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NBA, Chine, Houston Rockets et Hong Kong : explication d’un bourbier
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James Harden pendant un match opposant les Houston Rockets aux New Orleans Pelicans à Pékin en octobre 2016
James Harden pendant un match opposant les Houston Rockets aux New Orleans Pelicans à Pékin en octobre 2016 ©Getty

NBA, Chine, Houston Rockets et Hong Kong : explication d’un bourbier

Depuis ce weekend, la NBA et la franchise des Rockets de Houston tentent de calmer le jeu auprès de la Chine après un tweet du directeur général des Rockets apportant son soutien aux manifestants hongkongais. Le cocktail est explosif et a créé de multiples controverses inextricables.

“Fight for freedom, stand with Hong Kong” (Se battre pour la liberté, soutien à Hong Kong). C’est par ce tweet assez banal par les temps qui courent qu’une controverse sans précédent est née vendredi dernier. La raison : ce n’est pas Monsieur Tout-le-monde qui est l’auteur du tweet mais bien Daryl Morey, le Directeur Général des Rockets de Houston. Et en règle générale, quand on s’empresse d’effacer un tweet, c’est que quelque chose ne se passe pas forcément comme on l’avait imaginé. Daryl Morey avait-il oublié que son club comptait un nombre incalculable de supporters en Chine depuis le passage de la plus grande (2,29m) star du basket chinois Yao Ming chez les fusées de Houston ? Il est fort probable que non, mais qu’importe, le mal est fait. La question hongkongaise est un sujet brûlant qui ne peut pas être traitée avec n’importe qui et n’importe où, on le sait, mais lorsqu’il s’agit de l’un des clubs les plus populaires de la NBA, championnat étroitement lié avec la Chine puisque c’est son marché numéro un (plus de 500 millions de téléspectateurs soit plus d’un tiers de la population chinoise), la situation frôle carrément l’incident diplomatique. D’autant que l’actuel patron de la CBA (Chinese Basketball Association) n’est autre que… Yao Ming. Ça fait beaucoup, beaucoup trop. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réaction de l’ancienne star des Rockets ne s’est pas faite attendre. La CBA a immédiatement suspendu son partenariat avec l’équipe texane et a décidé d’annuler un match amical entre les Rio Grande Vipers, équipe affiliée aux Rockets, et les Texas Legends (Dallas Mavericks) qui devait se jouer sur le sol chinois. Par ailleurs, d’autres partenaires ont décidé de stopper leur liaison aux Rockets : Li Ning, une marque de chaussures et la banque Shanghai Pudong Development Bank Card Center. 

Une polémique tentée d’être désamorcée, en vain…

Dès vendredi après le début de la controverse, de très nombreuses personnalités, et pas des moindres, ont tenté de rattraper ce qu’ils ont considéré comme une erreur. Tilman Fertitta, le propriétaire de la franchise de Houston s’exprimait à son tour sur Twitter : « Daryl Morey ne parle pas au nom des Houston Rockets. Notre présence à Tokyo ne concerne que la promotion de la NBA à l’international et nous ne sommes PAS une organisation politique. ». Quelques jours plus tard, Daryl Morey, toujours lui, a de nouveau attiré les projecteurs sur lui en publiant deux nouveaux tweets qui peuvent s’apparenter à un sacré rétropédalage : 

Tweets de Daryl Morey exprimant ses regrets quant à son premier twet polémique / Twitter
Tweets de Daryl Morey exprimant ses regrets quant à son premier twet polémique / Twitter ©Getty

Par la suite, ce sont les deux stars des Rockets, James Harden et Russel Westbrook qui se sont exprimés sur le sujet. "Nous nous excusons, nous aimons vraiment la Chine vous savez. Nous adorons jouer là-bas", disait le premier avant que le néo-Rocket, Russel Westbrook ne lui emboîte le pas : "Nous allons en Chine au moins deux fois par an et à chaque fois les fans nous montrent un soutien exceptionnel. On apprécie tout ce qui touche aux fans en Chine". Mais il n'est vraiment pas certain que cela suffise à calmer les vexations de la Chine. Une fois de plus, sport et politique n'ont pas fait bon ménage, mais cette fois-ci, l'histoire semble assez sérieuse.