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Algérie : les 6 dates-clé de la mobilisation
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Des algériens et algériennes manifestent le 9 avril ©Radio France

Algérie : les 6 dates-clé de la mobilisation

En quelques semaines, la population algérienne s’est soulevée pour dire non à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika et réclamer un nouveau système politique.

10 février 2019 

Le président algérien au pouvoir depuis 1999 indique sa volonté de se représenter pour un 5ème mandat consécutif d’une durée de 6 ans. Pourtant, en prise avec de nombreux problèmes de santé depuis des années, il ne semble plus, à 82 ans, en mesure de pouvoir gouverner depuis longtemps et n’apparait en public qu’à de très rares occasions. A l’origine, il n’aurait dû faire que deux mandats comme la constitution le prévoyait. Seulement, en 2008 il a fait supprimer cet article de la constitution pour pouvoir se représenter.  Néanmoins, en 2016, cette mesure a été réintroduite. 

22 février 2019

C’est la première mobilisation d’une longue série qui va faire vaciller le pouvoir. Au fil des vendredis de manifestations, les rassemblements s’intensifient et les manifestants sont de plus en plus nombreux dans différentes villes du pays. Parmi eux, de nombreux jeunes qui ont la vingtaine, peu de perspectives d’avenir et n’ont connu que Bouteflika au pouvoir. En Algérie, 45 % de la population a moins de 25 ans. 

3 mars 2019 

Pour tenter de calmer la colère de son peuple et probablement sauver le système politique qu’il a mis en place, Abdelaziz Bouteflika confirme son souhait de se représenter une cinquième fois mais promet, s’il est élu, de ne pas aller au terme de son mandat et d’organiser une élection présidentielle anticipée. En résumé, il (ou son entourage) cherche à gagner du temps pour préparer sa suite et trouver le candidat idéal. 

11 mars 2019 

Le Président décide de reporter l’élection présidentielle et promet de quitter le pouvoir après une période transitoire sans donner de date. Les principaux soutiens de Bouteflika le lâchent dont l’armée qui jusque-là le protégeait. Quinze jours plus tard, le chef d’Etat-major de l’armée réclame qu’il soit déclaré inapte. Dans la foulée, plusieurs partis politiques associés au pouvoir vont dans le même sens. 

2 avril 2019

Acculé et face aux rues qui ne désemplissent pas malgré ses tentatives pour conserver la main, Abdelaziz Bouteflika finit par renoncer et s’engage à quitter la présidence avant le 28 avril. Dans une lettre aux Algériens, il leur demande « pardon » et espère que son successeur sera à même de conduire les espérances de son peuple. Son renoncement a été accueilli à Alger notamment par un concert de klaxons dans la rue. 

9 avril 2019 

Abdelkader Bensalah est nommé président par intérim de l’Algérie pour une durée de trois mois. Il devra organiser la prochaine élection présidentielle durant ces 90 jours. Beaucoup d’Algériens contestent ce choix. Pour eux, c’est une période trop courte qui empêche l’émergence de nouvelles figures politiques mais également ouvre la possibilité pour le pouvoir actuel de garder la mainmise sur l’Etat. Jusqu’à présent, Bensalah était le président du Conseil de la nation depuis 17 ans. C’est l’équivalent du Sénat en France. Il incarne le « système » pour de nombreux opposants qui souhaitent que, lui aussi, quitte ses fonctions. 

Tu penses quoi de la mobilisation algérienne ? Viens réagir au 01 45 24 20 20 dans Debattle le 9 avril  2019. Du lundi au vendredi de 19h30 à 20h, c’est toi qui a la parole.