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Les Outre-mer choqués par les propos polémiques de Christine Angot sur l'esclavage
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Christine Angot dans l'émission "On n'est pas couché" du samedi 1er juin 2019.
Christine Angot dans l'émission "On n'est pas couché" du samedi 1er juin 2019.

Les Outre-mer choqués par les propos polémiques de Christine Angot sur l'esclavage

Élus et associations montent au créneau pour dénoncer l'absurdité des propos tenus par la chroniqueuse dans l'émission "On n'est pas couché".

Depuis sa diffusion samedi 1er juin, le talk-show de Laurent Ruquier a fait l'objet de plus de 900 signalements auprès du CSA.  La comparaison dressée par Christine Angot entre l'esclavage colonial et la Shoah a donné naissance à une vague d'indignation, qui s'est étendue hier aux élus et aux associations d'Outre-mer. Ils ont dénoncé des propos "inadmissibles" et "absurdes", susceptibles de "mériter une condamnation judiciaire".

Dans une réponse adressée à l'écrivain Franz-Olivier Giesbert, venu présenter son dernier roman, la romancière avait affirmé : "ce n'est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes. [...] Le but avec les Juifs pendant la guerre a bien été de les exterminer, c'est-à-dire de les tuer, et ça introduit une différence fondamentale avec l'esclavage des noirs, où c'était exactement le contraire. L'idée était, au contraire, qu'ils soient en pleine forme, qu'ils soient en bonne santé, pour pouvoir les vendre et qu'ils soient commercialisables."

Plusieurs associations d'Outre-mer ont réagi par le biais d'un communiqué commun dans lequel ils déplorent l'absurdité des propos tenus par la chroniqueuse. "Il n'y a pas de hiérarchie dans la souffrance générée chez les victimes de crimes contre l'humanité et leurs descendants !", ont-ils écrit. Des figures politiques locales se sont également insurgées, comme la députée socialiste de la Réunion Ericka Bareigts qui a expliqué avoir saisi le CSA dans un tweet posté lundi matin. L'élue LREM guadeloupéenne Olivia Serva est même allée plus loin en affirmant que les paroles de Christine Angot étaient "susceptibles d'être qualifiées de révisionnistes et de négationnistes des crimes contre l'humanité qu'ont été la traite négrière et l'esclavage colonial."

Laurent Ruquier n'a pas souhaité présenter d'excuses et évoque une "polémique inutile" sur son compte Twitter. De son côté, l'écrivaine a fait savoir par l'intermédiaire d'un texte partagé par son éditeur qu'elle regrettait  "de ne pas avoir réussi" à se faire comprendre, de n'avoir "pas su trouver les mots", et "d'avoir blessé" par son intervention.

D'autres personnalités ont exprimé leur colère liée à cette polémique, comme l'ancien footballeur Didier Drogba, qui a dénoncé une "incitation à la haine raciale", ou le rappeur Josman dans sa story Instagram.