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Giannis Antetokounmpo : comment le prodige grec est devenu le meilleur joueur de la planète
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Giannis Antetokounmpo face aux Toronto Raptors lors du match 3 en finale de la conférence Est
Giannis Antetokounmpo face aux Toronto Raptors lors du match 3 en finale de la conférence Est ©Getty

Giannis Antetokounmpo : comment le prodige grec est devenu le meilleur joueur de la planète

2019 restera donc dans les mémoires comme l’année où Giannis Antetokounmpo a remporté son premier trophée de MVP. Car oui, d’autres devraient suivre.

On se souviendra de la saison 2018-2019 de Giannis Antetokounmpo comme la saison où il est devenu une superstar de la NBA. En progression constante depuis ses débuts, le Greek Freak s'était établi en taulier de la ligue en 2018. Malheureusement pour lui, les performances collectives sous Jason Kidd ne suivaient pas. Immensément apprécié du Grec, le coach était prié de plier bagage faute de résultats probants. La franchise a donc recrté Mike Budenholzer, brillant entraîneur en provenance d’Atlanta. On ne va pas y aller par quatre chemins, le changement a été impressionnant. En effet, également bien aidée par quelques recrutements judicieux (George Hill, Brook Lopez, Nikola Mirotic), la franchise a tout simplement terminé en première position de saison régulière. Heureux propriétaires du meilleur bilan de la ligue, les Bucks ont ensuite assumé leur position en playoffs. Tombés face aux futurs champions de Toronto en Finales de Conférence (et en six matchs), les Bucks n’ont pas à rougir de leur saison. Et que dire de la saison de Giannis Antetokounmpo…

"Tout ça n’est que le début. Mon but est de gagner un titre. Mon père m’a dit un jour : ‘tu dois toujours en vouloir plus, mais ne sois jamais trop gourmand’. Je veux gagner le titre et je vais tout faire pour y arriver, merci à tous." - Giannis Antetokounmpo en conclusion de son discours pour le trophée de MVP

Giannis Antetokounmpo, la nouvelle superstar 

Quelques jours avant le début de la saison NBA, Giannis Antetokounmpo était sélectionné pour être en couverture de NBA 2K19. Équivalent de FIFA pour le basket-ball, la simulation est plébiscitée par les joueurs. Ce choix, en rien anodin, propulsait le Greek Freak comme premier joueur étranger en couverture du jeu ! Entre ça et sa prolongation de contrat avec Nike, avec une signature-shoe à venir, et l’on pouvait clairement voir que tout cela annonçait de grandes choses à venir pour un jeune joueur humble sur la rampe du succès. 

"C'était dur. Nous n'avions pas beaucoup d'argent. Mais nous avons eu beaucoup de bonheur. Nous n'étions donc pas fauchés en matière de bonheur. Quand nous étions en difficulté dans la journée, nous nous retrouvions ensuite tous ensemble dans la même pièce. Nous nous amusions. Nous sourions » - Un Giannis Antetokounmpo qui revient sur son enfance difficile en Grèce, un des moteurs de sa motivation. Sans-papiers jusqu'à ses 18 ans, il est obligé de travailler pour aider ses parents à pouvoir s'en sortir."

Giannis a assumé tout ce marketing sur les parquets. Poursuivant sa progression constante, le joueur a terminé avec 27.7 points (57.8%), 12.5 rebonds, 5.9 passes, 1.3 interception et 1.5 bloc de moyenne. Des statistiques et une capacité à martyriser les défenses qui lui ont valu d’être adoubé par un certain Shaquille O’Neal : "Il est meilleur que moi. Et c'est pourquoi je lui ai donné mon titre de ‘Superman’ en novembre. Vous savez quoi ? Il travaille dur. C'est un enfant humble. Il travaille dur. Il ne se vante pas en mode ‘Oh, hé, je fais ci, je fais ça, je suis le prochain…’ Non, ce gamin travaille vraiment et il l'a mérité. Il a gagné mon respect et il le mérite, alors je lui mon titre. Pour répondre à toutes les questions des critiques, vous avez raison, le gamin est meilleur que moi à 24 ans." 

Car oui, Giannis n'a que 24 ans et c'est sans doute l'une des choses les plus impressionnantes. MVP de la ligue cette année, en jouant moins de minutes que les trois saisons précédentes, Antetokounmpo va encore progresser. Travaillant son tir à trois-points d’arrache-pied depuis l’intersaison passée, on a pu le voir beaucoup tenter en 2018-2019. Si le succès n’est pas encore là (25.6% de réussite), le Grec essaye… et devient une menace de loin. Désormais, il tente en moyenne 2.8 trois-points par match. Cela oblige ses adversaires à s’écarter du cercle, lui laissant alors le choix de mettre en avant ses capacités de pénétration, son jeu de passe ou tout simplement faire feu de loin. Bref, le casse-tête se complique un peu plus et la domination individuelle n’a aucune raison de s’arrêter.

Depuis mes débuts au basket, mon rêve était de devenir une grande star, d'avoir un grand avenir dans le sport - Giannis Antetokounmpo

Maintenant, il faut gagner

Comme LeBron James et Kevin Durant avant lui, Giannis Antetokounmpo se retrouve désormais avec une pression supplémentaire sur les épaules. Parmi les meilleurs joueurs du monde et élu MVP, il va devoir gagner au plus haut niveau. Par "plus haut niveau" , nous entendons titre NBA. C’est cette pression qui a poussé LeBron et KD à partir rejoindre des "superteams" à respectivement Miami et Golden State.Sous contrat jusqu'en 2021 avec les Bucks, Giannis a deux saisons pour porter les siens au sommet. LeBron est parti un an après son premier trophée de MVP, Kevin Durant a lui quitté OKC deux ans plus tard. Suivra-t-il ses glorieux aînés ? Possible.

Alors que Giannis peut partir libre dans deux ans, les Bucks ont tout intérêt à poursuivre leur opération séduction. Eric Bledsoe, le meneur titulaire, a ainsi été récemment prolongé. Khris Middleton, fidèle lieutenant d'Antetokounmpo, devrait de son côté re-signé pour le prix fort cet été. Pour Giannis, ses récentes distinctions lui permettent d'être éligible à un contrat de 247.3 millions de dollars sur 5 ans avec Milwaukee dès 2020. Il s'agirait tout simplement du plus gros contrat de l'histoire de la NBA ! À noter que seuls les Bucks pourront lui proposer ce montant (dans le cadre du règlement NBA). Sans trop se mouiller, on peut imaginer que Milwaukee réalisera une saison 2019-2020 solide, mais il faudra faire mieux qu’en 2019.

La franchise aura tout intérêt à valider un passage en Finales NBA dès la prochaine campagne. En effet, Antetokounmpo n’a qu’une chose en tête : la victoire. Il avait d’ailleurs écrit sur Twitter en 2014 : "Je ne quitterai jamais l'équipe et la ville de Milwaukee tant qu'on n'aura pas construit une équipe pour gagner un titre." La journaliste ESPN Malika Andrews précise même que "se rendre en finales NBA n'est pas qu'une ambition, cela pourrait faire pencher la balance en pesant sur son avenir contractuel" .

Construits pour gagner cette saison, les Bucks vont devoir se renforcer cet été. Clairement, la mission s'annonce compliquée pour une franchise située en plein Wisconsin (on a connu des destinations plus séduisantes). Si Middleton va très probablement revenir (comme écrit plus haut), Nikola Mirotic, Malcolm Brogdon, Brook Lopez et George Hill vont tous coûter très (trop) cher pour être conservés. Pourtant, la franchise n’a pas le choix. Si Giannis refuse l’extension de 247 millions qui arrivera en 2020, alors les Bucks devront échanger le joueur… sous peine de la voir partir pour rien en 2021. On a vu ça récemment avec Kawhi Leonard aux Spurs. La franchise a finalement dû l’échanger après que ce dernier ait refusé de s’engager sur la durée. Les Milwaukee Bucks ont donc une année pour pleinement convaincre Giannis. Appréciant énormément la région et la franchise, le joueur sait aussi ce qu’il veut. Cela pourrait causer quelques remous dans l’habituel calme observé au sein de l’équipe.