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Jeux Olympiques de Tokyo : un report inévitable ?
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Les chances de voir la flamme olympique s'allumer cet été à Tokyo s'amenuisent de jour en jour...
Les chances de voir la flamme olympique s'allumer cet été à Tokyo s'amenuisent de jour en jour... ©Getty

Jeux Olympiques de Tokyo : un report inévitable ?

Le Japon accueillera-t-il les Jeux Olympiques l’été prochain ? Alors que le Comité International Olympique (CIO) se donne un mois pour décider du sort du plus grand événement sportif de la planète, les autorités japonaises ouvrent enfin la porte à un report.

Tokyo devait accueillir les jeux de la 32ème olympiade de l’ère moderne du 24 juillet au 9 aout prochain. Le pays est prêt et n’a cessé de l’affirmer. Mais au fur à mesure de l’avancée de l’épidémie de Covid-19, le doute s’est immiscé, jusqu’à s’installer aujourd’hui. Et les dernières déclarations des différents acteurs vont clairement dans le sens d’un report des JO 2020.  

Dimanche 22 mars, le Comité International Olympique (CIO) annonçait se donner un délai de quatre semaines pour trouver une solution. Une solution imparfaite certes, mais qui devrait ménager ville organisatrice, sportifs, sponsors ou diffuseurs. Thomas Bach, le président du mouvement sportif international, a écrit aux athlètes du monde entier : 

_Les vies humaines ont la priorité sur tout, y compris la tenue des Jeux._

Un changement de ton évident vis-à-vis d’une pandémie grandissante.  

Mais plus que les déclarations du CIO, c’est la rhétorique tokyoïte qui a changé en quelques jours. Ce lundi 23 mars, Shinzo Abe, Premier ministre japonais, a pour la première fois estimé que le report "pourrait devenir inévitable." Devant le parlement nippon, il a bien entendu écarté une annulation. Tout comme Thomas Bach avant lui, pour qui "annuler les JO, (cela) détruirait le rêve olympique. 

Quoi qu’il en soit, le Canada a d’ores et déjà décidé de ne pas dépêcher d’athlètes au Japon. La Pologne a demandé le report. En France, le ministre de la santé, Olivier Véran a estimé que dans ce contexte il "ne se voyait pas envoyer des athlètes à Tokyo."

S’il n’y a plus beaucoup de doute quant à l’issue, un report pose de nombreuses questions. Le choix des futures dates d’abord, l’aspect économique et les enjeux sportifs également. Disputer les JO à l’automne prochain semble être la meilleure solution d’un point de vue économique si la situation sanitaire le permet. Seules les conditions météo pourraient poser problème. En effet, l’an dernier, la Coupe du monde de rugby avait subi de plein fouet la période des typhons pour finir par annuler plusieurs rencontres. 

Autre scénario envisageable, le report à l’été 2021. Financièrement le Japon ne s’y retrouverait pas et l’événement se retrouverait en confrontation avec les mondiaux de natation et d’athlétisme. Enfin, dernière solution, organiser les jeux de Tokyo en 2022. Cette année-là deviendrait ainsi une "grosse année olympique" puisque les jeux d’hiver doivent avoir lieu à Pékin au moins de février.  

La décision finale est donc attendue sous un mois. Il n’est pas interdit non plus qu’un consensus soit rapidement trouvé entre les différentes parties prenantes.

Antoine Salva