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La presse en manque de liberté ?
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Une pile de journaux
Une pile de journaux ©Getty

La presse en manque de liberté ?

En France, une dizaine de milliardaires possèdent la plupart des grands médias français. Qu’il s’agisse de la presse écrite, de la radio ou de la télévision, les titres sont passés au fil des ans sous pavillon d’actionnaires fortunés.

Ils se nomment Patrick Drahi, Xavier Niel, Mathieu Pigasse, Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Bernard Arnault, Serge Dassault, François Pinaut, Daniel Kretinsky ou encore Arnaud Lagardère. Leur coeur de métier, ce sont les télécommunications, la banque d’affaires, l’agriculture, le BTP, le luxe, l'aéronautique et l'armement, l’habillement et l’édition. En France, ils détiennent pléthore de médias. Libération, BFMTV-RMC, I24News, L’express, Le Monde, L’Obs, Télérama, Courrier International, Radio Nova, Vice, Canal +, TF1, Les Echos, Le Parisien, Le Figaro, Le Temps, Le Point, M6, RTL, Europe 1, Le Journal du Dimanche, Paris Match. Il s’agit ici d’une liste non-exhaustive, nombre d’autres titres moins médiatisés sont entre leurs mains. 

Face à ce constat, beaucoup de Français s'interrogent et expriment leurs craintes et leur désarroi sur les réseaux sociaux notamment. “Les médias nous mentent”, “ils nous manipulent ”, “ Ils ne sont pas libres ”, “ Ils répondent aux exigences des milliardaires ”. Ces critiques sont quotidiennes et essaiment dans les commentaires d’articles, sur Twitter ou à la faveur de micro-trottoir sur cette question. 

Néanmoins, quelques journaux (le plus souvent des hebdomadaires) restent indépendants comme Le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo, Le 1, Vraiment, ou encore la revue XXI. Sur internet, il existe aussi Médiapart dont le slogan est d’ailleurs : « seuls nos lecteurs peuvent nous acheter ». Sans oublier les nombreux blogs qui existent et jouissent d’une totale liberté. Enfin, il y a bien évidemment l’audiovisuel public (dont fait partie Mouv’) dont le seul actionnaire est l’Etat et où tous les journalistes jouissent d’une grande indépendance. 

Cependant, être sous la coupe d’un actionnaire ne signifie pas que les journalistes sont soumis à son contrôle. Par exemple, une loi oblige l’existence de chartes dans tous les médias pour garantir la liberté, l’indépendance, le pluralisme des médias et réduire l’influence des investisseurs sur la ligne éditoriale. Théoriquement, un journaliste peut écrire ou enquêter sur n’importe quel sujet et même sur son principal actionnaire sans risquer d’être inquiété. Dans les faits, il se l’interdit - ce qu’on appelle de l’autocensure – et va souvent attendre qu’un confrère ou une consoeur d’un autre journal le fasse. Par exemple, un journaliste de Libération va enquêter plus facilement sur Xavier Niel, Daniel Kretinsky et Mathieu Pigasse (les trois actionnaires du Monde) que son homologe du Monde peut-être prompt à se pencher sur le cas de Patrick Drahi (propriétaire de Libération). 

Pour toi, les médias sont-ils libres et indépendants ? Viens réagir au 01 45 24 20 20 dans Debattle le 22 novembre 2018. Du lundi au vendredi de 19h30 à 20h, c’est toi qui a la parole.