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Parcoursup : un cas français unique en Europe ?
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Une étudiante britannique travaillant chez elle.
Une étudiante britannique travaillant chez elle. ©Getty

Parcoursup : un cas français unique en Europe ?

Alors que le premières réponses (et les premiers bugs) de Parcoursup parviennent depuis la mi-mai, Mouv' te propose de faire un point sur le système d'admission des principaux pays européens voisins.

Au Royaume-Uni, une sélection minutieuse

Chez les britanniques, les universités sélectionnent leurs étudiants en examinant le dossier scolaire et demandent également une lettre de motivation appelée aussi « personal statement ». Mais ce n’est pas tout, une lettre de recommandation d’un enseignant ou d’un tuteur peut-être réclamée pour certaines facs. 

Sur la plateforme de type Parcoursup appelée UCAS, les étudiants peuvent émettre cinq vœux au plus parmi les 400 établissements. Il s’agit d’un système très évolué qui fait partie des plus performants au monde. Certains établissements, souvent les plus illustres, font passer des entretiens oraux dans lesquels ils s’intéressent au profil du candidat en le questionnant sur ses activités extrascolaires.

En Allemagne, une sélection en amont des études supérieures

Mieux orienter dès le lycée pour éviter d’en payer les pots cassés à la fac : c’est le projet du système allemand, source d’inspiration de l’Education nationale française. Chez nos voisins allemands, le système établit une nette distinction entre les voies professionnelles (Hauptschule), technologiques (Realschule) et générales (Gymnasium) dès le collège. Un étudiant suivant le cursus Hauptschule ou Realschule ne pourra pas s’inscrire à l’université. La sélection se fait donc très tôt. 

Seules les études de médecine sont gérées par un organisme national. Pour le reste, les universités sont autonomes. Les facs allemandes sélectionnent leurs étudiants à partir d’un critère simple : leur moyenne générale obtenue à l’Abitur, l’équivalent du baccalauréat. Elles ne scrutent cependant pas le profil du bachelier puisqu’il n’existe qu’un seul bac en Allemagne. Les filières L, S ou ES n’existent pas. Les étudiants approfondissent deux matières lors de leurs deux dernières années de lycée mais cela ne prédétermine pas forcément leurs études supérieures. Au fond, l’université regarde avant tout la moyenne générale pour faire son choix. 

Un étudiant dans son campus universitaire ©AFP

En Espagne, le bac n’est pas toujours suffisant pour être bien classé

Le schéma espagnol, comme le modèle allemand, ne permet pas aux bacs techniques d’accéder aux filières universitaires classiques. Les étudiants détenteurs d’un bac technique sont orientés vers des formations professionnalisantes. En ce qui concerne les universités publiques comme privées, l’étudiant n’échappe pas à une sélection d’entrée. Elle se traduit par une moyenne des notes du baccalauréat et par la « selectividad ». C’est-à-dire que l’étudiant, après avoir validé un bachillerato (un bac local), est prié de passer des épreuves dites « facultatives » qui sont en réalité vivement conseillées. 

Elles permettent de gagner des points et de monter dans le classement final. Par exemple, dans les cursus les plus prisés, la note minimale d’admission est supérieure à 10 sur 10. Cela veut dire que les étudiants admis ont passé ces épreuves facultatives et obtenu des points bonus. Les droits d'inscription varient entre 5.000 et 10.000 euros par année universitaire dans le privé, contre 900 à 2.000 euros dans le public.

En Italie, on procède comme en France

Comme chez nous, l’obtention de l’équivalent du bac permet d’accéder à un grand nombre de filières. Les Italiens ont le choix entre la formation universitaire, la haute formation artistique et musicale et la formation technique supérieure.

Pour certaines disciplines, des tests d’entrée sont imposés afin d’éviter les erreurs de recrutement. C’est notamment le cas des spécialités artistiques comme les Beaux-Arts. 

Pays-Bas, le changement drastique

Alors qu’auparavant les étudiants hollandais devaient remplir un questionnaire de motivation, effectuer un stage d’immersion d’une journée et avoir un entretien avec des responsables de la filière choisie, le système de sélection a bien changé en 2017. Fini le parcours du combattant, une technique appelée matching, et place à la sélection sur dossier. 

Aujourd’hui, l’accès à la plupart des universités se fait sur la plateforme nationale Studielink. Il existe cependant certaines sections à numerus clausus, à savoir les sciences médicales, dentaires, vétérinaires et pharmaceutiques dont l’accès est limité. Un examen d’entrée supplémentaire est demandé. 

Des étudiants Erasmus allant en cours aux Pays-Bas ©Getty

La Suède donne une deuxième chance

L’égalité des chances est un pilier fondamental en Suède, il fonctionne également dans l’éducation. Ce n’est pas parce qu’un étudiant a reçu de piètres résultats au bac qu’il est condamné à l’échec. Deux catégories se dessinent : ceux qui sont sélectionnés sur dossier (les meilleurs) et ceux qui doivent passer un examen d’entrée. 

Environ 70% des étudiants sont sélectionnés sur dossier et le reste est admis sur examen. Cela permet une plus grande mosaïque de profils et encourage la diversité dans les universités.

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