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Jérémy Florès : "Une fierté de représenter l'ile de la Réunion aux JO"
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La joie de Jérémy Florès
La joie de Jérémy Florès ©Radio France

Jérémy Florès : "Une fierté de représenter l'ile de la Réunion aux JO"

Il est le surfeur professionnel européen le plus titré de tous les temps. De passage à Paris avant de s’envoler pour Hawaï pour la fin de saison, Jérémy Florès a répondu à quelques questions pour Mouv’. L’occasion pour lui d’évoquer son sport, son île, La Réunion, mais aussi sa passion pour le rap.

Jérémy Florès. Son nom ne vous dit rien ? Il est pourtant au surf ce que Teddy Riner est au judo ou Martin Fourcade au biathlon. Autrement dit, un véritable champion. À 31 ans, l’homme originaire de l’île de la Réunion qu’il dû quitter tout jeune pour les côtes françaises afin de réaliser son rêve de devenir surfeur pro, a récemment a remporté pour la première fois de sa carrière, à Hossegor (Landes), l'étape française du circuit mondial. Une victoire historique dans le monde du surf. En effet, jamais un Français ni même un Européen n'avaient été le meilleur du Quiksilver Pro France (du 1er au 11 octobre). Le plus jeune surfeur de l’histoire à avoir intégré en 2006, à l’âge de 18 ans, l’élite mondiale de sa discipline a même déjà posé nu dans le calendrier des Dieux du Stade en février 2014. Bref… Le surfeur professionnel européen le plus titré de tous les temps aura l’occasion de continuer d’écrire sa légende aux JO 2020… 

Mouv’ : Vous êtes l’un des surfeurs les plus connus. En tout cas le français et même l’Européen le plus connu dans cette discipline, et pourtant personne ne vous connaît vraiment. Qu’attendez-vous des Jeux olympiques ?

Pour un pays comme la France où le surf n’est pas un sport national contrairement à d’autres pays comme l’Australie, le fait d’être qualifié pour les JO c’est sûr que ça va pas mal aider à faire parler de mon sport. Après, moi, me concernant, à l’instar d’un tennisman qui a des tournois du Grands Chelems par exemple, j’ai des tours professionnels qui sont ma priorité. Donc sur un plan personnel, les JO ne changeront pas ma vie, mais ça va être une expérience énorme et une immense fierté, notamment de pouvoir représenter mon île, La Réunion, qui plus est dans un aussi gros événement que sont les JO. Ça va être un grand moment de sport. 

Mouv’ : C’est une aubaine pour le surf et ses têtes d’affiches françaises ?

C’est vrai qu’en France on préfère le foot et le rugby. Alors de ce point de vue, c’est super que le surf soit aux JO, même si c’est limite dommage qu’on en parle juste par ce biais-. Les gens passent à côté d’un sport magnifique qui a pris une ampleur dans beaucoup de pays maintenant. On a en France parmi les plus beaux spots au monde que ce soit sur les côtes dans les Landes, ou sur les îles. Du coup, il y a une énorme économie du surf sur les côtes françaises et c’est bien si on en parle un peu plus à l’avenir. Sur le plan personnel les JO seront une belle expérience. Les Réunionnais qui participent aux JO ont toujours été vus comme des héros. Du coup ça serait une immense fierté de pouvoir représenter toute mon île. 

Mouv’ : Comment s’entraîne un surfeur au quotidien ?

Pour ma part, j’ai créé la Jeremy Flores Fantasy Factory il y a quelques années déjà. C’est une salle de sport avec rampes de skate, bac à mousse pour reproduire les mouvements des manœuvres aériennes et bien retravailler la gestuelle. Il y a d’ailleurs énormément de jeunes qui s’entraînent dans ma salle. Après, je n’ai plus 20 ans. Mes entraînements sont différents. Aujourd’hui je travaille davantage ma souplesse. Les entraînements au surf n’ont rien à voir avec la musculation. Je travaille mes jambes pour avoir une bonne base. Le surf c’est de la gymnastique sur une planche. Il faut bosser l’équilibre, le gainage et le cardio. Après le meilleur entraînement de surf reste le surf lui-même. On passe des heures par jour à l’eau, partout dans le monde. Toutes les deux semaines on est quelque part pour s’entraîner. On passe en moyenne entre quatre et cinq heures par jour dans l’eau en fonction de la houle. 

Mouv’ : On dit de vous que vous êtes fan de rap… 

Je suis très ouvert par rapport à la musique, ça dépend de mon humeur du moment. Je viens des îles et même si c’est un peu cliché, j’avoue que j’adore le reggae. Avec mes potes c’est un peu comme un mode de vie. Après, quand je suis en entraînement en salle j’aime bien écouter du bon rap ou de l’électro. Parmi mes rappeurs favoris, il y a 2Pac. J’adore ce qu’il a fait depuis tout petit. Ça me motive même si c’est à l’ancienne. NTM j’aime aussi. 

Mouv’ : Qu’est-ce qui vous plaît dans cette musique ? 

Ce que j’aime dans le rap c’est que ça peut être intense et/ou agressif. Dans une ou plusieurs chansons tu peux tout retrouver, mais également te retrouver toi dans ce que disent les rappeurs.  Comme je viens d’un milieu plutôt modeste, comme pas mal de rappeurs qui racontent leur histoire dans leur musique, du coup cette musique me parle. Ça me motive en entraînement. Ça me donne la rage nécessaire pour y arriver. 

Mouv’ : Votre playlist semble très "old school " Écoutez-vous les rappeurs actuels ?

Future c’est un bon délire. Kendrick Lamar l’album DAMN c’est quelque chose aussi. Le rap français je n’écoute pas trop je dois avouer. Je suis resté bloqué à NTM (rires). En reggae j’écoute beaucoup SOJA et Bob Marley mais ça c’est du sûr. J’ai grandi à La Réunion et à Madagascar où tu l’entends partout. La musique ça me permet de me concentrer et de me changer les idées. Surtout quand tu voyages quand t’es toujours à l’autre bout du monde, ça aide. 

Mouv’ : C’est quoi le calendrier de Jérémy Florès d’ici les JO ? 

En ce moment je suis en période de repos depuis deux semaines pendant encore une semaine. La trêve c’est généralement de janvier à mars inclus en surf. Ensuite, de mars jusqu’à octobre c’est du non-stop. Toutes les une à deux semaines il y a une épreuve. L’année prochaine sera encore plus chargée avec les JO. A la fin de mon repos je termine la saison à Hawaï le mois prochain. Les trois mois de trêve vont être intéressants. Je vais devoir faire un travail physique et alimentaire particulier en vue des JO. Le Japon est connu pour avoir des petites vagues. Ça implique d’être sec. Il va falloir perdre du poids et être sur du matériel spécifique aux petites vagues. Donc là je profite bien car à partir de février c’est là qu’il va falloir écouter du rap pour gagner en détermination.