MENU
Accueil
Ciryl Gane : la folle ascension du nouveau phénomène français du MMA
Écouter le direct
Ciryl Gane avant son combat face à Raphael Pessoa
Ciryl Gane avant son combat face à Raphael Pessoa ©Getty

Ciryl Gane : la folle ascension du nouveau phénomène français du MMA

Le 2 août 2018, Ciryl Gane disputait son tout premier combat professionnel de MMA. Un an plus tard, il est déjà à l’UFC ! Analyse d'une progression fulgurante.

Ce samedi 10 août, Ciryl "Bon Gamin" Gane va faire ses débuts à l’UFC. Le Français, invaincu dans la discipline, n’a pourtant disputé que... trois combats de MMA chez les professionnels ! Son style, sa domination et ses finitions ont suffi à convaincre la plus prestigieuse organisation au monde. Il faut dire qu’avec 3 KO, pour autant de promenades de santé dans l’organisation canadienne TKO MMA, Gane a fait forte impression. Même pour lui, ce succès était assez inattendu : 'J’ai été surpris par mon ascension car ça a été plus rapide que prévu. Surpris aussi, car le Management Factory a négocié ces combats pour moi et ensuite j’ai fait carton plein !" 

Après une solide carrière en muay-thai, il n’a fait la transition vers le MMA que très récemment. Comme Francis Ngannou avant lui, c’est au MMA Factory qu’il a choisi de travailler. C’est même Fernand Lopez, le directeur sportif de la structure qui est allé chercher le poids lourd. Il explique : "Cette rencontre était au mois de mars 2017. J'ai vraiment commencé en janvier 2018, j'ai pris ma décision en novembre 2017."  Oui, Gane est un petit nouveau dans la discipline. Cette transition s’explique par les perspectives plus que radieuses en MMA. Alors que le sport s’apprête à être légalisé en France, il est déjà très solidement implanté aux États-Unis, le plus grand marché au monde. Financièrement sur le long terme, la question ne se posait pas. Tutoyant les sommets en muay-thai, Gane a donc pris le risque de repartir de zéro dans l’espoir d’un avenir plus radieux : 

C’était un choix compliqué à faire, mais ça a payé. Un an après mes débuts, je fais mon premier combat à l’UFC. Pari gagnant. 

Dans des disciplines où les blessures sont nombreuses et où les désillusions sont souvent brutales, il fallait le faire ! D’autant plus qu’un contrat de quatre combats avec un choc contre le champion Rico Verhoeven l’attendait au Glory. Il le dit lui-même, en muay-thai/K-1, sa carrière était déjà pleinement établie : "Mes deux carrières ont toutes les deux été assez rapides avec de beaux challenges. Je pense que pour l’instant, je peux faire mieux en MMA. Je suis un peu plus fier de mon parcours en muay-thai. J’ai réussi à battre les meilleurs, dont Yassine Boughanem. J’ai accompli plus de choses dans cette discipline."

Prochain arrêt : Pessoa

Pour ses débuts à Montevideo, Ciryl Gane fait figure de petite attraction. Alors que la presse internationale s'intéresse déjà à lui, du fait de ses performances, mais aussi de son physique avantageux (1.95m, 115kg). Il affrontera un autre invaincu et autre débutant à l’UFC : Raphael Pessoa. Le Brésilien au bilan de 9-0 (dont 6 KOs) devait à l’origine rencontrer Gane… au TKO MMA ! Toutefois, les blessures ont repoussé ce combat qui aura finalement lieu à l’UFC. Sur le papier, tout porte à croire que l’organisation croit déjà au Frenchie. Avec son bilan ronflant, Pessoa représente une parfaite rampe de lancement pour Gane. Qu’on ne s’y trompe pas, le Brésilien devrait être dépassé debout par son adversaire ! Une fois cet obstacle passé, le "Bon Gamin" pourra poursuivre sa marche en avant. Nous ayant confié qu’il voulait combattre au moins deux fois en 2019 après l’UFC Montevideo, il aura l’occasion de s’ouvrir un peu plus le très lucratif marché américain.

Il faudra toutefois passer l’étape Pessoa avec succès. Parfaitement conscient de ce qui l’attend, Gane sera méfiant, notamment au sol, là où il risque d’être mis en difficulté : "C’est quelqu’un qui est assez complet, notamment au sol. Ça reste un très beau challenge. Encore une fois, je vais vouloir montrer que j’ai les capacités pour battre ce genre d’adversaire." Sachant qu’il évolue dans un sport-business, le Français va devoir également faire le show comme il a l’habitude de faire. Le MMA étant à la fois un sport et un show, il faut donner aux gens ce qu’ils veulent : du spectacle. Et ça, Gane en a parfaitement conscience : "J’ai conscience de ce que l’UFC attend. Quand on s’est rencontré avec Fernand Lopez, il a discuté de ça avec moi, et de la façon de faire transparaître au mieux mes qualités en MMA. Pour lui, j’avais les qualités pour m’imposer dans la discipline. Je sais aussi qu’il faut convaincre les matchmakers. Mon coach a cherché à améliorer mon comportement et mon état d’esprit en combat plutôt qu’à les changer." 

Un destin à la Ngannou ?

On ne peut échapper à la comparaison entre Gane et Francis "le Predator" Ngannou. Les deux monstres physiques, tous les deux produits du MMA Factory, se sont entraînés ensemble. Ciryl a même aidé Francis dans la préparation de ses derniers combats. Si le style de Gane semble plus poli et se distingue de la force brute de Francis, on peut imaginer une ascension similaire. À grands coups d’enclume, Ngannou s’est en effet rapidement fait une place à l’UFC. Il a, en effet, fallu deux ans et un mois au Predator pour obtenir le combat pour le titre, soit 6 combats. Dans cette catégorie heavyweight vieillissante et où tout peut s’arrêter en un coup, les choses bougent très rapidement. 

À 28 ans et au regard de son impressionnante progression, Gane pourrait même nourrir quelques regrets quant à sa transition en MMA en 2018. En effet, au regard de ce qu’il apporte, "Bon Gamin" aurait pu commencer plus tôt. Mais non, il ne regrette rien : "La vie est bonne avec moi. Si ça n’arrive que maintenant, c’est que ça devait arriver maintenant. Si j’avais commencé plus tôt, je ne sais pas ce qui aurait pu se passer. Peut-être que j’en aurais eu marre, j’aurais peut-être arrêté. Je n’aurais peut-être pas été aussi performant. Peut-être que je n’aurais pas été aussi heureux dans ma vie privée, avec une femme, un enfant. Ça arrive au moment où ça devait arriver."

Pour le moment, tout se passe bien pour lui et rien ne semble pouvoir arrêter sa marche en avant. Même lorsque le pire arrive, à savoir un poumon perforé lors du son deuxième combat professionnel, Gane trouve le moyen de surpasser la douleur… pour finir le combat par KO ! Au-delà d’une résistance à la douleur et d’une détermination impressionnantes, le Français estime que le facteur chance joue un rôle : "Je me trouve un peu chanceux dans la vie parce que je n’ai pas eu de difficultés dans ma carrière MMA. Je me considère comme quelqu’un de très chanceux dans la vie en général__. J’ai de très bonnes étoiles au-dessus de moi. Il y a bien évidemment des épreuves à surmonter lors des combats, lors des entraînements, mais pour moi, ça, c’est rien !"

Alors que le titre est déjà dans un coin de sa tête, Ciryl Gane prend toutefois combat après combat, comme il le fait depuis le début de sa carrière. De loin, il observe les meilleurs au monde avec attention et a même sa petite idée sur la revanche tant attendue entre Stipe Miocic et Daniel Cormier pour le titre : "Je vais dire Miocic. Je pense qu’il s’est fait surprendre bêtement et qu’il a appris de ses erreurs. Là, il a eu le temps de se préparer. Il a travaillé deux fois plus que Cormier__, il va être beaucoup plus vigilant pour faire un bien meilleur combat."