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"Space Hippie" : avec sa collection en matière recyclée, Nike verdit son image
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Les semelles des quatre modèles sont construites avec une mousse utilisant 15% de caoutchouc recyclé.
Les semelles des quatre modèles sont construites avec une mousse utilisant 15% de caoutchouc recyclé. ©Radio France

"Space Hippie" : avec sa collection en matière recyclée, Nike verdit son image

La marque au Swoosh annonce quatre modèles inédits fabriqués à partir de déchets d'usine.

"Space Waste Yarn", c'est le nom donné par les designers de Nike pour leur nouveau matériau "green". Une maille "100% recyclable", annonce la marque, obtenue entre autres à partir de "bouteilles en plastiques, de T-shirt et tout autres déchets d'usine".  Sur le site de lancement dédié à la collection "Space Hippie", John Hoke, le chef du design de la marque au swoosh, définie cette nouvelle technologie comme "un artefact du futur [mais] aussi une idée. L'idée que nous puissions comprendre comment faire plus avec moins de matière, moins d'énergie, moins de carbone." Et Seana Hannah, responsable des bureaux d'innovation durable de la marque d'ajouter : "nous croyons que le future de la production sera circulaire."

Nike rattrape son retard sur Adidas

Circulaire, un terme déjà employé l'année dernière par Adidas, lors du lancement de son modèle Futurecraft loop. Un modèle de running composée à 100% de matière recyclée, et censée être recyclable entièrement et à l’infini. La course à la chaussure propre vient donc seulement de commencer, et pour Christophe Lepetit, économiste du sport contacté par Mouv', il y a d'abord une raison stratégique.

"Certaines marques, certains produits sont de plus en plus pointés du doigt pour leur manque d’éthique écologique et sociale. " Le responsable des études économiques du CDES, le Centre de Droit de l'Economie du Sport, voit dans ces nouvelles collections « green », une manière pour Nike et Adidas de reverdir leur image et d’assurer leurs arrières. "Si ces grandes marques n’avaient pas développé ces technologies plus propres, elles auraient laissé des plus petites marques, des outsiders, s’engouffrer dans la brèche. C’est ce que le français Veja a tenté de faire, certes sur un marché plus haut de gamme".

Plus que du Greenwashing ?

Mais pour l'économiste, la "sneakers verte" n'est plus un marché de niche. "Il y a une vraie demande pour ce type de produits, une nouvelle demande sociale. C’est une tendance de fond"__. La position de monopole de Nike et Adidas doit également les contraindre d’investir dans des technologies moins polluantes. Elles auraient selon lui "une responsabilité, un devoir moral". Du moins c’est ce qu’il l’espère. "Si c’est seulement du Greenwashing, ça n’aura aucun impact. Le mieux serait qu’ils utilisent des déchets collectés localement et surtout vendus localement", rappelle Christophe Lepetit.

Avec cette nouvelle collection "Space Hippie", Nike accélère son engagement dans une production plus respectueuse de l'environnement, amorcée notamment par son programme “Move to Zero” lancé en septembre dernier. "Avec "Move to Zero", nous visons à atteindre le zéro déchet et une empreinte carbone nulle", indique le site internet de Nike. Dans les faits, le fabricant de l'Oregon s'est engagé à "réduire de 30% l’empreinte carbone de [sa] chaîne logistique mondiale d’ici 2030". L'occasion également de valoriser son nouveau centre de distribution dédié au marché européen basé en Belgique. Une usine "entièrement alimenté en énergie renouvelable et [qui] recycle 95 % de ses déchets", annonce le fabriquant.