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Et si Zinédine Zidane était le meilleur entraîneur de la planète ?
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Zinédine Zidane et Karim Benzema (photo : Denis Doyle)
Zinédine Zidane et Karim Benzema (photo : Denis Doyle) ©Getty

Et si Zinédine Zidane était le meilleur entraîneur de la planète ?

Avec son Real Madrid, Zinédine Zidane a arraché la Liga au FC Barcelone après une belle remontada et un bilan presque-parfait depuis la reprise. Et si Zizou était le meilleur dans son domaine ?

Après une brillante première expérience d'entraîneur du Real Madrid A, Zinédine Zidane partait à la surprise générale, 5 jours après avoir remporté une troisième Ligue des Champions consécutive. Le 11 mars 2019, Zizou revenait avec l'objectif de sauver la Maison-Blanche du naufrage. Durant son absence, ni Julen Lopetegui ni Santiago Solari, ses deux successeurs à la tête du Real, n'étaient parvenus à sauver les meubles, et encore moins à enrayer cette impression de fin de cycle, marquée par le départ de Cristiano Ronaldo, quelques semaines après celui de Zidane. Avec une équipe différente, plus jeune, et orpheline de CR7, le Français annonçait la couleur pour son retour en avril 2019 :

"Nous avons remporté 33 titres de champion d’Espagne. Combien Barcelone en a-t-il gagné? Ils se débrouillent bien ces derniers temps et vous devez les féliciter et le reconnaître. Mais si nous parlons des chiffres à Madrid, nous avons plus de titres de champion et je ne dis pas cela pour me défendre, mais parce que vous m'avez dit que le Barça faisait mieux en championnat récemment. Nous devons changer cette dynamique. Je peux vous dire que nous allons essayer de démarrer la Liga de la meilleure façon possible la saison prochaine. Nous devons faire de la Liga notre objectif principal la saison prochaine."

Pour sa première saison complète depuis son retour, Zidane a rempli sa mission : champion d’Espagne avec 5 points d’avance sur le Barça. Surtout, sans écrasant leader (même si l’on souligne les immenses impacts de Ramos et Benzema), le Real 2019-2020 est devenu bien plus collectif (22 buteurs différents en championnat). Qu’on ne s’y trompe Madrid conserve l’un des effectifs les plus impressionnants d’Europe, toutefois, ce deuxième mandat de Zidane est résolument différent. On peut même se demander si ZZ n’est pas devenu la référence mondiale à son poste avec une méthode qui a porté ses fruits.

Une défense retrouvée

Brillant meneur d'hommes, Zidane a su résoudre un point tactique important à Madrid : la défense. En dehors du recrutement extrêmement malin de Ferland Mendy, voulu par l’entraîneur, l’ossature est restée la même. Cependant cette saison, et au sein des plus grandes ligues européennes, le Real a bien été la meilleure défense.

Les statistiques : 25 buts encaissés en Liga (0.66 par match) cette saison (contre 46 et 44 buts les exercices précédents), meilleure défense du TOP 5 européen. 

Orphelin de Cristiano Ronaldo en attaque, Zidane a pu créer une équipe plus équilibrée en défense. Les intégrations réussies de Valverde et Mendy, à la place de Modric et Marcelo ont été favorables à Madrid dans ce domaine. Le prochain chantier de 2020-21 sera l'attaque, là où l'équipe a péché cette saison (les blessures d'Asensio et Hazard n'ont pas aidé non plus)… L’époque de la BBC semble très lointaine.

Benzema, comme un symbole

Cristiano Ronaldo parti, Karim Benzema a pris les commandes de l’attaque madrilène. Le numéro 9, habituel passeur providentiel de CR7, s’est mué en buteur, sans pour autant en oublier le collectif. Depuis deux saisons, on a ainsi un Français qui joue son meilleur football. Élu meilleur joueur de la Liga pour la saison 2019-2020, il boucle sa campagne avec 21 buts, 8 passes décisives en 36 matchs de championnat. Surtout, il est le parfait ambassadeur du jeu prôné par Zidane et le duo qu’il forme avec Eden Hazard s’annonce particulièrement létal la saison prochaine.

Le collectif, toujours le collectif

Déjà lors de son premier mandat, Zidane s'était fait remarquer par l'alternance. Cristiano jouait moins pour être frais en Ligue des Champions et de nombreux joueurs avaient leurs chances. Avec ce Real 2019-2020, ZZ a encore poussé cela d'un cran. 22 buteurs différents en Liga, et notamment un Sergio Ramos qui fait office de deuxième meilleur scoreur en championnat… ensuite ce sont les surprenants Toni Kroos et Casemiro. Le pestiféré Gareth Bale a aussi eu sa chance. Certes en tant que remplaçant, mais ce dernier a eu des minutes pour s’exprimer. Obsédé par le management du temps de jeu, Zidane a fait énormément tourner, avec succès. Derrière l’ossature d’indéboulonnables, l’entraîneur a su jongler avec les formes (et blessures) du moment. C’est peut-être là le plus impressionnant chez Zidane-entraîneur. Il maîtrise parfaitement son vestiaire et donne sa chance à chacun pour un groupe ultra concerné. 

Tout le monde sait que le vestiaire est avec Zidane jusqu’à la mort. - Sergio Ramos

N'ayant pas eu tous les recrutements souhaités, sans remplacer Cristiano Ronaldo et ses 50 buts par saison, Zidane a souvent fait du neuf avec du vieux... et l'a fait très bien. Il a su insuffler un nouveau souffle à des joueurs que l'on disait sur le départ et en fin de cycle (Ramos et Modric notamment). Les recrues ont aussi bénéficié d’une chose rare à Madrid : le temps. Ainsi, les jeunes ont pu se développer et engranger de l’expérience. L’adaptation réussie de l’armada brésilienne en est la plus grande preuve.

Avec tout ça, Zidane, meilleur coach de la planète ?

Même s’il est impossible de répondre définitivement à la question "Zidane est-il le meilleur coach du monde ?", ce dernier a montré en 2019-2020 qu’il pouvait se renouveler, et surtout être plus qu’un meneur d’hommes comme lors de son premier mandat. Il a transformé le Real Madrid sans chambouler l’effectif, et a été récompensé par le trophée tant convoité qui échappait à son équipe depuis 2017. Une chose est certaine, il fait maintenant partie du gratin avec les Klopp, Guardiola et autres Simeone. S’il n’est peut-être toujours pas le plus grand, ses 11 trophées majeurs (dont deux Ligas et trois Ligues des Champions) en moins de cinq saisons sont de sacrés arguments.

De plus, son ratio de 67.14% de victoires avec le Real Madrid, en 210 matchs (seuls trois entraîneurs ont atteint les 200 matchs avec la Maison-Blanche), force le respect. Devenu bâtisseur chez ce Real 2.0., il devra poursuivre cette mission pour accentuer son héritage, à la manière de ce qu’ont fait des Klopp ou Pochettino à Liverpool et Tottenham. Pour définitivement asseoir son statut de top-coach, Zizou devrait aussi faire ce que les plus grands ont su faire (Mourinho, Guardiola, Ancelotti…) : connaître le succès ailleurs. Actuellement, Klopp et Guardiola ont montré que leurs méthodes pouvaient s’exporter. Aussi (et surtout pour certains), leurs équipes ont développé de véritables identités de jeu. Chez Zidane, la victoire passe avant tout. En cela, sa gestion des ego et la dévotion du vestiaire à son encontre pour la quête des titres peuvent lui permettre d’être considéré comme le meilleur manager actuel. Concernant la position de meilleur tacticien, la donne est encore différente.

Le Real Madrid s’attaque désormais à un sacré morceau avec la Ligue des Champions et ce tirage ô combien difficile face à Manchester City ! Outsider dans ce duel, les Merengues n’auront rien à perdre et joueront relâchés après une saison 2019-2020 déjà réussie. Une victoire sur les Citizens de Pep Guardiola couronnerait un peu plus Zidane en tant que top-coach, même si la mission semble bien compliquée.

Après la LDC, il faudra bien évidemment préparer le prochain exercice. Avec un recrutement toujours orienté vers la jeunesse avec 2022 et le nouveau Bernabeu dans le viseur, le retour tant attendu de Martin Odegaard, la suite s’annonce passionnante pour les Madrilènes. Il reste désormais à savoir si Zidane sera toujours de la partie : "Personne ne sait ce qui va se passer dans le futur. Je ne parle jamais de la saison prochaine ou de l'année suivante. J'ai un contrat et je suis content. Vous ne savez jamais ce qui se passera dans le futur. Les choses peuvent changer du jour au lendemain dans le football et je n'ai aucune idée de ce que l'avenir nous réserve." Ces derniers mois, il a su montrer son importance dans le renouveau du Real, et continue de dissiper les doutes sur son rôle d’entraîneur.