Wembley et bat des records de pay-per-views en affrontant des boxeurs peu en vue (du grand public bien entendu). Pourquoi irait-il risquer son statut de champion et d’invaincu contre quelqu’un qui ne lui rapporte pas plus financièrement ? Ça peut se comprendre. Si Wilder devient une star avec une victoire sur Fury (de préférence par KO) alors il ouvrirait les portes du juteux marché américain à Joshua. Ce serait alors très compliqué de dire non au combat pour le camp du Britannique, aussi dangereux soit-il. Pour Fury, ce serait un choc pour la suprématie dans le Royaume. Bref, peu importe le vainqueur de samedi, Joshua ne devrait pouvoir y échapper. On vous met une petite pièce sur avril 2019 concernant le megafight.