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NBA : "L'organisation d'un match se joue au détail près"
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La star des Milwaukee Bucks Giannis Antetokounmpo cerné par la défense des Charlotte Hornets
La star des Milwaukee Bucks Giannis Antetokounmpo cerné par la défense des Charlotte Hornets ©AFP

NBA : "L'organisation d'un match se joue au détail près"

A la veille du premier match de saison régulière en France, Mouv’ s’est intéressé aux Français qui ont la chance de pouvoir contribuer à l’événement. Parmi eux, les deux speakers, Vincent Royet et Benjamin Clément, plutôt habitués aux événements à l’européenne et en plein préparatifs pour le show.

Benjamin Clément (BC) exerce trois métiers dans l’animation dont celui de speaker. À son actif, plusieurs événements sportifs comme la cérémonie d'ouverture de la finale de l'Europa League au Groupama Stadium en 2018, mais aussi quelques matchs de basket. C’est par ce biais qu’il rencontre en 2015, sur des matchs de l’Euro de basket à Montpellier et à Lille, son homologue Vincent Royet (VR), speaker basket depuis déjà une vingtaine d’années. Avant d’animer le tournoi de qualification olympique (TQO) de Bourges avec l’équipe de France féminine de basket (du 6 au 9 février), les heureux élus passent d’abord par la case NBA. Pour Mouv', ils reviennent sur cette expérience inédite, à la veille du tant attendu Charlotte Hornets – Milwaukee Bucks ce vendredi 24 janvier à 21 heures à Bercy.

Mouv' : Comment s’est faite la connexion avec la NBA ?

BC : Le monde de l’animation sportive est un monde assez petit, d’autant plus lorsqu’il s’agit de basket. Les équipes qui ont l’habitude de travailler sur les matchs de saison régulière NBA à Londres comportent quelques salariés de France. Les connexions se font vite dans ce genre de cas. Nos noms sont vite sortis. La NBA a commencé à nous solliciter vers octobre/novembre en nous demandant CV puis vidéos de présentation. On a ensuite attendu son go avant d’annoncer notre sélection pour l’événement.

VR : On a demandé l’autorisation de communiquer à la NBA, mais aussi et surtout comment on pouvait le faire. Le but était que ça se passe de la meilleure des manières.

Comment avez-vous vécu cette sélection pour le premier match NBA de saison régulière en France ?

BC : Plusieurs choses viennent immédiatement en tête. Si on m’avait dit il y a 5 ans que je ferais partie de l’organisation d’un vrai match NBA, je ne l’aurais jamais cru. Je n’en ai même jamais rêvé tellement ce n’était pas dans mes plans. Puis je me suis dit "ok ils vont vouloir faire vivre l’expérience en anglais." Et en fait non, pas uniquement, et c’est aussi ça qui est intéressant. Pour moi, il y a une certaine part de chance que ce match ait lieu en 2020 car avec mon CV d’avant ça ne l’aurait pas fait. Finalement les planètes s’alignent. Parmi le petit monde des speakers basket, on mesure vraiment la chance de faire partie de cette aventure.

VR : On a énormément de chance. On dit merci la vie, on chante la vie. Mais je crois aussi qu’on ne réalise pas encore. On connaît Bercy évidemment, mais pas sous format NBA. On est super excités, sans pour autant se coller la pression. Faut profiter un maximum du fait d’avoir un match officiel de NBA en France, qui plus est avec des Français dans l’organisation. Ça arrive peut-être qu’une fois dans une carrière…

Depuis que vous avez été validés sur l’événement, comment ça se passe ?

VR : Assez simplement en réalité. On a eu une conférence téléphonique au mois de décembre des cadres NBA répartis sur la côte Est et Ouest des Etats-Unis. Ça a duré 30 minutes au cours desquelles Benjamin et moi nous nous sommes présentés. Ils en ont profité pour nous donner leurs attentes. Après quoi, il y a eu quelques échanges de mails. Benjamin est même allé directement aux USA discuter avec les équipes en place sur l’événement. Mais la seule vraie réunion que nous avons eu tous ensemble c’était en début de semaine.

À J-1 de l’événement, comment se déroulent les préparatifs ?

BC : On répète chaque séquence les unes après les autres. Comme c’est un événement télévisé il faut répéter encore et encore afin que tout soit calibré. Il ne s’agit pas que de Vincent et moi. L’objectif c’est de faire en sorte que la mayonnaise prenne entre équipes française, américaine et les gens personnes chargées du divertissement pour le compte des deux franchises. Tous ces gens n’ont pas l’habitude de bosser ensemble c’est pourquoi on se doit de répéter séquence par séquence. Pour vous donner un ordre d’idée, on a des créneaux de 30 minutes pour répéter des séquences qui dureront quatre minutes le jour J. Mercredi on a fait les premiers tests micro. Tous les chargés de divertissement seront là demain pour une grosse journée de répétition.

Quelle différence vous ressentez par rapport à d’autres événements que vous avez pu couvrir, comme notamment l’Euro 2015 de basket en France ou certains matchs d’EuroLigue de Basket ?

VR : Il y a une différence entre les cultures américaine et française sur le public et la fan expérience. Tout l’enjeu ici sera de faire vivre une ambiance NBA en français et en anglais à un public qui n’en a pas l’habitude. Avec Benjamin, on a parfois des réflexes francophones qu’il faudra corriger. Notamment dans les jeux et les différentes interactions avec le public. On a beaucoup bossé sur la traduction pour les jeux. Puis de toute façon, on est très encadré. C’est au détail près la NBA. On n’est pas loin de ce qui se fait en télévision avec des conducteurs avant et après match. On a les grandes lignes de nos scripts. On peut légèrement broder mais sans trop sortir du cadre non plus.-dessus, l’organisation est encore plus serrée que ce qu’on a connu auparavant. Notamment dans l’annonce des partenariats.

C’est un vrai challenge de devoir s’adapter à un tel format américain.

BC : D’habitude, sur les matchs de basket qu’on fait avec Vincent dans 80-90% des cas on gère tout ce que les gens entendent, jusqu’à la musique. Là on est 15 ou 20 sur ce match ! Chaque tâche est effectuée par une personne pour pousser à l’excellence. J’ai par exemple un texte à apprendre, pour lequel je vais précisément travailler sur les syllabes notamment. De son côté, Vincent ne se préoccupera pas de la musique à mettre mais uniquement sur les interactions avec les fans.

Vous avez le trac à la veille de ce grand show à l’américaine ?

BC : Dans son discours, la NBA nous répète que l’on est une "équipe, là ensemble pour s’amuser." Pour vous parler franchement, entre excitation et pression la frontière est mince. On ne veut pas décevoir, mais on est quand même là pour prendre du plaisir.

VR : La pression on aurait pu l’avoir si la NBA avait fait les choses de son côté. Mais pour le coup on est vachement impliqués avec toutes les équipes qui travaillent à l’organisation de ce match. On est d’ailleurs tellement bordé qu’on a un conducteur de plus de 10 pages et cinq centimètres d’épaisseur pour nous épauler. Maintenant, y’a plus qu’à ! Le reste c’est de la bonne pression qu’il conviendra de transformer en énergie positive. Car la star de cet événement, c’est avant tout le match.

Et Giannis Antetokounmpo (Milwaukee – MVP en titre) alors ? D’ailleurs, vous savez prononcer son nom n’est-ce pas ?

BC : (Rires). Aucun problème pour ça. L’avantage pour nous c’est qu’il a participé au championnat d’Europe de basket en 2015. J’ai donc déjà eu l’occasion de prononcer son nom à plusieurs reprises. Et comme vendredi il risque certainement de claquer 40 points, je suis d’autant plus préparé à cela. Mais il y a d’autres grands noms autour de lui. Et c’est là où il ne faudra pas se tromper.