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Thierry Mode alias Titi, la retraite olympienne
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Thierry Mode, alias Titi, en compagnie du joueur marseillais Pau López
Thierry Mode, alias Titi, en compagnie du joueur marseillais Pau López ©Radio France

Thierry Mode alias Titi, la retraite olympienne

Thierry Mode alias Titi est devenu sur twitter l'une des sources d'informations préférées des supporters de l'Oympique de Marseille. Régulièrement, il poste une photo de l'arrivée d'un joueur au club. Des exclusivités suivies par près de 38 000 personnes.

À 58 ans, Thierry Mode, est plutôt tendance. Avec près de 38 000 followers sur Twitter, ce marseillais d'adoption, fanatique de foot se présente comme un "__inconditionnel supporter de l'Olympique de Marseille depuis plus de quarante ans". 

En 2015, Thierry alias Titi crée son compte sur le réseau à l'oiseau bleu. Régulièrement, il publie des photos en compagnie des joueurs à leur arrivée à La Commanderie, le centre d'entraînement de l'OM : "Au début, j'ai ouvert mon compte comme tout le monde, pour voir ce que c'était. Et puis, j'ai vu que les gens étaient réceptifs à mes tweets." Malgré ses habitudes sur le réseau depuis six ans, Titi reste prudent : "Je ne poste que des infos qui sont sûres, je ne dis jamais de fake news."

Tenir informer les supporters marseillais 

Sa passion, il la tient de son grand-père : "Il était fan de l'OM. C'est lui qui m'a emmené la toute première fois au stade Vélodrome en étant minot." Ancien militaire, le retraité se souvient n'avoir jamais abandonné l'Olympique : "Quand j'étais sur le territoire français, je me débrouillais pour venir à Marseille. Et lorsque j'étais en mission à l'extérieur, je faisais comme tous les supporters qui sont loin de la ville, j'attendais le lendemain pour avoir les résultats." 

Titi à l'arrivée du joueur Gerson Santos à Marseille
Titi à l'arrivée du joueur Gerson Santos à Marseille ©Radio France

Un éloignement de la cité phocéenne qu'il a connu et qui le motive à partager ses informations sur Twitter : "En ayant été moi-même à distance de Marseille, je sais ce que c'est d'être supporter et de ne pas avoir d'informations. C'est stressant et même inquiétant de ne pas être tenu au courant lorsque l'on vit loin. Les presses locales parlent des clubs de leur région." Thierry regrette également le manque de communication de la part de l'OM : "Du temps de la présidence de Jacques-Henri Eyraud, il tenait au fait qu'aucune info ne sorte. Tout était tenu secret, c'était compliqué." Il espère que le changement de direction fera bouger les choses (Pablo Longoria a été nommé président du club, le 26 février 2021, et a remplacé ainsi Jacques-Henri Eyraud, NDLR).

Un passionné de terrain 

Titi est devenu un emblème de l'équipe marseillaise, en plus d'être une source d'informations indispensable à certains journalistes : "Ils attendent que je fasse le travail puisqu'ils ne se déplacent même plus jusqu'à La Commanderie. Il n'y a pratiquement jamais de journalistes qui viennent non plus à Marignane (l'aéroport de Marseille, NDLR) accueillir les joueurs. Je ne me prétends pas journaliste mais j'aime cette sensation d'homme de terrain que j'ai toujours été." Mais comment fait-il pour avoir des informations que même les journalistes ne parviennent pas toujours à obtenir ? Le ton blagueur, l'ancien militaire préfère rester mystérieux : "J'ai mes sources que je ne dévoilerai pas (rires)." 

Il nous concède toutefois quelques coulisses : "Je passe beaucoup de temps à La Commanderie, surtout pendant les périodes de mercato. J'accueille les joueurs à l'aéroport quand je peux aussi. Comme on dit : "On est jamais mieux informés qu'à la source." En pleine explication, le retraité fait une pause : "Regardez, là il est 15 h. J'étais au centre de formation dès 7 h 15 ce matin et je suis rentré vers 14 h." Equipé de sa chaise pliante et de sa bouteille d'eau, il a fait de cette routine son quotidien. Sur place, il échange avec "les copains", suit l'actualité sportive sur son téléphone et salue les joueurs qui le connaissent bien désormais et apprécient selon lui "sa discrétion". Une routine devenue aussi un"exutoire"_pour le retraité qui partage son temps entre sa passion marseillaise et son épouse malade. "Le foot me permet de me libérer l'esprit",_ confesse-t-il.

Philou était comme un grand frère pour moi. Il m'a guidé sur twitter.

Le jour où nous échangeons, son compte Twitter est en plein buzz. Thierry a publié quelques jours plut tôt la photo de l'arrivée du joueur Mattéo Guendouzi, nouvelle recrue marseillaise, au centre d'entraînement. Résultat : des milliers de nouveaux abonnés pour Titi qui apprécie sa notoriété dans la cité phocéenne sans y prêter attention. 

Le réseau lui a surtout permis de créer des liens comme avec Philippe alias Philousports, influenceur et commentateur sportif, décédé le 19 juin 2021. Une perte pour le monde du sport qui a beaucoup touché Titi : "Il était comme un grand frère pour moi même si je suis plus âgé. Il m'a guidé sur twitter. Philou était un grand supporter de l'OM. La crise sanitaire nous a empêché de nous voir. C'est quelqu'un que j'appréciais beaucoup pour ses qualités humaines." La voix plus basse, il ralentit et explique avec une certaine émotion : "Il voulait venir voir le premier match au Vélodrome dès que ça aurait été possible. Malheureusement, la destinée en a voulu autrement."

Désormais connu des joueurs de l'Olympique de Marseille et de ses supporters, la plupart des internautes réclament la participation de Thierry à une vidéo de présentation d'un joueur marseillais. Le twittos avoue avoir déjà été contacté : "L'année dernière, les médias de l'OM m'ont contacté. C'est moi qui faisait la présentation de Michaël Cuisance au dernier mercato estival. Le soir où la vidéo devait sortir, les dirigeants n'en n'ont pas voulue. Elle n'est jamais sortie et elle a été retournée sans moi." S'il espère pouvoir retenter l'expérience un jour, il tient avant tout à rester un passionné de foot : "Je vis ma passion pleinement et j'en suis très fier. D'ailleurs, je trouve que plus je vieillis, plus je suis fan (rires)." Lorsqu'on lui demande s'il sera à La Commanderie demain, Thierry répond sans détour : "Bien sûr. Dès 7 h."