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Khabib Nurmagomedov : un an après, le retour de l’invincible, en superstar
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Khabib Nurmagomedov  - conférence de presse T-Mobile Arena à Las Vegas (Chris Unger)
Khabib Nurmagomedov - conférence de presse T-Mobile Arena à Las Vegas (Chris Unger) ©Getty

Khabib Nurmagomedov : un an après, le retour de l’invincible, en superstar

En octobre 2018, Khabib Nurmagomedov martyrisait la plus grande star de l’histoire du MMA, Conor McGregor. Quasiment un an plus tard, le champion a pris la place de taulier.

À contre-courant de la mode du trashtalking et des provocations en tous genres, Khabib Nurmagomedov a su rester fidèle à lui-même et cela depuis le début de sa carrière. Grâce à une ferveur populaire toujours plus impressionnante et à un bilan immaculé de 27 victoires pour 0 défaite, il a su s’imposer comme véritable superstar mondiale. À Abu Dhabi, dans un événement organisé spécialement pour lui : UFC 242 : Khabib vs. Poirier. L’organisation mise sur le Daghestanais seul. Tous les indicateurs sont au vert et semblent valider ce nouveau statut dans le MMA Game, car sportivement, l’Aigle a toujours été un monstre.

Pour Mouv, Farès Ziam, français faisant ses débuts à l’UFC 242 a présenté la bête : « Pour moi, ce qui le rend plus fort, c’est sa pression. Il use ses adversaires et les fatigue. Il a vraiment un bon cardio. Au sol, il a un très bon contrôle tout en frappant dur. Il ne lâche jamais rien, n’a pas peur. »

Conor McGregor – pire ennemi et déclencheur

On peut dire et écrire ce que l’on veut sur la rivalité entre Khabib Nurmagomedov et Conor McGregor, mais l’Irlandais a bien aidé son « ennemi ». Sans le Notorious, le champion lightweight ne serait certainement pas là où il est aujourd’hui (du point de vue de l’image). En effet, alors que les performances du Daghestanais restaient confidentielles auprès du grand public, malgré un empilement de victoires impressionnant ; tout bascula en novembre 2016. Lors des débuts de l’UFC à New York, un certain Khabib affrontait Michael Johnson en préliminaires. Après une petite démonstration contre l’Américain et quelques heures avant le combat de McGregor en main-event, le discret Nurmagomedov se lançait dans une sortie depuis entrée dans la légende. 

« Je veux rester humble mais je dois parler parce que votre gars parle trop__. Je comprends la puissance folle de la machine de communication qu’est l’UFC. Votre gars Conor McGregor, au début de l'année a abandonné comme une poule mouillée contre Nate Diaz. À la fin de l'année, il se bat pour le titre – c’est fou. Vous le savez, les gars, que c'est vrai. Ce n'est pas du trashtalk ce que je raconte. L'Irlande ne compte que six millions d'habitants, la Russie 150 millions. Je veux combattre votre poulet ! C'est le combat le plus facile de la catégorie lightweight. » 

Sans doute piqué par McGregor quelques heures plus tôt (vidéo ci-dessous), et las de se voir oublié, manipulé dans la course au titre, le Daghestanais apparaissait brutalement sur la carte. Lors de l’un des événements les plus suivis de l’histoire du MMA, face à un public entièrement acquis à la cause du Notorious, il provoquait la superstar… et semblait avoir de quoi forcer un tel combat…

Khabib, présenté comme bad guy et imbattable

Finalement, le duel tant attendu a fini par avoir lieu, quasiment deux ans plus tard. Devenu champion quelques mois plus tôt, Khabib Nurmagomedov s’imposait avec la manière et une soumission au 4e round face au Notorious. Avec 2.4 millions d’achats en pay-per-views en Amérique du Nord, le combat Khabib vs. McGregor est le plus suivi de l’histoire du MMA, et le troisième combat le plus suivi de l’histoire. Evidemment, s’il faut être deux pour construire une histoire, une rivalité et l’intérêt du public, c’est bien l’Irlandais qui a passionné autant. Mais grâce à sa victoire, Khabib (tout comme Nate Diaz avant lui) a permis à un nouveau public de le découvrir. De ce véritable choc des cultures, il est devenu une icône pour certains. Sa solide base de fans d’Europe de l’Est et de musulmans s’est renforcée, et ceux souhaitant le voir perdre sont toujours plus nombreux. 

L’UFC a très bien compris cela. À Abu Dhabi, Khabib est « chez lui » dans le marché du Moyen-Orient et affronte un Américain en la personne de Dustin Poirier. Ce samedi 7 septembre, il y aura les fans de Khabib contre les anti-Khabib. Aujourd’hui, on regarde Khabib pour le voir gagner ou le voir perdre. À la manière d’un Floyd Mayweather en boxe, l’UFC a choisi cette voie pour vendre son champion.

Et ça fonctionne, les premiers retours laissent présager un véritable carton dans les ventes de pay-per-views pour l’UFC 242… alors que Khabib fait face à Dustin Poirier, combattant de grand talent mais inconnu du grand public. Alaric Gomes, journaliste pour Gulf News, média émirati, nous a même confié qu’il n’avait jamais vu autant de ferveurs ni autant de médias pour un événement sportif aux Emirats Arabes Unis. On dit merci qui ?

Aujourd’hui, la question que tout le monde se pose est la suivante : qui arrivera à battre Khabib ? 27 ont essayé, 27 ont échoué. L’Américain modèle Dustin Poirier est le prochain à s’y coller. Dans les différentes campagnes de l’UFC, on a remarqué que l’organisation avait décidé d’accentuer la communication « anti-Khabib ». Surfant sur le craquage du Daghestanais, qui a écopé de 500 000$ d’amendes et 9 mois de suspension pour avoir attaqué des membres de l’équipe de McGregor à l’UFC 229, l’UFC cultive cette image anti-système de Khabib. L’organisation américaine fait ici le choix de se ranger du côté de ceux qui voulant voir Nurmagomedov perdre. Cela se comprend aisément car ce sont les Américains qui achètent les pay-per-views en priorité… Plus le Daghestanais empilera les victoires plus cette volonté de vouloir le voir perdre sera forte… à la manière de ce qui se passe avec Floyd Mayweather encore une fois…

Le craquage en question… sur lequel semble surfer l’UFC aujourd’hui (vidéo ci-dessus)

On ne peut évoquer Mayweather sans parler d’argent. Justement, pour Khabib, il y a bien eu un avant et un après Conor McGregor sur le plan financier. Ainsi, lors de l’UFC 229, Nurmagomedov a été payé 2 millions de dollars, selon la commission athlétique du Nevada. Pour l'UFC 242, il devrait toucher entre 3 et 3.5 fois plus, selon Abdulmanap, père et mentor de Khabib, qui est pour la première fois aux côtés de son fils pour un combat UFC. En salaire fixe, Nurmagomedov est donc passé de 2 millions à (au moins) 6 millions de dollars, en l’espace de 11 mois, et alors que le choc face à Poirier est (légèrement) moins attendu que celui contre McGregor.

Pour l'UFC 242, il devrait toucher entre 3 et 3.5 fois plus, selon Abdulmanap, père et mentor de Khabib, qui est pour la première fois aux côtés de son fils pour un combat UFC. En salaire fixe, Nurmagomedov est donc passé de 2 millions à (au moins) 6 millions de dollars, en l’espace de 11 mois, et alors que le choc face à Poirier est (légèrement) moins attendu que celui contre McGregor.

Et Dustin Poirier dans tout ça ?

Dans la forme de sa vie, l’Américain est à Abu Dhabi avec le vent dans le dos. Bien évidemment outsider, il va se servir des précédentes tentatives manquées face à Khabib pour faire la différence. N’ayant aucun véritable point fort, le champion intérimaire compte sur sa durabilité, ses mouvements et sa boxe pour faire la différence. Ça s’annonce tout de même difficile. Nurmagomedov ne le prendra pas à la légère et compte bien appliquer la recette qui a fait son succès : « Dustin Poirier est un adversaire très dur. Je ne veux pas le sous-estimer__. Il a beaucoup d'expérience. Mais quand j’entre dans la cage, mon plan est de le fatiguer, de le faire taper. Ceci est mon plan. » Ensuite, Khabib se verrait bien affronter Tony Ferguson, puis Georges St-Pierre, dans ce qui serait l’un des combats les plus attendus de tous les temps.

Pour Mouv, le combattant Farès Ziam, donne quelques conseils à Poirier : « Il devrait boxer de loin, avec beaucoup de gauches et faire une bonne défense en lutte tout en mettant une petite pression à Khabib. »