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Manchester United veut redevenir un grand d’Angleterre, est-ce possible ?
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Le Français Anthony Martial après son but contre Wolverhampton pour la première journée de Premier League le 19 août 2019
Le Français Anthony Martial après son but contre Wolverhampton pour la première journée de Premier League le 19 août 2019 ©Getty

Manchester United veut redevenir un grand d’Angleterre, est-ce possible ?

A la peine depuis le départ à la retraite d’Alex Ferguson, Manchester United espère retrouver son lustre passé. Mais cette saison encore, ça s’annonce difficile…

Depuis la retraite du légendaire Alex Ferguson, Manchester United court après son glorieux passé. Les coachs et les joueurs de renom se succèdent sans pour autant parvenir à porter le club anglais au sommet. Alors que l‘équipe a encore fait quelques emplettes cet été, il ne devrait pourtant pas jouer les premiers rôles ni en Premier League… ni en Premier League. En effet, les Red Devils ne se sont même pas qualifiés pour la Ligue des Champions cette saison. Alors que la ville appartient désormais aux rivaux de City, il est grand temps pour United de retrouver sa place parmi le gratin. Profitant pleinement de l'explosion des droits TV et des revenus liés aux partenariats (de 94 millions de livres en 2006 à 470 millions en 2017 soit l'équivalent aujourd'hui de 520 millions d'euros), Manchester United reste cependant une énorme machine sur le plan financier et a toujours la capacité de faire du bruit lors du marché des transferts. Troisième club le plus riche du monde selon Forbes, derrière le Real et le Barça, ManU peine cependant à transcrire ce succès financier sur le terrain. Peut-on espérer du changement pour 2019-2020 ?

Le lourd héritage d’Alex Ferguson

Entraîneur de Manchester United jusqu’à sa retraite, Sir Alex Ferguson a marqué l’histoire du club et celle du royaume tout entier. C’est bien simple : l’Écossais a réussi l’exploit de faire de son équipe la première puissance footballistique d'Angleterre. Pourtant, lorsqu’il arrive en poste en 1986, c’est bien Liverpool le club du phare du pays. En 2002, il avoue même : « mon plus grand défi a été de faire tomber Liverpool de son putain de perchoir. » Mission accomplie. En poste pendant 27 ans, il a rempli l’armoire à trophées du club mancunien… et battu le record de championnats détenus par les rivaux d’Anfield (20). Son palmarès : 13 titres de champions d’Angleterre, deux Ligues des Champions et cinq Coupes d’Angleterre et quatre Coupes de la Ligue. Après une première tentative de révérence en 2001, le tacticien prend sa retraite en 2013. Depuis, l’héritage de Sir Alex pèse de tout son poids au sein du club. De Van Gaal à Mourinho, en passant par Moyes, héritier désigné par « Ferguson himself », tous se sont cassés les dents… malgré des moyens pharaoniques. Remplaçant du Portugais, Ole Gunnar Solskjær bénéficie pour le moment d'un certain crédit chez les joueurs comme chez les supporters. Promu titulaire après de premiers mois convaincants, l'entraîneur norvégien doit insuffler une nouvelle culture dans l'équipe.

L’espoir Paul Pogba

Ayant fait ses gammes Manchester United puis parti libre à la Juventus Turin en 2012. Paul Pogba revenait en superstar lors de l’été 2016. Transfert le plus cher de l’histoire à l’époque avec 120 millions d’euros, le Français connaît depuis une histoire compliquée avec les Red Devils. Il fait en effet partie des joueurs le plus régulièrement ciblés par les médias et les supporters pour ses performances, pourtant loin d’être ridicules. 

Arrivé en 2017 et parti cet été pour l'Inter Milan, Romelo Lukaku se lâchait récemment dans les médias pour évoquer ce traitement : « Cela revenait toujours sur ma tête, celle de Pogba ou d'Alexis Sanchez. » Alors que Sanchez a un pied et demi dehors et ne fait pas partie des plans pour cette saison, La Pioche devrait bien rester. En effet, le mercato anglais est clos et les mancuniens n'ont plus la possibilité de remplacer un joueur du calibre du champion du monde. Malgré l'intérêt du Real Madrid, il devrait donc rester une quatrième saison... ce qui est une excellente nouvelle pour le club. Après la saison la plus accomplie de sa carrière sur le plan statistique, il compte bien poursuivre en 2019/2020. S’offrant deux passes décisives et un match de classe face à Chelsea, il a cependant rendu une copie tristounette lors du deuxième match de la saison face aux Wolves, ratant même un penalty. Victime d’insultes racistes après le match, il a encore été ciblé par les « supporters »…

Le coach Ole Gunnar Solskjaer reste déterminé à faire du Français la pièce maîtresse du collectif : « Quand j'étais entraîneur à Molde, je disais ‘__S'il fait partie de votre équipe, vous devez construire une équipe autour de lui’. Je dirais la même chose maintenant ». Suffisant pour le faire rester après 2020 ?

Place aux jeunes

City, Liverpool et Tottenham sont aujourd'hui les trois grosses cylindrées du Royaume. Une chose en commun chez ces trois clubs ? La continuité. Avec Solskjaer aux manettes, United semble enfin prêt à jouer cette carte. Anthony Martial, longtemps décevant sous le maillot mancunien, a récupéré le numéro 9 et semble enfin prêt à exploser ! Pour son coach, il va occuper la place d’attaquant principal cette saison. Avec le départ de Lukaku, Marcus Rashford va aussi gagner en responsabilité. Sur le papier, United a donc un duo de jeunes qui a enfin toutes les clés en main pour briller au plus haut niveau. 

En parlant de jeunes, face aux Wolves, la moyenne d'âge du XI mancunien était de 24 ans et 173 jours. Solskjaer veut insuffler une nouvelle dynamique au groupe. Pour le moment, ce sont les anciens Smalling, Matic, Young, Mata et Jones qui en payent le prix. L’avenir nous dira si les choix ont été payants.

Moins ronflant que ces dernières saisons, le mercato de Manchester s'est voulu intelligent (Daniel James, 21 ans et Aaron Wan-Bissaka 21 ans sont notamment arrivés). Surtout connus pour leurs onéreuses erreurs de casting ces dernières années, les Red Devils misent maintenant sur la jeunesse. La recrue phare, défenseur le plus cher de l'histoire cet été (93 millions d’euros) et suscitant quelques moqueries, Harry Maguire (26 ans) réalise pour le moment un excellent début de saison. Ses deux premiers matchs ont convaincu les sceptiques et s'il faut du temps pour définitivement effacer le prix de son transfert, l'international anglais est pour l'instant une bonne pioche. United, qui se cherche désespérément un taulier en défense depuis la fin des années Vidic-Ferdinand, a de quoi avoir espoir.

Exemples des critiques dont Maguire est la victime collatérale, celle de Cristiano Ronaldo face à l’inflation du prix des transferts (à TV1) : « C'est difficile de faire des calculs dans le football moderne. Les clubs parient beaucoup sur le potentiel et l'industrie du football est différente. En dehors de Joao Felix, n'importe quel joueur peut atteindre 100 millions d'euros, sans avoir rien montré. »

Désormais dépassé par Tottenham, Manchester United n'a plus de temps à perdre pour retrouver les sommets. Alors que le club reste toujours une formidable machine à fric, la réalité du terrain est brutale. Depuis le départ de Ferguson en 2013, les Red Devils ont remporté 5 trophées, mais aucune Premier League. Leur meilleur classement reste une seconde place en 2018. Pour ce qui est de l’Europe, United va disputer l’Europa League cette saison... un maigre lot de consolation pour un club de ce standing. Alors que les premiers rôles ne semblent pas destinés à la bande à Pogba, l’espoir est permis. ManU a en tout cas un socle de jeunes sur lequel construire pour l’avenir. C’est déjà ça…