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Pédophilie en France : le règne du silence ?
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Un enfant a qui l'on impose le silence
Un enfant a qui l'on impose le silence

Pédophilie en France : le règne du silence ?

Ces atrocités placées sous le signe de l’omerta ont lieu dans tous les milieux sociaux et en tout endroit. Dans les églises, les familles ou à l’école, les victimes sont souvent priées de garder un silence, source d’une grande souffrance psychologique.

Parmi les affaires les plus récentes, il y a notamment celle-ci qui vient d’éclater dans la Nièvre : huit personnes sont soupçonnées de viols et d’agressions sexuelles commises à plusieurs reprises sur quatre garçons âgés de 4 à 9 ans. Les individus ont été mis en examen. Cinq hommes sont actuellement en détention et trois femmes placées sous contrôle judiciaire. 

70 infractions sont retenues contre les agresseurs dont « viols aggravés sur mineurs de moins de 15 ans pour certains avec un caractère incestueux » ou encore « corruption de mineurs », « privation d’aliments ». Des soupçons pèsent depuis 2017, date à laquelle les enfants sont placés en famille d’accueil. Une fois protégés, leur parole s’est libérée, une enquête a été ouverte et a conduit à la mise en examen des différents adultes. 

Ces dernières années, les affaires de pédophilies les plus médiatisées ont principalement touché l’Eglise, critiquée pour son laxisme dans certaines affaires. Un prêtre de la Drôme, Pierre Vignon a lancé durant l’été une pétition (107 847 signatures) pour demander la démission du cardinal Barbarin accusé d’avoir laissé à son poste un curé qui aurait agressé sexuellement des dizaines d’enfants. 

Le prêtre, très investi dans la défense des victimes d’abus sexuels dans l’Eglise, a perdu son poste de juge au tribunal ecclésiastique de Lyon début novembre 2018. Il paie probablement sa critique du silence de sa hiérarchie et son rôle de lanceur d’alerte pour les abus sexuels dans l’Eglise. Une décision vivement critiquée par les victimes du clergé. 

Il n’existe pas de chiffres précis sur le nombre de victimes mais le président de la Conférence des évêques de France estime que 1% des prêtres en France auraient commis des actes pédophiles. Cette même organisation réunie à Lourdes le 7 novembre 2018 a décidé la création d’une commission indépendante pour mettre en lumière les abus sexuels dans l’Eglise depuis 1950. Elle va rendre un rapport public d’ici deux ans. 

Dans Témoignages Chrétien, le 26 septembre 2018, un appel a été lancé pour demander la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les crimes de pédophilie dans l’Eglise Catholique. 88 % des Français se déclarent favorables à une telle initiative. Néanmoins, le Sénat a jugé irrecevable une telle demande portée par le groupe socialiste. Pour l’heure, l’Assemblée Nationale n’a pas répondu à la demande. 

De nombreux actes pédophiles ou d’abus sexuel au sein des écoles, collèges ou lycées ont également été recensés. Depuis une affaire qui a éclaté dans une école dans l’Isère en 2015 (un directeur visé par plusieurs plaintes pour viols sur des élèves), les casiers judiciaires des personnels de l’Education nationale sont désormais contrôlés, ce qui a conduit à la révocation de 26 agents. 

Pour toi, est-ce que la pédophilie est suffisamment combattue ? Viens réagir au 01 45 24 20 20 dans Debattle le 15 novembre 2018. Du lundi au vendredi de 19h30 à 20h, c’est toi qui a la parole.