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Esclavage : la France porte toujours certains stigmates
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Ces bustes se trouvent au mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre
Ces bustes se trouvent au mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre ©AFP

Esclavage : la France porte toujours certains stigmates

Dans plusieurs villes françaises, le nom de certaines rues font toujours références de négriers.

À Bordeaux, à Nantes, au Havre, à La Rochelle ou à Marseille, des rues arborent encore le nom de certains négriers. Une forme de célébration qui fait tâche alors que la traite des Noirs et l’esclavage ont été reconnus comme un crime contre l’humanité en 2001 par le parlement français. En France, le sujet reste quelque peu tabou. Très peu de lieux ou de musées sont consacrés à cette histoire et ce devoir de mémoire. On peut tout de même citer le mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes, un édifice important. Au temps du commerce triangulaire, la ville fut le premier port négrier de France. 

A Bordeaux, ville qui a fait fortune durant l’esclavage, l’association Mémoires et Partages souhaite que des panneaux explicatifs soient apposés dans les six rues qui portent le nom de négriers. Pour l’association, il ne faut pas les débaptiser car ce serait effacer la mémoire. Elle souhaite préserver cette marque du passé et « faire preuve de pédagogie et de vigilance pour les générations à venir » comme l’expliquait son président Karfa Diallo à France 3 en 2017.

Indemnisation 

Lors de l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, de nombreux propriétaires ont été indemnisés pour la perte de leurs esclaves comme le rapporte un reportage du CNRS. L’équivalent d’environ 192 000 euros (126 millions d'anciens francs à l’époque) ont été attribués. Les anciens captifs n’ont, eux, reçu aucun dédommagement pour les préjudices subis. 

Depuis le début des années 2000, plusieurs recours en justice ont eu lieu pour que des descendants d’esclaves soient indemnisés et des associations comme le Cran (conseil représentatif des associations noires de France) ont appelé à un geste de l’Etat. Pour l’heure, aucune décision n’est allée en ce sens. Le texte de loi de 2001 porté par Christiane Taubira qui reconnait l’esclavage et la traite négrière comme crime contre l’humanité ne comporte en revanche pas la moindre référence à cette question. 

Pour toi, la France se souvient-elle assez de l'esclavage ? Viens réagir au 01 45 24 20 20 dans Debattle le 3 avril  2019. Du lundi au vendredi de 19h30 à 20h, c’est toi qui a la parole.