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Coût de la vie étudiante : les syndicats partagés
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Coût de la vie étudiante : les syndicats partagés
Coût de la vie étudiante : les syndicats partagés ©Radio France

Coût de la vie étudiante : les syndicats partagés

L'un constate une augmentation pour l'année à venir, l'autre une diminution.

Qui dit fin des grandes vacances, dit rentrée scolaire. Pour les plus jeunes, elle aura lieu ce lundi 3 septembre. Dans l’enseignement supérieur, elle intervient généralement plus tard. Parfois courant octobre. Ce qui n’empêche pas les syndicats étudiants de déjà s’activer .

Le 20 août dernier, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) publiait son enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante  pour l’année à venir. À en croire ce dernier, la rentrée 2018 coûtera 1.3% plus cher  que l'année précédente. Et ce, alors même qu’elle était déjà en hausse de 2,1%, toujours selon l’UNEF.

Mais la question divise. En effet, lundi 27 août, la FAGE , première organisation étudiante , publiait également ses résultats. Et pour la Fédération des associations générales étudiantes, le coût de la rentrée va plutôt diminuer de 6,79% . Une évolution inédite depuis 2002.

Alors la rentrée universitaire va-t-elle coûter plus cher ou moins cher aux étudiants cette année ?

Différentes méthodologies

"J’ai lu attentivement l’enquête de l’UNEF, et leurs chiffres sont justes " , explique Jimmy Losfeld, président de la FAGE . Et d’ajouter, "simplement leur méthodologie est différente  de la nôtre" .

"Pour notre enquête, nous nous sommes appuyés sur quatre profils" , précise Lilâ Le Bas, présidente de l’UNEF . Lesquels sont boursiers , non-boursiers , de 20 ans et plus , et de moins de 20 ans . Voilà un dernier point qui mérite d’être clarifié.

Avec [la suppression du régime de sécurité sociale étudiante](https://www.francetvinfo.fr/sante/patient/droits-et-demarches/fin-des-mutuelles-etudiantes_2444194.html  )  par le gouvernement, remplacé par un rattachement progressif de l’ensemble des étudiants au régime général de sécurité sociale, les étudiants n’auront plus à verser la fameuse cotisation de 217 euros. En revanche, une nouvelle contribution  de "vie étudiante et de campus", d’un montant de 90 euros, voit le jour.

"Si on se concentre sur le profil des étudiants de plus de 20 ans, il ne paye effectivement pas plus cher" , concède Lilâ Le bas. De son côté, Jimmy Losfeld se félicite, "au moins un million d’étudiants gagneront en pouvoir d’achat" .

Même s’il y a quelques trous dans la raquette.

Logement et transports comme plus gros postes de dépense

Si la FAGE  préfère "saluer le progrès quand il est là" , ainsi que le souligne Jimmy Losfeld, la fédération ne se voile guère la face. Il semblerait même, en bien des points, qu’elle soit d’accord avec son "rival", l’UNEF . Notamment sur les progrès à faire en matière de logement et de transports.

La part du budget étudiant consacré à l’habitation reste de 54% . Pour eux, Paris reste la ville la plus cher. Selon l’UNEF, il faudra compter 830 euros mensuels pour l'année à venir . Mais paradoxalement, la capitale n'est pas le lieu où la hausse des prix des loyers est la plus forte. Contrairement à Nanterre (+4,90%), Le Havre (+3,07%) Lyon (+2,85%) ou encore Poitiers (+2,50%).

Ainsi, les deux organisations se positionnent en faveur d’un retour à l’encadrement des loyers , la loi visant à limiter l'évolution du loyer d'un logement. À Paris, comme à Lille, la mesure avait été annulée par la justice. Mais dans la ville lumière, la municipalité a d’ores et déjà annoncé son souhait de la rétablir , dans le cadre de la loi logement 2018 (Elan) portée par le gouvernement. "Après Paris, on espère que d’autres villes universitaires suivront",  confie Lilâ Le Bas.

D’autant que l’avenir des Aides pour le logement (APL)  est au cœur des préoccupations. Car après la baisse de 5 euros en 2017 , et le gel appliqué cette année, des économies sont encore attendues en 2019. Les APL n’augmenteront alors que très légèrement jusqu’en 2020, de l’ordre de 0,3%.

Ajoutez à cela le prix des transports, et la vie estudiantine devient étouffante. "Il faut un développement des tarifs jeunes" , explique Jimmy Losfeld. Dix agglomérations, dont l'Île-de-France, pratiquent des tarifs supérieurs à la moyenne nationale qui est de 269,49 euros selon les chiffres de l'UNEF.

Quelles solutions ?

Là encore, l’UNEF et la FAGE s’accordent sur le fait qu’il faille changer les choses. Mais les solutions diffèrent. "Il y a un vrai manque de politiques à destination des jeunes" , se désole la présidente de l’UNEF. "On a une génération plus nombreuse qui veut faire des études et c’est bien. Mais il faut pour ça leur en donner les moyens".

Ainsi, l’UNEF réclame une revalorisation de 20% des bourses et des aides pour le logement , et un élargissement du système d'aide, alors que 73,5% des étudiants en sont exclus selon le syndicat de gauche. " Le montant maximum d’une bourse est de 555 euros  par mois et le seuil de pauvreté à plus de 1000 euros par mois" , s’étonne Lilâ Le Bas.

Résultat, nombreux sont les étudiants qui doivent demander de l’aide à leur famille, ou travailler en parallèle de leurs études, au risque de s’en détacher. 46%  des étudiants sont dans cette situation.

La FAGE, elle, se méfie d’un "systèmes à plusieurs vitesses entre boursiers et les autres. Nous militons pour la mise en place d’une aide globale d’indépendance [AGI], qui permettrait de fusionner l’ensemble des aides sociales étudiantes dans un seul et même dispositif".

Concrètement chacun souhaite remettre à plat le système étudiant . Car exit cette diminution symbolique qui concerne un profil en particulier, d’autres problèmes viennes se greffer comme celui des frais de complémentaire santé.

Pareil pour les frais d’inscriptions dans certaines formations, " surtout sanitaires et sociales, et les écoles d’ingénieurs ou les frais d’inscription sont passés pour plusieurs étudiants, de 615 à 2500 euros l’année " , déplore Jimmy Losfeld.

Hors des murs de l’université, peut-être le nouveau combat à venir...

Crédit photo : CHARLY TRIBALLEAU / AFP