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Glory Kickboxing en France : face à l’arrivée programmée du MMA, l’organisation se place
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Christine Theiss -  WKU World Title fight (Micha Will)
Christine Theiss - WKU World Title fight (Micha Will) ©Getty

Glory Kickboxing en France : face à l’arrivée programmée du MMA, l’organisation se place

Ce samedi, le Glory, organisation de kickboxing la plus prestigieuse au monde, revient en France pour son troisième événement de l’année dans l’hexagone.

Depuis quelques années, on peut voir que Glory kickboxing pousse sur le marché français. Avec un vivier de combattants impressionnants, deux stars établies (Cédric Doumbé et Anissa Meksen en tête), l’organisation aurait tort de s’en priver. D’autant plus qu’avec l’arrivée programmée du MMA en France, la concurrence s’annonce féroce pour les prochaines années. Avec Doumbé, Billet et Ezbiri, nous avons pu faire le point sur la situation du kickboxing en France.

En effet s’il y a de nombreux événements en pieds-poings en France, on remarque que le kickboxing a globalement reculé depuis la fin des meilleures années du K-1 et de Jérôme Le Banner. Ce recul a coïncidé avec la montée progressive du MMA. Aujourd’hui c’est simple et malheureux à la fois pour le kickboxing, mais lorsque l’on atteint le plus haut niveau dans la discipline... on file vers le MMA. Bien plus développé aux États-Unis, ce sport offre actuellement des perspectives financières et marketing plus avantageuses que le kickboxing. Pourtant, les fans de MMA continuent de préférer les strikers (combattant venant du pied-poings) du fait de leur style. Un problème demeure pour le kickboxing cependant : il n’a pas l’étiquette de sport ultime qu’a le MMA. Avec l’avènement des réseaux sociaux, la communication est donc à soigner pour atténuer cette limite sportive. Guerric Billet, combattant du Glory et fan des grandes époques du Pride et du K-1, a vu l’évolution et dresse le bilan : "Je pense que c’est cyclique. C’est un effet de mode. Avec le MMA, les gens aiment la violence. Il y a des règles, mais beaucoup de choses sont permises. Ça rend le sport spectaculaire. Le marketing est aussi crucial dans le MMA, ce sont des Américains, ne l’oublions pas.".

L’attrait du MMA pour les meilleurs kickboxeurs

Cédric Doumbé, meilleur kickboxeur français actuel et champion du Glory va ainsi faire sa transition vers le MMA. Celle-ci se fera d’ici 2020-2021. Le Français ne vise rien de moins que l’UFC pour ses débuts. Au-delà d’une certaine lassitude en kickboxing, il reconnaît volontiers que les opportunités en MMA sont plus grandes. Il veut aussi s’inspirer des récents succès d’Israel Adesanya pour se rassurer. Parmi les meilleurs du monde au GLORY, Adesanya est arrivé à l’UFC en février 2018 pour finalement prendre le titre en octobre dernier. Un tel pari est donc possible. Toutefois, Adesanya n’avait pas commencé sa carrière en MMA à l’UFC, mais dans des organisations mineures. Il nous le dit, Cédric Doumbé "veut être le premier à arriver directement à l’UFC avec le statut de champion du Glory".

Abdellah Ezbiri, principal combattant français du GLORY 70 à Lyon, comprend volontiers la montée du MMA…et l’attrait qu’il présente : "Je dirais que si le Glory continue de déplacer le public ; on voit bien que les gens du pied-poing vont plus vers le MMA. Les gens préfèrent aller dans ce sport-. Il reste très complet, impressionnant. Les combats sont plus longs et ça se passe dans une cage. Le MMA fait de l’ombre par rapport à avant.". Il a lui-même contemplé l’idée de faire la transition, comme beaucoup de ses confrères : "Je me pose la question, de là à franchir le pas, je ne sais pas. Mon objectif principal c’est le titre du GLORY et je pense qu’à mon âge, j’ai 33 ans, faire la transition est un peu tard. Je suis à deux combats du titre.". 

Une école française bien établie

Pourtant, malgré l’attrait du MMA et le nombre de pratiquants en France, le kickboxing voit toujours de nombreuses manifestations se dérouler en France. Guerric Billet, parmi les meilleurs lightweights du Glory sait que le niveau des Français n’est pas étranger à l’intérêt des initiés pour la discipline dans l’hexagone : "En France il y a le public et les boxeurs. Quand on regarde le dernier événement à Miami, le niveau de boxe était bien inférieur à ce que l’on propose. Bien sûr, ce n’est pas du niveau de la Hollande, mais il y a quand même des gens. Je pense qu’il y a un bon vivier de boxeurs français. Maintenant, il faut que les télés suivent.". 

Meksen et Doumbé sont les références mondiales dans leurs catégories respectives. Au fil des années, la France a su s’établir comme une place forte de la discipline pour Ezbiri : "L’école du kickboxing français, faut pas croire, mais on a de bons athlètes français. Dans ce milieu-là, on ne nous connaît pas trop en France, mais c’est le travail, le talent. Pour les connaître, les athlètes français ne lâchent rien et sont bosseurs.". 

Pour Ezbiri, la discipline ne bénéficie pas non plus d’une image positive, en France en tout cas : "Le sport pied-poing en général n’a pas une bonne réputation. On nous prend souvent pour des bagarreurs ou des voyous. C’est une question de culture. Aujourd’hui en France, c’est le judo, dans le foot, dans le rugby, mais très peu dans la boxe.". Il y a encore un travail éducatif à faire auprès du grand public ; et on peut écrire la même chose au sujet du MMA.

Ce samedi 26 octobre, au Palais des Sports de Gerland, le Glory donne rendez-vous aux fans de Kickboxing avec GLORY 70. Doumbé forfait, c’est l’espoir américain Troy Jones Jr. qui le remplace au pied levé pour affronter le Hollandais Murthel Groenhart. En jeu ? La ceinture intérimaire de la catégorie…pour retrouver Cédric Doumbé dans une unification.