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Les nouveaux chantiers du basket français
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M Pokora et Tony Parker (LNB)
M Pokora et Tony Parker (LNB) ©Radio France

Les nouveaux chantiers du basket français

La Ligue Nationale de Basket souhaite redonner ses lettres de noblesse à la balle orange en France. Pour cela, elle a nommé Michel Mimran Directeur Général en décembre dernier. Objectif : rendre le basket professionnel français plus attractif grâce à une feuille de route bien précise.

Il espérait sans doute mieux qu’une crise sanitaire pour sa prise de fonction. Mais pas de quoi le décourager. Michel Mimran (MM), 57 ans, en a vu d’autres. Passé par Kodak, Darty ou encore Lagardère Active Media TV, ce diplômé de l’ESSEC débarque d’une autre galaxie : celle du Paris Saint-Germain où il a passé presque dix ans (2009-2018) en tant que Directeur Marketing avant et pendant l’ère qatarie. Alors le sport et le développement d’un club ça le connaît. C’est d’ailleurs pour relever un nouveau défi qu’il a accepté de se lancer dans la balle orange. "Après le foot, le basket est un sport très marqué par une culture de l’Entertainment avec une base de fans qui se rajeunit grâce à la NBA. C’est un sport très populaire, mais paradoxalement notre championnat manque de visibilité la faute notamment à une digitalisation insuffisante__. J’étais d’accord sur les constats et ce que je pouvais apporter. C’est pourquoi j’ai accepté ce challenge excitant pour lequel je pense pouvoir apporter mon expérience", argumente le Directeur Général de la Ligue Nationale de Basket (LNB). 

S’il est difficile d’établir des comparaisons avec le sacro-saint PSG, Michel Mimran constate déjà des différences favorables à la mise en place de son plan d’action. "Les choses sont davantage à dimension humaine comparé au monde du football. C’est un point très important car cela prouve qu’il y a une capacité à agir rapidement. La communication est facile. Les choses vont vite", se satisfait-il. Voilà donc qui devrait rassurer celui qui souhaite revoir toute la stratégie digitale de la LNB. "Ce qui m’a frappé en arrivant, c’est l’écart qu’il y a entre l’énorme potentiel de ce sport et sa stratégie digitale qui n’est pas à la hauteur." 

Les trois travaux de Mimran

Le plan de Michel Mimran pour exploiter tout le potentiel de la LNB en accord avec son président Alain Béral (en poste depuis juin 2011), s’établit en trois grands axes. Premièrement, augmenter l’exposition du basket français. C’est une des principales préoccupations de la LNB qui renégocie actuellement ses droits TV avec les diffuseurs après que son contrat la liant à RMC Sport a pris fin au mois de juin. Pour rappel, en 2015, la LNB a vendu ses droits pour 10 millions par an à RMC Sport jusqu’en 2020 contre 6,2 millions par an sur Sport + dans un précédent contrat. "On aimerait faire en sorte à ce qu’on puisse voir des matches en clair. L’essentiel pour nous c’est d’être visible or il y a encore trop peu de basket sur les écrans." 

Ainsi Michel Mimran aimerait par exemple améliorer la captation des rencontres de Jeep Elite et de Pro B afin de pouvoir proposer des images aux diffuseurs qui seraient frileux de s’engager par peur des coûts de production. Ces images serviront également à la mise en place d’une chaîne OTT façon NBA League Pass qui devrait voir le jour dans les prochains mois. Des discussions sont en cours avec les chaînes y compris avec RMC Sport qui doit toujours 5 millions d’euros à la LNB depuis l’annonce de l’arrêt définitif de la saison 2019-20 à la fin du mois de mai. "Je préfère ne pas imaginer que cela ne se règle pas. RMC a été un très bon partenaire du basket. D’ailleurs, je n’exclus pas que ce soit notre prochain diffuseur."

Côté digital cette fois, le DG est clair, "la Ligue doit se doter d’outils digitaux dignes de ce qu’est le basket." Nouveau site internet, nouvelle stratégie relationnelle avec les fans sur les réseaux sociaux sont autant de chantiers en friche sur lesquels Mimran et son équipe "avancent." 

Enfin, la LNB aimerait attirer plus de monde dans les salles. "Elle sont déjà bien remplies, mais il faudrait que le public se renouvelle. Tout le monde pense NBA lorsqu’on parle de basket. C’est une marque connue de tous sans que les gens la consomment forcément. Nous ce qu’on veut faire comprendre, c’est qu’il y a un produit de proximité qui s’appelle LNB et que tout le monde peut consommer", explique Michel Mimran. 

Profiter du storytelling hors norme qu’offre le basket français

Bien que la LNB a récemment perdu Amazon comme sponsor, Michel Mimran se veut rassurant, "c’est dommage, mais nous ne sommes pas restés inactifs pour autant. Amazon laisse champ libre à une autre grande marque", confie-t-il sans donner plus de détails. À l’en croire, et ce malgré la crise sanitaire, les marques pourraient se bousculer au portillon. Ceci s’explique en partie par le potentiel attractif qu’offre la Jeep Elite en termes de storytelling. Entre l’ASVEL de Tony Parker et ses anciens pensionnaires NBA à l’instar de l’américain Norris Cole (champion avec le Heat) et du Français Guerschon Yabusele (passé par les Celtics de Boston), T.J. Parker le petit frère de TP qui est à la tête de cette équipe en remplacement du monténégrin Zvezdan Mitrović désormais coach principal du grand rival Monaco, sans oublier la rivalité historique entre Pau et Limoges, le basket français n’a rien à envier à la NBA. "On retrouve ici des réflexes que j’ai connu au PSG, à savoir des petites histoires à raconter. Le storytelling est le maître-mot. On a la chance d’avoir une matière qui est riche. Bien plus que dans d’autres sports", affirme Michel Mimran. 

Match des Metropolitans92
Match des Metropolitans92 ©Radio France

Et d’ajouter, "Aujourd’hui il faut qu’on arrive à sortir du refrain classique qui veut que le basket français est ringard. Je ne dirige pas la ligue d’un sport dont les gens se foutent. Le basket est un sport plutôt bien vu sauf dès qu’il s’agit de la Jeep Elite. Oui il y a la NBA mais sachez qu’en France aussi on a un basket de haut niveau."

Pour le prouver Michel Mimran et ses équipes ont également un plan de reconquête médiatique qui passe entre autres par des mesures de stabilisation des effectifs et des périodes de mercato plus identifiables. "La covid-19 il faut en tirer les leçons. Certaines de nos mesures stratégiques sont pour le moment à l’arrêt. Je pense par exemple à la réduction du nombre d’équipe de 18 à 16 ou encore au projet de figer deux périodes de mercatos par saison. Compte tenu de la situation actuelle tout cela a été reporté à une ou deux saisons." 

Différents groupes de travail doivent encore se réunir durant tout l’été pour réfléchir sur les nouvelles formules de compétitions pour rendre le championnat encore plus excitant. Michel Mimran en est convaincu, "si on dynamise nos championnats ça peut donner quelque chose de très bien. Il est aussi prévu que ces groupes de travail se penchent sur la composition des effectifs afin de promouvoir les jeunes basketteurs français et jouer ainsi sur l’attachement des fans à ce sport." 

Un attachement qui aurait sans doute été plus facile avec un club parisien dans l’élite. "Plus que Paris, il faudrait que les 3-5 métropoles françaises aient un club en Jeep Elite__. Considérer aujourd’hui que c’est un détail est regrettable", termine MM.