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Jorge Masvidal : des street fights à la reconnaissance mondiale
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Jorge Masvidal lors de l'UFC 244 à New York
Jorge Masvidal lors de l'UFC 244 à New York ©Getty

Jorge Masvidal : des street fights à la reconnaissance mondiale

Samedi 2 novembre, Jorge Masvidal a confirmé que cette année 2019 était bien la sienne pour devenir officiellement le Baddest Motherfucker du MMA à 34 ans. Rien que ça.

Jorge Masvidal. Une personnalité que les fans hardcore de MMA connaissent depuis de nombreuses années, mais qui a, jusqu’à 2019, toujours échoué dans la quête du statut de star. Pourtant, un peu par surprise, celui que l’on surnomme Gamebred, est devenu à 34 ans, et après 15 ans de carrière, l’un des visages de l’UFC. En quelques mois, et à grands coups de parpaings assaisonnés d’une personnalité singulière, il a véritablement secoué le monde du MMA. 

UFC Londres : la première pierre

Mars 2019 : Masvidal dispute son premier combat en un an et demi face à Darren Till, star montante de l’UFC. À cette époque, on ne donne pas cher de la peau du recordman de défaites par décision partagée à l’UFC. Oui, mais voilà, Gamebred apparaît comme transformé le soir du combat. Mis au tapis dès le début du combat, il montre à tous que sa formidable capacité de récupération est toujours là. La suite du combat est un modèle d’adaptation et d’intégration rapide des attaques de l’Anglais… pour finir par le cueillir avec violence. Sur une combinaison aussi rapide que puissante, Masvidal met Darren Till KO, une première dans la carrière de l’Anglais. Arrivé outsider à Londres, Gamebred vient de gâcher la fête… et de rappeler à tout le monde qu’il ne fallait jamais l’enterrer. Comme ci cela ne suffisait pas pour que la soirée soit remarquable, Masvidal s’offre en prime Leon Edwards en backstage sur une combinaison dont il a le secret. Il surnommera plus tard ce combo envoyé à l’autre combattant UFC : « 3 piece and a soda ». La hype est de retour.

Pour un combattant qui a tant habitué ses supporters à la frustration, ce retour au sommet est inespéré. Rappelons que le monsieur à 34 ans. Jorge Masvidal se l’explique. Conscient d’avoir lâché énormément de combats au cours de sa carrière, il entre maintenant dans la cage pour finir ses adversaires : « j’essaie d’arracher leur tête ». Au lieu de gérer et d’attendre le verdict des juges, il ne laisse désormais la décision du combat qu’à une seule personne : lui-même. Professionnel depuis 2003, Masvidal a également profité d’une expérience salutaire pour se retrouver, littéralement. Dans l’incapacité de lui trouver des combats, son manager l’envoie dans une émission de télé-réalité… où son client est seul, sur une île déserte. Celui qui combattait à mains nues dans les jardins de Kimbo Slice, et qui voit lentement mais sûrement une carrière au potentiel énorme filait entre ses doigts, fait alors le point. À son retour c’est un homme nouveau… et l’UFC Londres le montre.

Le KO le plus rapide de l’histoire de l’UFC

Déterminé à revenir pour de bon, Jorge Masvidal revient en juillet pour faire au lutteur Ben Askren. Maître dans les provocations, invaincu en carrière et promis à un combat pour le titre, Askren vend le combat au public. Insultant son futur adversaire à chaque micro tendu, il arrive à créer un véritable intérêt pour un combat qui, sur le papier, semble clairement en sa faveur. L’animosité entre les deux hommes est réelle et si Masvidal n’a jamais fait du trashtalking sa spécialité, il n’aime pas qu’on lui manque de respect.

Dans le secret le plus total, il prépare alors une stratégie particulière afin de devenir le tout premier à battre l’ancien champion du Bellator et du One FC en MMA. 6 juillet 2019, UFC 239, troisième combat de la soirée, tranquillement contre la cage, mains dans le dos, Masvidal s’apprête à disputer l’un des duels les plus importants de sa carrière avec une décontraction troublante. Il sait. Le commentateur annonce alors le début du combat, présente le sponsor et…. Ben Askren est KO. Il n’a fallu que 5 secondes à Masvidal pour balayer le membre de l’équipe olympique de lutte aux JO 2008. Il s’agit du KO le plus rapide de l’histoire de l’UFC. 

« Il s’attendait au 3 piece and a soda, il s’est pris tout le buffet du MGM Grand dans la gueule. » - Jorge Masvidal à propos de sa victoire sur Ben Akren

Parfaitement conscients du style de Ben Askren, Masvidal et ses coachs ont tout misé sur la recherche de la mise au sol de l’adversaire. Ils ont fait le pari que lorsque Gamebred s’avancerait, Askren irait au takedown. C’est exactement ce qui s’est passé. Sauf qu’Askren n’a pas eu le loisir de saisir son adversaire. C’est un genou sauté surpuissant qui l’attendait à la place. Avec les réseaux sociaux, le highlight se propage à une vitesse retentissante. Jorge Masvidal est devenu celui qui a vengé les provocations et les insultes par un acte sportif de génie. Désormais parmi les meilleurs welterweights de la planète, et fort d’une énorme cote de popularité, il est devenu une véritable star de l’organisation… en quelques mois seulement. Toutefois, et pour devenir encore plus grand, il a besoin d’un grand rival…

Nate Diaz, à l’origine de tout

Demandé par les fans et nouveau visage de l’UFC, Jorge Masvidal participe ainsi des activités promotionnelles pour l’organisation sur des événements clés aux quatre coins des États-Unis. Parmi eux : l’UFC 241. En Californie, Nate Diaz fait son grand retour, victorieux, face à Anthony Pettis. Invité le soir du combat, Masvidal assiste à la victoire du Californien et à son discours depuis entré dans la légende. 

« La raison de mon absence est que tout le monde est nul. Mais cette ceinture que j'ai, je veux la défendre contre - Masvidal a eu un très bon dernier combat ; un putain de bon combat. Je respecte l'homme. Il n'y a plus de gangsters de ce jeu, personne ne fait les choses bien à part lui et moi. Je sais que c'est un gangster, mais ce n'est pas un gangster de la West Coast ! »

Présent à l’UFC 239 un mois plus tôt, Diaz a en effet été piqué dans sa curiosité par le surpuissant KO Gamebred…et veut se mesurer à lui. Le public rêve alors de ce combat… et l’UFC, d’abord très réticente, finit par accepter. Histoire d’ajouter un peu de piment, et de satisfaire un Nate Diaz qui « défend son titre » fictif, l’organisation crée le titre de Baddest Motherfucker. Une ceinture unique d’une valeur de 50 000$ va même être créée pour l’occasion. Dwayne Johnson, acteur le mieux d’Hollywood et fan de MMA, apprend la nouvelle sur les réseaux… et demande à remettre lui-même la ceinture ! La hype est réelle.

C’est donc samedi 2 novembre, dans l’enceinte mythique du Madison Square Garden, et sous les yeux de Donald Trump (!), que les deux Gangsters de l’UFC se sont affrontés. Dans un duel où le respect mutuel était de mise, c’est bien Masvidal qui a dominé, de la tête et des épaules. Vainqueur par TKO (arrêt du médecin) suite à un main-event à sens unique, le Floridien a confirmé sa magnifique année et cimenté son statut parmi les meilleurs welterweights au monde. Surtout, lors d’un événement où le sport s’est mêlé comme rarement au divertissement, Masvidal a confirmé qu’il était bien le Baddest Motherfucker du MMA.

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