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Anissa Meksen : ne laisser aucun doute et marquer l’histoire
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Anissa Meksen - (Glory 71)
Anissa Meksen - (Glory 71)

Anissa Meksen : ne laisser aucun doute et marquer l’histoire

Championne super-bantamweight du GLORY, la Française Anissa Meksen revient défendre son trône à Chicago.

À 31 ans, Anissa Meksen présente un superbe bilan de 99 victoires, 4 défaites (32 KOs). Au GLORY, l’organisation de kickboxing la plus prestigieuse au monde, depuis 2017, elle n'a connu qu'une seule fois la défaite (par décision partagée)... pour prendre sa revanche immédiatement et par TKO. Bref, la Française est une légende vivante de sa discipline et considérée par certains comme la GOAT féminine. Invaincue en boxe anglaise également (2-0), elle n'a pas poursuivi dans la discipline malgré un titre de championne de France dès son deuxième combat. En effet, et selon elle, les perspectives étaient assez bouchées pour une sportive de son calibre sur le marché français. Revenue exclusivement à son sport de prédilection peu après son arrivée au GLORY, elle réalise donc un quasi-sans-faute depuis avec la volonté de marquer les esprits pour les générations futures.

Pour elle toutefois, ce combat face à Tiffany van Soest, le troisième entre les deux femmes, est d'une importance capitale. Voyant cette défense de ceinture, en terre ennemie comme un piège, et alors que son contrat approche de son terme, Meksen sait qu'elle doit frapper un grand coup. En cas de victoire éclatante, la Française sera plus que jamais la reine du kickboxing mondial.

À quelques jours de son combat en main-event du GLORY 71, à Chicago, la championne a accepté de répondre à nos questions :

Comment s’est passée ta préparation, pour un combat annoncé assez tardivement ?

On s’est entraîné comme d’habitude, à hauteur de deux fois par jour. On connaît la méthode.

Penses-tu que tu mériterais un meilleur traitement de la part de l’organisation ?

Pour le titre, la première fois, ils m’ont dit : "La championne est aux États-Unis, va chercher le titre là-bas". J’ai répondu "OK". Aujourd’hui, je suis championne et ils refont le coup. Ça ressemble à un guet-apens pour moi. Habitant à Phuket, heureusement qu’on s’est entraînés à Paris avant le combat sinon on aurait eu 14h de décalage horaire dans la tête.

Parmi les points positifs, j’imagine, est-ce que le fait de combattre aux États-Unis est vu comme une opportunité de ton côté ? 

En MMA c’est un grand marché, mais pas en kickboxing. On ne va se mentir, les salles ne sont pas remplies. Je n’ai aucune opportunité là-bas pour faire grandir ma carrière. 

Il y a aujourd’hui un combat qui fait rêver de nombreuses personnes, ce serait un duel face à Valentina Shevchenko en MMA. Penses-tu à faire la transition ?

La question s’est posée pendant un moment. Si je combattais en MMA, ce serait à 52kg, pas à 57kg. Au GLORY, la catégorie en 55kg n’est pas ma catégorie de prédilection. J’ai pris du poids pour rentrer au GLORY. À l’UFC, ce serait donc en 52kg et c’est une Chinoise qui est détentrice de la ceinture (Weili Zhang – NDLR). Franchement, les conditions ne me font pas rêver, à moins que l’on me propose une grosse opportunité.

Aujourd’hui que cherches-tu encore à accomplir ?

Je cherche à marquer l’histoire de mon sport. Je pense que mon palmarès actuel n’a jamais été atteint par quiconque. Je veux durer, faire de grosses performances et chercher un peu plus de reconnaissance.

Pour toi, que manque-t-il à Anissa Meksen pour obtenir cette reconnaissance ? 

On n’est pas assez médiatisé, c’est difficile. Je pense qu’on ne le sera jamais. Par rapport au foot ou au MMA, on est loin derrière. On fait le taff mais malheureusement, ça ne suit pas derrière. Il faut se rendre à l’évidence et accepter. 

Pour toi, cette trilogie prévue au GLORY 71 est-elle intéressante sportivement ? 

C’est un combat piège pour moi. J’ai battu l’Américaine deux fois, ils font le combat aux États-Unis pour essayer de la faire monter. J’ai cherché la motivation, car je pense qu’ils veulent m’avoir. Je sais que si on va à la décision avec ce combat, je vais perdre. C’est ce qui m’a poussé à l’entraînement. Je veux la mettre KO ou rien. 

Comment aimerais-tu que la soirée se déroule ?

On ne va pas se mentir : j’aimerais la finir par KO au premier round. 

Après ce combat, comment vois-tu la suite ?

On aimerait affronter des filles montantes. Si le GLORY ne met pas en place un système pour faire monter des sportives, on ira chercher ces talents à l’extérieur. Au ONE FC (organisation singapourienne de sports de combat - NDLA), il y a une fille qui s’appelle Stamp Fairtex qui boxe à 52kg et qui fait le buzz en ce moment. Elle a deux ceintures, une en K-1, une en muay-thai… et on aimerait l’affronter dans les deux disciplines. Ce serait une énorme affiche. 

On sent aussi que le statut en Asie n’est pas le même qu’en Europe ou qu’aux États-Unis. Forcément, ça nous attire. J’ai 31 ans, je n’ai jamais été autant en forme et je ne suis pas au bout de ma carrière. Je suis au sommet et en pleine forme.

Tu n’as donc plus beaucoup de défis dans l’immédiat ?

Je m’entraîne depuis plus de 20 ans. Il y a encore 7 ans, je boxais pour 200 euros en Thaïlande. Hors de question de s’arrêter maintenant. J’ai soif de victoires, soif de challenge. Ça fait 7 ans qu’on trime. Je suis championne du GLORY et je ne vais pas lâcher la ceinture comme ça. Tant que je suis en forme, on n’arrêtera pas ! 

Lors de ton dernier combat au GLORY 66, tu avais évoqué l’idée d’un combat contre un homme, est-ce réaliste ?

Non, ce serait difficile de rivaliser contre un mec à mon poids. Il serait plus puissant. C’était juste une boutade pour lancer un avertissement : "mon rôle c’est de boxer et c'est à vous me trouvez des adversaires.".