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Cyber-harcèlement : de quoi on parle ?
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En France, 40 % des élèves de collège-lycée déclarent avoir déjà subi une agression en ligne ©Getty

Cyber-harcèlement : de quoi on parle ?

En France, 40% des ados ont déjà subi une agression en ligne. Insultes, intimidations, rumeurs… Mais au fait, le cyber-harcèlement, c’est quoi ?

Le cyber-harcèlement est une forme récente de harcèlement. Et en ligne ou non, le harcèlement, c’est violent. Ce n’est pas parce qu’il y a des écrans entre la victime et le harceleur que les attaques font moins mal.  Le cyber-harcèlement a des conséquences dans la vie réelle : chute des résultats scolaires, absences ou problèmes au travail, dépression… 

Qu’est-ce que le cyber-harcèlement ? 

Moqueries, menaces, propagation de rumeurs, diffusion de photos ou vidéos intimes, montages photo, usurpation d’identité… Le cyber-harcèlement peut prendre différentes formes, et avoir pour appui différents supports : sms, messageries instantanées, forums, chats, jeux en ligne, courriers électroniques, réseaux sociaux, blogs… 

En France, 40 % des élèves de collège-lycée déclarent avoir déjà subi une agression en ligne. Des chiffres qui ont de quoi nous alerter. Nous affoler même, non ?

  • Découvre quelques témoignages de victimes sur le site de la ZEP, une association qui aide les jeunes à se raconter.

Que dit la loi ? 

Depuis 2014, le cyber-harcèlement est considéré comme un délit. Il est ainsi défini par le Code pénal comme « le fait de tenir des propos ou d’avoir des comportements en ligne répétés ayant pour but ou effet une dégradation des conditions de vie de la victime », et cela que les propos tenus soient publics ou privés. 

Concrètement, une personne qui en harcèle une autre en ligne risque jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende ; 3 ans et 45 000 euros d’amende, si la victime a moins de 15 ans. 

Pas négligeable, depuis 2017, la prescription des délits est passée de 3 à 6 ans à compter du jour où l’infraction a été commise. Cela veut dire que le risque de laisser un cyber-harceleur impuni est amoindri. On a plus de temps pour le signaler, permettre aux enquêteurs de constater les faits, puis pour le retrouver et le punir.

Autre grande avancée : la loi promulguée le 3 août 2018 renforce la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Celle-ci prévoit (entre autres) de modifier la loi sur le harcèlement de façon à ce que ce dernier soit puni quand il est mené en groupe. En ligne de mire : les « raids numériques », quand une victime est submergée de messages haineux et sexistes venus de dizaines, voire de centaines d’internautes différents. Jusqu’alors, le droit sur le harcèlement ne pouvait pas s’appliquer puisqu’il supposait qu’une seule personne ait multiplié les messages. Aujourd’hui, une personne peut être tenue responsable de harcèlement dès les premiers messages envoyés. 1000 messages reçus de 1000 personnes différentes, c’est bien du cyber-harcèlement !

  • Un court-métrage réalisé par deux jeunes réalisateurs montre très bien comment le cyber-harcèlement peut partir de rien : Je suis #nightout.

Et maintenant, on fait quoi ? 

Au fil des ans, avec l’usage toujours plus important des réseaux sociaux, les faits de cyber-harcèlement se multiplient et prennent de l’ampleur. D’où la nécessité de toujours mieux protéger les victimes, mais aussi et surtout de limiter tout simplement 

Ces violences. Chaque année, ce sont trois à quatre ados qui se donneraient la mort après un épisode de cyber-harcèlement ! Alors avant de poster quoi que ce soit sur les réseaux, on réfléchit à ce qu’on écrit et à la portée de ses actes.

Comment réagir quand on est victime de cyber-harcèlement ? Comment s’en protéger en quelques clics ? À suivre sur Mouv’, une journée spéciale "Mouv’ s’engage contre le cyber-harcèlement", jeudi 31 janvier. Tu as toi-même été témoin ou victime de cyber-harcèlement ? Tu as des conseils à donner à ceux à qui cela pourrait arriver ? Partage avec #mouvsengage.

Sonia Dechamps