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MMA : la petite histoire du KO de l’année signé Jorge Masvidal
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Jorge Masvidal réalise le KO le plus rapide de l’histoire de l’UFC
Jorge Masvidal réalise le KO le plus rapide de l’histoire de l’UFC ©Getty

MMA : la petite histoire du KO de l’année signé Jorge Masvidal

Samedi 6 juillet 2019, à Las Vegas, Jorge Masvidal a scoré le KO de l’année et surtout le KO le plus rapide de l’histoire de l’UFC. Retour sur un highlights qui ne doit rien au hasard.

Ben Askren est tombé. Ancien champion du Bellator et du One FC, lutteur membre de l'équipe américaine olympique en 2008, il était arrivé à l'UFC en 2018 comme potentiel futur champion. Avec son CV long comme le bras, et un bilan de 18-0 (un sans-décision), il était l'un des invaincus. Malgré un baptême du feu compliqué face à Robbie Lawler, « Funky » avait conservé son statut d'invincible. À l'UFC 239, l'organisation prévoyait donc un combat face à Jorge Masvidal. Vétéran des sports de combat, ancien boxeur à mains nues dans des jardins de Floride, le bonhomme est un vieux roublard du MMA. Outsider, celui qui est affectueusement surnommé le « Street Jesus » a choqué la planète ! Sur un genou surpuissant, après 3 secondes de combat, il a mis instantanément KO son adversaire. Deux monstrueuses frappes au sol plus tard, le temps que l’arbitre arrive, et le compteur passait à 5 secondes. Monsieur s’est offert le KO le plus rapide de l’histoire de l’UFC ! 

Ben Askren l’avait cherché

Arrivé à l’UFC dans le cadre d’un échange inédit (Demetrious Johnson envoyé au One FC, Askren envoyé à l’UFC), « Funky » suscitait beaucoup d’attentes dès son arrivée. Extrêmement habile sur les réseaux sociaux et monstre de lutte dans la cage, le combattant représentait une nouvelle addition de choix pour l’organisation américaine toujours plus tournée vers le show. N’hésitant pas à se moquer de ses adversaires et de la concurrence en général, Ben Askren a la capacité rare de donner envie de voir ses combats en créant de l’animosité. Alors que tout le monde le voyait affronter Darren Till, le Britannique encaissa un violent KO en Angleterre des poings de Masvidal. Agile, Askren décidait alors de changer de cible. Avec le Cubain, peu adepte du trashtalk, Askren trouvait un très bon client. Prenant toutes les provocations au premier degré, Masvidal annonçait la couleur en voulant faire payer son adversaire pour toutes ses provocations. 

Le buffet garni : Le plan de Masvidal

Sur le papier, le combat contre Ben Askren s’annonçait compliqué pour Masvidal. Certes excellent défenseur de takedowns, le Cubain n’a pas la colossale expérience de son adversaire en lutte. De plus, Big Ben n’a à ce moment-là, jamais perdu et possède un menton d’acier. Même face à Robbie Lawler, où il a encaissé les bombes, l’ancien champion du Bellator s’est pourtant imposé. Il était même prêt à encaisser la spéciale « entrée-plat-dessert » de Masvidal (une référence aux coups assénés par Masvidal provoqué par Leon Edwards juste après sa victoire contre Till – NDLR) : « Jorge doit comprendre qu'il me faut plus que l'entrée-plat-dessert et le soda. Il a intérêt à ramener tout le putain de menu famille ! » Pour l’emporter, Masvidal allait donc devoir faire dans l’ingéniosité…et prendre Askren à son propre jeu. Ainsi, Jorge Masvidal a bien préparé son genou sauté des enfers ! Avec son coach Mike Brown, l’un des meilleurs du monde, il s’est entraîné encore et encore pour réussir à placer LE coup parfait.

Le fameux « entrée-plat-dessert » de Masvidal sur Edwards

Ayant une immense expérience du combat, Askren se doutait de quelque chose : "J'étais prêt pour les genoux et je l’ai dit à mon entraîneur, Duke Roufus, plusieurs fois dans le vestiaire, ‘je pense qu'il va essayer quelque chose de fou tout de suite’__. Si vous vous souvenez du combat contre Darren Till, il a traversé la cage et a donné des coups dans les parties de Till dans les quatre premières secondes. Je me doutais qu'il allait essayer quelque chose tout de suite, mais je me suis toujours dit : ‘Qui est-ce qui peut se prendre un genou sauté ? Ne vois-tu pas ça venir ? Ça vient de si loin."

48h avant le combat, même course, même genou

Dans les secondes qui précèdent le combat, on peut voir un Masvidal faire entrer Askren dans son jeu. Les mains dans le dos contre la cage, sourire jusqu’aux oreilles, il fait preuve d’une inhabituelle attitude nonchalante… et semble laisser à son adversaire la porte ouverte au takedown. Bingo, Ben Askren tombe dans le panneau et après une course débutée tranquillement, comme à l’entraînement, Masvidal déboule sur le lutteur qui tente le takedown. Pour résumer son opération destruction expresse de l’UFC 239 et toujours en référence à sa bagarre d’après-combat en mars dernier avec son fameux « entrée-plat-dessert » distribué à Leon Edwards devant la presse : « Il pensait que ça allait être le menu entrée-plat-dessert. Finalement il a pris tout le buffet garni du MGM dans la gueule. » Vous pouvez chercher, on tient bien la punchline de l’année.

Un après-combat dantesque

Suite à ce genou sauté, il y a bien évidemment eu les deux monstrueuses frappes au sol dans l’attente de l’arrivée de l’arbitre. Si celles-ci pouvaient complètement être évitées, elles tenaient à cœur du Cubain. Interrogé en Conférence de Presse juste après son étincelante victoire, il nous a une nouvelle fois régalés : "Ces frappes étaient super nécessaires. L'arbitre ne m'avait pas arrêté et mon travail est de frapper quelqu'un jusqu'à ce que l'arbitre me stoppe. Alors, à ceux qui critiquent ces frappes, je leur dis : ‘peut-être que vous pouvez arrêter le MMA et revenir au football’."

Après ce KO pour l’histoire, Jorge Masvidal est aux portes du combat pour le titre. Habitué aux coups d’éclat, puis aux contre-performances, il semble enfin avoir trouvé le bon calibrage à 34 ans. Restant sur deux KOs impressionnants en l’espace de 4 mois et face à des combattants qui comptent, après une absence d’un an et demi, Masvidal et sa nouvelle popularité sont prêts pour un nouveau highlights. Suite à cette première défaite en carrière, Ben Askren, immensément moqué sur les réseaux sociaux, a vu son trashtalk se retourner contre lui. Une longue suspension médicale l’attend.

De son côté, Masvidal, en dehors des standards actuels en termes de trashtalk et de méthodes de promotion dites agressives, a posé une question intéressante sur la tendance actuelle, lancée par McGregor : "Où pouvons-nous mettre la limite ? Pourquoi certaines personnes peuvent-elles faire ces choses ? Donc, tout est permis avant un combat. Vous êtes autorisé à faire et à dire ce que vous voulez. Comme certains combattants font maintenant, ils parlent de la religion des gens, de leur femme et même de leurs enfants. Vous trouvez ça super ? Mais, après un combat, je ne suis pas autorisé à faire le fanfaron et lui coller la défaite au visage pour qu’il se dise : ‘Peut-être que je vais arrêter de provoquer parce que, quand je vais croiser un de ces enfoirés, ils vont me faire payer pour ça. Ils vont m’embarrasser comme jamais."