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La langue française doit-elle évoluer ?
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Une bibliothèque rempli de vieilles éditions de livres
Une bibliothèque rempli de vieilles éditions de livres ©Getty

La langue française doit-elle évoluer ?

Au fil du temps, des mots disparaissent ou apparaissent dans le dictionnaire. Et certains termes employés dans de nombreuses conversations viennent directement des banlieues.

Les mots présents dans le dictionnaire sont passés en revue tous les dix ans. L’occasion pour les auteurs d’éliminer des termes vieillissants et inutilisés afin de laisser la place à des expressions qui sont entrées dans les moeurs. La dernière refonte a eu lieu en 2018. Par exemple, un mot comme « chaufournier » a été supprimé car ce métier (un ouvrier conducteur du four à chaux) n’existe plus. Cependant, si 10 000 mots ont été évincés en plus de 100 ans, 20 000 se sont insérés. Preuve que la langue est en perpétuelle évolution. 

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Dans le vocabulaire français, les anglicismes sont légion. « Week-end » est un exemple parfait car très peu de personnes utilisent l’expression « fin de semaine » pour parler du samedi et du dimanche. Il y en a d’autres comme « best-seller » pour parler d’un livre à succès, d’un « live » pour parler d’un direct ou encore d’un « dj » à la place de platiniste. Il est vrai que certains mots ne font pas rêver. Pourtant un décret publié en 1996 en oblige son usage parmi bien d’autres dans les papiers officiels afin de promouvoir la langue française. Néanmoins, dans la dernière édition du Robert Illustré, des anglicismes comme « drive » « cosplay » ou encore « darknet » ont débarqué. 

Bien que la culture anglo-saxonne soit prégnante dans notre société, de nouveaux mots souvent repris et mis en avant par les rappeurs, comme le suffixe « zer » très utilisé dans les textes de Booba, viennent directement des quartiers. C’est ce que montre un article de streetpress qui s’est intéressé à l’inventivité des habitants de Grigny. Ils auraient créé des expressions comme « c’est quoi les bayes » pour quoi de neuf ou encore « boug » pour un homme. L’argot est présent dans le dictionnaire avec le mot « bolos » par exemple qui est entré en 2015. Il ne vient pas de Grigny mais reste originaire de la région parisienne. Il a déjà une certaine histoire puisqu’au départ il désignait le client, le pigeon d’un dealer tandis qu’aujourd’hui il s’apparente à une personne naïve, à un bouffon. 

Pour toi, la langue française reflète-t-elle suffisamment notre diversité ? Viens réagir au 01 45 24 20 20 dans Debattle le 27 novembre 2018. Du lundi au vendredi de 19h30 à 20h, c’est toi qui a la parole.