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NBA 2019/2020 : la fin des superteams et l’avènement d’une nouvelle ère
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Harden X Westbrook - All-Star Game 2017
Harden X Westbrook - All-Star Game 2017 ©Getty

NBA 2019/2020 : la fin des superteams et l’avènement d’une nouvelle ère

La free agency était attendue avec une grande impatience par les fans de basket-ball qui espéraient un grand bouleversement… ils ont été servis.

Depuis 2015, seules trois équipes NBA ont goûté aux joies des Finales NBA : Golden State Warriors, Cleveland Cavaliers et Toronto Raptors. Cette année, la franchise canadienne (et le départ de LeBron James aux Lakers) a permis d’apporter un peu de fraîcheur à une NBA devenue monotone. Toutefois, pour voir l’armada des Warriors être éparpillée (et avoir droit à un retour à la compétitivité), il fallait patienter à juillet 2019. Finalement, l’explosion tant espérée par une partie des fans a eu lieu. Kawhi Leonard, Kevin Durant, Anthony Davis, Paul George, Russell Westbrook ou encore Kyrie Irving ont tous changé de crèmeries. On se retrouve ainsi avec une ligue qui semble plus disputée que jamais avec une dizaine d’équipes capables d’aller au bout. 

« C’est l’été le plus fou de l’histoire de la NBA !!! » - Jamal Crawford, joueur

La fin des superteams

En 2010, LeBron James s’engageait au Miami Heat accompagné de Chris Bosh et signait, bien malgré lui, l’avènement des superteams. Depuis cette association Bosh-Wade-James au succès certain (4 Finales NBA, 2 tires), le Big Three (association de trois joueurs dominants –NDLA) était proclamé comme prérequis afin de remporter un titre NBA. En 2014, LeBron James revenait à Cleveland pour y former un nouveau Big Three avec Kyrie Irving et Kevin Love. En Finales NBA l’année suivante, le King tombait face… à un autre Big Three, celui des Golden State Warriors composé de Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green. Un an plus tard, suite au comeback du siècle des Cavs, menés 3-1 par les Warriors, la franchise californienne décidait de frapper très fort sur la table… pour créer les superteams. Plus incroyable encore qu’un Big Three, la Superteam impose une véritable domination sur la ligue. 

Ainsi, pour se transformer en véritable armada, Golden State signait Kevin Durant ! Tout simplement le deuxième meilleur joueur du monde derrière LeBron James. Pour répondre tant bien que mal à ce recrutement complètement dingue à l’époque, Cleveland renforça son banc. Les deux saisons suivantes, la NBA était dominée de la tête et des épaules pour ces deux superpuissances, ces deux superteams qui écrasaient leurs conférences respectives. Le départ de LeBron James en juillet 2018 pour Los Angeles a mis fin à l’hégémonie de Cleveland… mais les Warriors étaient toujours là. Kawhi Leonard qui avait stoppé le Big Three du Heat en 2014 appliqua à nouveau le tarif « tombeur de géants » cette année pour s’offrir Golden State. Si sur le papier les Warriors partaient bien plus forts, il convient de reconnaître qu’ils n’ont pas été épargnés par les blessures (Kevin Durant n’a joué que 12 minutes sur les Finales et Thompson s’est fait les croisés). Pour la deuxième fois de sa carrière, Leonard mettait fin à une domination historique.

Kevin Durant le déclencheur du nouvel équilibre

Avec une ribambelle de joueurs en fin de contrat en juillet 2019, la NBA avait, comme écrit en préambule, une opportunité rare d’être bouleversée. Un joueur pouvait quasiment tout changer à lui seul : Kevin Durant. Meilleur joueur de l’effectif des Warriors, son départ hypothétique pouvait laisser une chance aux autres prétendants. Finalement, le 1er juillet, le double MVP des Finales annonçait son choix : il signait à Brooklyn pour un nouveau défi sportif ! Il ne rejoignait pas la Grosse Pomme seul puisque Kyrie Irving l’accompagnait. Les deux joueurs, également amis, s’apprêtent maintenant à former un duo particulièrement dangereux. Brooklyn devient ainsi une nouvelle place forte de la conférence Est. 

Une semaine folle en quelques lignes : NBA, where amazing happens

Si les Sixers perdaient Jimmy Butler (parti au Heat), il signait Al Horford pour un effectif très solide. Les Celtics, qui ont perdu Kyrie Irving, ont réussi à remplacer leur meneur par un autre All-Star : Kemba Walker. La véritable perte à déplorer pour eux est Al Horford. Les Bucks, portés par un Giannis Antetokounmpo toujours plus impressionnant, repartiront le couteau entre les dents la saison prochaine avec une ossature similaire. Les seuls véritables perdants de l'été, à l'Est et dans la Ligue, sont les Toronto Raptors. Tout frais champion NBA, ils viennent de perdre... le meilleur joueur de leur histoire. Resté une saison et déjà dans la légende de la franchise, Kawhi Leonard est ainsi parti aux Clippers.-bas, il disputera la suprématie de Los Angeles à LeBron James et à Anthony Davis, enfin coéquipier ! Fin négociateur, Leonard a emmené Paul George dans ses valises ! Le départ de PG13 en a entraîné un autre : celui de Russell Westbrook. La superstar du Thunder, à Oklahoma depuis le début de sa carrière a été échangé aux Houston Rockets pour y retrouver James Harden. Oui, la saison prochaine, deux des trois derniers MVP seront dans la même équipe. Et pour vous donner une idée de la guerre qui se profile, cette équipe n'est même pas l'une des quatre meilleures de la ligue ! S’il faut retenir une chose de l’impact de ce mois de juillet : six des quinze joueurs sélectionnés au sein des trois équipes types de la saison ont changé d’équipe ! 

« J’adore la NBA ! Vous ne pouvez même pas inventer ça ! Chaque match de saison régulière va être un match de playoffs ! » - Channing Frye, ancien joueur NBA

NBA 2019-2020 : ça va être la guerre

Pour la première fois depuis 2009 (!), il n'y a pas un clair favori à la couronne. Si des grosses cylindrées se distinguent de la masse, bien malin celui qui peut prédire le futur champion, sinon les futurs finalistes. On peut remercier Kawhi Leonard pour cela. En effet, en ayant privilégié les Clippers aux Lakers, il a définitivement entériné la fin des superteams (et des Big Three), mais aussi apporté l'équilibre dans la force au sein de la ligue. Nous sommes revenus à l’ère des Duos (Magic-Kareem, Jordan-Pippen, Shaq-Kobe). On en compte désormais 12 au sein de la ligue (sur le visuel ci-dessous, remplacez Paul par Westbrook). Ajoutez à ces monstres à deux têtes des effectifs bien équilibrés et vous obtenez autant de prétendants.

Surtout et c’est là l’essentiel de cette nouvelle ère qui se précise, tous les joueurs ont souhaité cette situation. Plus que jamais, les stars NBA ont le pouvoir. Kevin Durant a préféré « laisser » 57 millions sur la table pour signer à Brooklyn plutôt que de rester à Golden State. Pour Kawhi Leonard, ce sont même 116 millions de dollars qui ont été abandonnés. En effet, il aurait pu rester pour 219 millions sur 5 ans aux Spurs en 2018… Finalement, il a choisi de signer pour trois ans et 103 millions de dollars aux Clippers cet été.

« Cette ligue est différente mec, il se passe toujours quelque chose. » - Trae Young, joueur des Atlanta Hawks

Dans cette NBA des années 2010 et sans doute grâce à la signature-choc de LeBron James au Heat à l'été 2010, les joueurs se sont affranchis de la pression populaire. Même l'argent, comme vu avec Kevin Durant, ne peut les forcer à rester là où ils ne veulent pas être. Cette tendance se confirme dans les chiffres. Selon FiveThirtyEight, entre les années 80 et 2000, les 25 meilleurs joueurs NBA jouaient pour 1.99 équipe au cours d'une décennie. Depuis 2010, ce chiffre est passé à 2.76 équipes ! Saison 2019-2020, les stars NBA sont heureuses, la concurrence est grande, la jeunesse a les dents longues. Octobre n’a jamais semblé aussi loin.