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JO 2024 : le rêve américain made in 9-5
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L'équipe olympique américaine a choisi Eaubonne comme camp de base pour les JO 2024 à Paris
L'équipe olympique américaine a choisi Eaubonne comme camp de base pour les JO 2024 à Paris ©Radio France

JO 2024 : le rêve américain made in 9-5

La délégation américaine a officialisé jeudi 5 mars l’installation de son camp de base au Centre départemental de formation et d'animations sportives (CDFAS) du Val-d'Oise, à Eaubonne, pour les Jeux de Paris 2024.

Dans le 95 on le surnomme le vaisseau-amiral du sport. Au centre départemental de formation et d'animations sportives (CDFAS) du Val-d'Oise, l’agitation est grande pour un jeudi après-midi. Derrière les autocars d’écoliers et autres véhicules cherchant un endroit pour se garer, il suffit de lever la tête pour voir une ribambelle de drapeaux dont celui des États-Unis qui flotte en bonne place. Tout est beau. Tout est propre. Tout est carré. Mais que nous vaut cet honneur ? C’est au CDFAS que la délégation américaine a choisi d’installer son camp de base dans l’optique des jeux de Paris 2024. Non, vous ne rêvez pas. C’est bien à Eaubonne que pourraient venir s’entraîner les Simone Biles (quadruple championne olympique de gymnastique artistique), Megan Rapinoe (milieu de terrain de l’équipe américaine de football, championne du monde l’été dernier en France), et peut-être même la Team USA de basket qui aura sans doute bien changé d’ici-là…  

À cette occasion une grande conférence de presse a eu lieu jeudi 5 mars afin d’officialiser ce partenariat CDFAS x Team USA via la signature d’un contrat entre les dirigeants du Comité olympique et paralympique des États-Unis (USOPC) et du CDFAS, et en présence de représentants du Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO). Voilà qui valait bien quelques mots en anglais de la part de la présidente du CDFAS, Marie-Evelyne Christin (MEC) pour lancer au mieux cet après-midi de fête. Après les traditionnelles politesses échangées avec le directeur de la performance sportive de la Team USA, Rick Adams, MEC nous en apprend un peu plus la manière dont ce partenariat s’est réalisé.  

Tout remonte au 13 septembre 2017, le soir même de la date d’attribution des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 par le Comité international olympique (CIO). "Dès ce moment-là nous nous sommes préparés", explique Marie-Evelyne Christin. Et d’ajouter, "nous avons sensibilisé les délégations internationales et avons su répondre aux sollicitations sans hésiter à faire évoluer notre structure." La piste d'athlétisme du stade couvert Stéphane-Diagana a été refaite en 2018, et d’autres chantiers visant plusieurs extensions sur le site sont dans les tuyaux. Il n’en fallait pas plus pour que ça matche avec les Américains. D’autant que le site était déjà dans la ligne de mire d’autres grandes nations du sport à l’instar de la Chine et du Canada.  

Pourquoi le CDFAS ? 

Déjà en juillet dernier, le COJO accueillait pas moins de trente-neuf comités nationaux olympiques et paralympiques venus du monde entier pour faire des repérages. Parmi eux, les Américains évidemment. Et ce qui les a attirés à Eaubonne, c’est d’abord la proximité, le centre étant situé à une dizaine de kilomètres du futur village des athlètes basé lui en Seine-Saint-Denis. Aussi, avec plus de 250 000 usagers annuels (45 sports représentés) issus des fédérations nationales et internationales, le CDFAS, inauguré en 1993, bénéficie de nombreux équipements répartis sur sept hectares, le tout à seulement vingt kilomètres de Paris. Par ailleurs, le site accueille déjà de nombreux événements sportifs comme le meeting féminin du Val d'Oise le 9 février dernier. Une expérience que le centre ne cesse d’entretenir. Parmi les projets pour continuer de jouir du statut de vaisseau-amiral du Val-d’Oise (rien que ça) des projets d’extension ont été évoqués, parmi lesquels un nouveau bâtiment de 1500 m2 en 2022 pour un montant de 12 M€. "Lorsque l’on on a une délégation de 900 athlètes, il est important d’avoir accès à tout. Aussi bien sur le plan sportif qu’au sujet des couchages et de la restauration. Le CDFAS rempli bien cette mission", se réjouit encore Rick Adams.  

Le CDFAS, une infrastructure sportive de haut niveau aux portes de Paris
Le CDFAS, une infrastructure sportive de haut niveau aux portes de Paris ©Radio France

Quelles retombées ? 

D’ici aux tant attendus Jeux de Paris (prévus du 24 juillet au 11 août 2024), près de 1 200 athlètes américains devraient circuler en Ile de France. Pour rappel, ils étaient 555 athlètes à avoir participé aux JO de Rio en 2016. L’arrivée en masse de ces sportifs suscite donc des convoitises. Si pour le moment rien de concret n’a été évoqué, MEC, également vice-présidente du Val-d’Oise déléguée à la Jeunesse aux Sports et aux Associations, espère des retombées sur le plan économique et éducatif. "L’idée, c’est que toutes les personnes qui viendront avant, pendant ou après les jeux ne feront pas du sport à longueur de journée. Et elles seront probablement accompagnées d’autres personnes. Tout ce petit monde fera plein de choses comme visiter l’Abbaye de Royaumont par exemple. Ce partenariat est très important dans la valorisation de notre territoire", insiste-t-elle.  

Quid des installations américaines ? La délégation viendra-t-elle avec son propre matériel ou fera-t-elle appel à des sociétés du département par exemple ? Là-dessus, le directeur de la performance sportive de Team USA évoque parle d’"approche hybride." 

Nous allons apporter certains de nos équipements mais si des opportunités se présentent, bien sûr que nous soutiendrons des entreprises locales . 

Tous espèrent que ce partenariat "franco-américano-val-d’oisien" s’inscrira dans la durée. Notamment en vue des JO de 2028 à … Los Angeles. Alors pourquoi ne pas imaginer des futurs échanges entre élèves américains et leurs homologues français. Ils étaient d’ailleurs 300 jeunes du département à être venus célébrer en grande pompe l’investissement américain au CDFAS. 

Il faut dire qu’elle fait rêver cette présence américaine. Quand on pense Team USA vient forcément en tête la célébrissime dream team de basket. Sur ce point, impossible de dire si USA basket établira son camp de base au CDFAS. Toujours est-il que l’investissement américain dans le Val d’Oise constitue un lot de consolation non-négligeable pour le département, l'un des seuls d'Île-de-France à ne pas accueillir de compétitions officielles… Par ce biais et en sa qualité de membre du label Terre de jeux 2024, le 95 a trouvé une autre façon de profiter de la dynamique des jeux. Et d’autres villes comme Cergy pourraient bien suivre le mouvement.