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Alexandra Jupiter : « Le hip-hop ? Cela remonte à mes années aux États-Unis »
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Alexandra Jupiter
Alexandra Jupiter ©Radio France

Alexandra Jupiter : « Le hip-hop ? Cela remonte à mes années aux États-Unis »

Au départ, il s’agissait de faire le portrait de sportifs influencés par la culture hip-hop dans leur préparation à quelques semaines des Jeux de Tokyo. Reportés à 2021 pour cause de coronavirus, comment la volleyeuse française Alexandra Jupiter vit-elle le confinement et cette situation inédite ?

"On s’est rapidement douté que la situation allait être particulière", confie la réceptionneuse-attaquante de volley et de beach-volley Alexandra Jupiter (30 ans) au sujet de sa situation du moment. De là à imaginer que ça irait jusqu’au confinement total... Pourtant, dès février, Alexandra s’inquiétait. En effet, avec l’annulation à la chaine d’événements sportifs dans le monde entier, la médaillée d’or aux Jeux Méditerranéens de plage 2019 a tout de suite su qu’elle aurait au mieux plus de résultats à faire en moins de temps afin de se qualifier pour les JO. Mais ça, c’est quand elle imaginait encore pouvoir pratiquer son sport sereinement. 

Car au moment où le confinement a commencé en France, Alexandra était en Australie pour un tournoi organisé par la Fédération internationale de volley-ball (FIVB). Ce n’est que le lendemain de son arrivée au pays du kangourou que le couperet tombe. Le tournoi auquel elle devait participer est finalement annulé. "Tout le problème était de savoir quand et comment on allait rentrer. Toutes les escales du vol aller étaient désormais fermées aux Français", se souvient-elle. Et d’ajouter, "c’était stressant d’être loin des siens. Je voulais rentrer le plus vite possible. Aussi bien pour moi que pour ma famille. Imaginez si des personnes de mon entourage sont atteintes ?" Elle parvient à rentrer sans trop d’encombres en France, à Montpellier, où elle découvre les joies du confinement. Un dur retour à la réalité. 

En adaptation permanente

Elle l’assure d’ores et déjà, son projet olympique pour 2021 tient toujours. "Notre fédération va s’adapter pour reprogrammer des tournois et trouver un nouveau système de qualification. Mais tant que la crise n’est pas terminée, il est pour le moment très compliqué d’organiser quoi que ce soit." Comme envers sa fédération, Jupiter place également toute sa confiance dans le Comité international olympique (CIO) à qui elle n’en veut pas d’avoir tardé à prendre une décision. "C’est une organisation énorme. Il est donc normal que tout cela prenne du temps", préfère-t-elle tempérer. Il n’empêche que la situation reste inédite et qu’Alexandra doit, à l’instar de ses homologues sportifs de haut niveau, s’adapter comme elle peut. "Les trois-quatre premiers jours ont été difficiles. Je passais de la préparation d’un tournoi à l’autre bout du monde à un arrêt total d’activité du jour au lendemain. Ce fut très compliqué de ne pas appréhender tout ça comme des vacances. Mais il fallait absolument que je me force à garder un bon rythme", détaille la jeune femme. 

Une fois la machine lancée, les doutes s’estompent peu à peu. Aujourd’hui Alexandra s’entraîne deux fois par jour. "Je fais une séance de sport le matin avant le petit-déjeuner et une autre fin d’après-midi. Il s’agit essentiellement d’exercices au poids du corps. Pour bosser le cardio, j’utilise les escaliers de secours de mon immeuble." On est bien loin de l’intensité des entraînements auxquels s’astreint habituellement Alexandra. "C’est vrai que je ne suis pas dans le travail technique stratégique propre à ma discipline. Je pratique un sport de balle, qui plus est dans le sable. Donc forcément… Pour l’instant ça parait encore jouable de s’entraîner, mais si la situation venait à perdurer, d’autres problèmes se poseront. Car malgré les exercices de visualisations, tout cela reste peu par rapport à ce que je produis quotidiennement dans le sable", s’inquiète Alexandra. Ainsi, pour pallier une activité physique plus courte et moins intense, la volleyeuse a drastiquement réduit ses portions de féculents qu’elle continue de consommer uniquement au petit-déjeuner. 

Kendrick Lamar bien avant la hype

Contrairement à Pascal Martinot-Largarde très présent sur les réseaux sociaux, Alexandra ne communique que très peu sur son confinement bien qu’elle le respecte à la lettre. Et entre ses deux séances de sport quotidiennes, elle arrive à dégager du temps pour vaquer à ses occupations. Vous l’aurez compris, le point commun à tous les sportifs que nous interrogeons est leur lien avec la culture hip-hop. Quoi de mieux que cette période de confinement pour consommer du rap et autres séries en lien avec cette culture ? Bien qu’Alexandra ait grandi en écoutant essentiellement du rock et du métal, elle est initiée au rap lors de ses années sur la côte ouest dans la banlieue de Los Angeles. "J’ai commencé à m’intéresser à la culture hip-hop lors de mes années aux États-Unis__, de 2004 à 2013. Ma mère et moi avions décidé d’aller là-bas pour poursuivre notre rêve de beach-volley. C’est aux US que des amis m’ont fait découvrir des musiques du coin. À l’époque c’était à fond Compton (ville d’où sont originaires de nombreux rappeurs US dont Dr. Dre et Eazy-E, ndlr). C’est là que j’ai entendu parler de Kendrick Lamar pour la première. Bien avant qu’il soit connu en France. Nipsey Hussle également ." 

Les deux rappeurs font partie de la liste des artistes qu’Alexandra écoute régulièrement avec J. Cole. "Je préfère le rap US__. C’est celui qui rythme ma vie. En fait c’est surtout émotionnel. Ça me rend joyeuse. Puis quand il faut se motiver comme en ce moment, c’est le rap qui me permet de maintenir le cap." Côté séries, on reste sur du classique Empire. "Je n’aime pas trop les séries. En général je trouve qu’elles ne collent pas assez à la réalité." La volleyeuse préfère plutôt les films qui inspirent encore très largement les rappeurs aujourd’hui tel que Boyz N the Hood, Juice, Training Day, Jacky Brown et Menace II Society. Sans oublier les incontournables biopics 8 Mile, Notorious B.I.G. ou encore Get Rich or Die Tryin'. 

Outre la musique et les films, elle nous précise qu’elle est heureuse de savoir que le breakdance viendra s’ajouter en 2024 aux vingt-huit sports d’été traditionnellement au programme des Jeux. "Aux États-Unis, j’ai pu côtoyer des gens qui en faisaient. Je n’ai aucune connaissance pro là-dessus. Je suis incapable de juger et je ne sais pas comment cela va se passer pour les Jeux à Paris. Ce que je sais c’est que c’est une très bonne chose que ce sport fasse son entrée aux Jeux. Et je ne dis pas uniquement cela parce que j’adore regarder les danseurs", précise Alexandra. 

Quid de la suite ? À cette épineuse question, Alexandra Jupiter semble confiante. Pour elle, les compétitions reprendront peu à peu. En revanche, elle apparaît bien moins optimiste quant au post confinement.  "Il y a un côté rassurant de pouvoir s’entraîner tous les jours. En réalité c’est beaucoup plus cruel d’être blessé au cours d’une saison que ce qu’on vit actuellement. Mais forcément qu’après le confinement on aura perdu physiquement… La vraie question c’est : quelle quantité de travail il faudra pour revenir à notre meilleur niveau ?__" Vous avez quatre heures…