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Report de l’Euro à 2021 : quelles conséquences ?
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Kylian Mbappé - demi-finale France-Belgique 2018 (Thiago Bernardes)
Kylian Mbappé - demi-finale France-Belgique 2018 (Thiago Bernardes) ©Getty

Report de l’Euro à 2021 : quelles conséquences ?

C’est un fait : l’Euro prévu cette année est décalé à l’année prochaine. Loin d’être une décision anodine, ce changement va engendrer beaucoup de conséquences. On fait le point.

C’est officiel depuis mardi : l’UEFA a annoncé le report de l’Euro 2020 à 2021 à cause de l’épidémie de coronavirus.

Une décision qui implique une première chose : qu’est-ce que les fans de foot vont bien pouvoir regarder à la télé cet été ? Mais outrepassée la déception de ne pas pouvoir vibrer pour un Roumanie-Azerbaidjan, il y a quand même pas mal de questions qui se posent sur les conséquences d’un tel report, totalement inédit dans l’histoire de la compétition. Un report voté à l’unanimité, logique au vu de la crise sanitaire et irrémédiable vu qu’ il faudra bien terminer les championnats nationaux et Coupes européennes en cours, pour l’instant suspendus. Des compétitions qui doivent absolument aller à leur terme sinon l’impact financier sera monstrueux. Et le casse-tête des calendriers serait insoluble. Saison blanche ? Suspension de la saison en cours en gardant les classements actuels ? Aucune de ces solutions n’est viable et la seule qui vaille est de terminer ce qui a été commencé. Même si c’est un peu plus tard que d’habitude.

Première conséquence : les dates seront quasiment inchangées, l’Euro aura ainsi lieu du 11 juin au 11 juillet 2021, toujours dans les 12 pays prévus initialement. Si vous avez déjà acheté votre billet pour un match, rassurez vous il sera toujours valable l’année prochaine et ceux qui ne pourraient pas y assister seront intégralement remboursés.

Économiquement l’UEFA a les reins solides mais combien de billets sur les 30 millions déjà demandés seront à rembourser ? Rien d’insurmontable même si les annulations d’hôtellerie, de transports,… vont donner des sueurs froides aux compagnies d’assurances. La bonne nouvelle aussi est que l’Euro était organisé cette année dans 12 pays. Donc 12 fois moins de problèmes que si un seul pays avait eu à souffrir de tout ça. Mais pour les 12 villes-hôtes qui ont pour la plupart d’entre elles basées leur budget municipal et leurs principaux événements sur cet Euro, la nouvelle est dure. Fan-zones, stades, infrastructures, restauration… c’est toute une économie locale gelée pour un an. L’UEFA aurait demandé aux ligues nationales de l’aider à amortir le manque à gagner de ce report. On parle de 300 millions d’euros. Beaucoup mais pas tant que ça quand on sait que l’Euro, véritable mine d’or, risque de générer quelques 2,5 milliards d’euros…

Des calendriers chamboulés

Autre conséquence : le report de l’Euro va être un casse-tête pour l’UEFA en termes d’organisation et de calendrier, déjà surchargés. L’Euro féminin, prévu en Angleterre du 7 juillet au 1er août risque du coup d’être décalé. Tout comme l’Euro espoirs. La FIFA et l’UEFA, pas forcément très copines, devront aussi s’entendre concernant l’organisation de la 1ère édition de la Coupe du Monde des clubs new look. Initialement prévue en juin 2021 en Chine, la FIFA a annoncé son report d’un an. Et la Ligue des Nations alors ? Prévue pour remplacer les matchs amicaux sans enjeux entre Euro et Coupe du Monde, celle-ci alourdit encore plus les calendriers. Dans son cas, l’option la plus probable est son annulation pure et simple. Mais il faudra aussi penser aux éliminatoires de la Coupe du Monde 2022, qui se joueront eux aussi en 2021.

Un nouveau visage pour l’équipe de France ?

Cette situation peut en tout cas être bénéfique aux Bleus. Les champions du monde 2018 dont les 2 matchs amicaux prévus fin mars contre l’Ukraine et la Finlande ( pour l’instant reportés en juin) ne sont pas au mieux de leur forme : Ousmane Dembélé blessé pour une longue durée ; Paul Pogba, qui n’a joué que 72 minutes cette saison avec Manchester United ; N’Golo Kanté qui enchaîne les problèmes physiques ; Hugo Lloris, gravement blessé au coude en octobre dernier vient tout juste de reprendre la compétition avec Tottenham ; Antoine Griezmann dont l’intégration moyenne au FC Barcelone joue sur son rendement,… Sans être décimés, les Bleus ne seraient pas arrivés à l’Euro à 100%. En foot tout va vite. Et une saison peut faire changer beaucoup de choses. Même si l’on connaît le penchant de Didier Deschamps à garder le même groupe. 2021 permettra peut être à cette équipe de France de se renouveler. Avec pourquoi pas un retour en force de Rabiot ? Un Giroud désormais trop vieux ? L’émergence de nouveaux jeunes talents qui frappent à la porte de l ‘équipe de France comme Houssem Aouar, Eduardo Camavinga ou Colin Dagba ? Un an avant la Coupe du Monde 2018, personne n’aurait pensé retrouver en titulaire champion du monde Benjamin Pavard ou Lucas Hernandez ( qui on le rappelle voulait à l’époque jouer pour l’Espagne). 

Des stars sans adieux ?

Le report d’un an pourrait aussi faire manquer leurs adieux à des stars du ballon rond. Beaucoup auraient pu profiter de cette compétition pour faire un dernier round d’honneur avec leur sélection nationale avant de raccrocher les crampons. Un Steve Mandanda (35ans) ou un Olivier Giroud (33ans) pourront-ils encore être de la partie l’année prochaine au plus haut niveau ? Pareil pour Luka Modric, 34 ans, Ballon d’Or 2018 mais en nette perte de vitesse depuis. Même chose pour le portier allemand de 33 ans Manuel Neuer, qui subit de plein fouet la concurrence de Ter Stegen.

Bref économiquement, sportivement, ce report de l’Euro, bien qu’inéluctable, risque de chambouler pas mal de choses. Mais permettra au Portugal de Cristiano Ronaldo d’être champion d’Europe en titre un an supplémentaire et ça c'est dur pour nous les français...