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Karim Benzema, Booba, SCH... Rencontre avec les opticiens des stars
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Karim Benzema entouré des frères Abergel : John (à gauche) et Baruk (à droite) - Capture écran Instagram (@opticien.dexception)
Karim Benzema entouré des frères Abergel : John (à gauche) et Baruk (à droite) - Capture écran Instagram (@opticien.dexception) ©Radio France

Karim Benzema, Booba, SCH... Rencontre avec les opticiens des stars

Chez Opticien d'exception à Strasbourg, les stars dont la crème du rap français défilent pour se procurer des lunettes vintage rare. Une boutique gérée par deux frères, John et Baruk Abergel.

"J’suis en lunette Cartier (Posé dans le quartier)", chante le rappeur Bramsito sur le morceau Sale Mood en featuring avec Booba. Véritable accessoire de mode, les lunettes de style vintage sont devenues indispensables au look des rappeurs et rappeuses. Et beaucoup se fournissent au même endroit : la boutique Opticien d'Exception à Strasbourg. 

Karim Benzema avec le gérant d'Opticien d'exception, John Abergel - Capture d'écran Instagram (@opticien.dexception)
Karim Benzema avec le gérant d'Opticien d'exception, John Abergel - Capture d'écran Instagram (@opticien.dexception) ©Radio France

Des clients d'exception : Booba, Karim Benzema, Ninho, SCH....

C'est sur les réseaux que deux frères, John (39 ans) et Baruk (42 ans), gérants du commerce, se sont faits connaître comme le raconte l'aîné : "Ce sont d'abord les collectionneurs qui se sont intéressés à nous et puis, petit à petit les artistes. Tout d'un coup, tout le monde voulait des lunettes vintage. Pour nous, c'était magnifique." L'artiste et youtubeur Swagg Man, condamné à une peine de cinq ans de prison pour escroquerie et blanchiment d'argent en Tunisie en mars 2021, également grand collectionneur de lunettes, offre une première visibilité aux opticiens d'exception. 

Je me suis retrouvée de Strasbourg au Real de Madrid, ça n'a aucun sens. 

Une première pierre d'un édifice qui va rapidement prendre de l'ampleur : "Petit à petit, ça s'est enchaîné, Seth Gueko nous a contacté, puis Ninho à ses débuts, c'était encore un petit bébé (rires), et ensuite il y a eu Soolking, SCH, Alonzo, Lacrim..." Rapidement les artistes se passent le mot et les réseaux amènent une nouvelle clientèle à la fratrie. Jusqu'à la consécration : "Notre plus grosse fierté, ce sont les deux icônes : Karim Benzema et Booba.__" 

Ninho avec Baruk et John Abergel - Capture d'écran Instagram (@opticien.dexception)
Ninho avec Baruk et John Abergel - Capture d'écran Instagram (@opticien.dexception) ©Radio France

Deux rencontres qui ont marqué John et Baruk. Pour la star du football, ils se déplacent jusqu'à Madrid où Benzema les accueille chaleureusement : "Il a halluciné de voir notre stock alors qu'il en cherchait depuis des années. Depuis, nous sommes son unique fournisseur. Ça me fait toujours quelque chose de le voir nous taguer sur ses posts instagram." Souvent, au cours de l'échange, John n'hésite pas à rappeler sa chance : "Cette histoire est irréelle. Ça ne veut rien dire, je me suis retrouvée de Strasbourg au Real de Madrid, ça n'a aucun sens." 

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John n'en revient toujours pas que ses lunettes, qui vont de 400 à 10 000 euros, soient portées sur des pochettes d'albums comme celle de M.I.L.S III de Ninho et dans les clips dont ceux de Booba qu'il rencontre en Espagne. Il se souvient : "J'appréhendais. J'avais appelé Karim Benzema pour lui demander de passer un coup de fil à Booba qu'il lui dise que je faisais partie de la famille, qu'il n'avait pas besoin de faire le colosse devant moi (rires)." La pression monte lorsque John se trompe d'hôtel et arrive une heure en retard au rendez-vous : "Je me suis dit : je vais arriver, je vais me faire insulter. Alors qu'il a été adorable. Il revenait du sport et m'a rassuré en me disant de prendre mon temps."

Une success story 

Un succès retentissant qui ne l'a pas toujours été. Opticiens à Strasbourg, les deux frères se voient dans l'obligation il y a dix ans de fermer deux boutiques sur les trois qu'ils détiennent pour des raisons financières. Malgré tout, l'aîné, passionné par les rappeurs et rappeuses américains veut miser sur le vintage : "Les artiste hip hop portaient de la lunette rare et ancienne dans leurs clips", explique-t-il, "Je me suis alors mis  à acheter énormément de stock, je sais pas ce qui m'a pris (rires)'". Baruk sent que le retour à la mode du vintage ne va pas tarder à s'exporter en France. Il commence alors à chiner pour acheter des modèles uniques, rares : "J'ai fait ça pendant des années. Je me rendais à des brocantes, je faisais des affaires sur Leboncoin ou avec des particuliers..." De Tupac en passant par Michael Jackson, Notorious big,Prince ou encore Elton John, les deux frères possèdent les modèles uniques d'origine des années 80 identiques à ceux que portaient de nombreuses célébrités. 

Notre boutique a un côté un peu inaccessible qui nous plaît.  Non seulement nos lunettes ne sont pas faciles à avoir et en plus, il faut se déplacer loin pour les acheter.

Si leur réussite est aujourd'hui indéniable, le cadet a eu ses doutes lorsque Baruk lui soumet l'idée : "Mon frère me disait : tu fais quoi avec ces lunettes ? On va rien en faire, c'est des lunettes d'il y a 40 ans. Dans la lunette, ce que veulent les gens c'est la dernière paire qui est sortie". J'ai répondu : "Tu sais quoi, je le sens bien, on verra. C'est un coup de poker mais ça se tente." Un coup de poker qui fait jackpot puisque les frères fournissent aujourd'hui à travers toute l'Europe. Mais ils n'oublient jamais que leur clientèle principale reste l'achat de lunettes classiques que les gens viennent chercher"chez l'opticien de Benzema". 

Prochaine étape : conquérir le marché de Dubaï et celui des Etats-Unis même si rester à Strasbourg est une volonté : "Ça a un côté un peu inaccessible de ne pas être à la capitale qui nous plaît. Non seulement nos lunettes ne sont pas faciles à avoir et en plus, il faut se déplacer loin pour les acheter." À l'intérieur de la boutique, derrière une porte dérobée, un showroom attend les clients des lunettes vintage qui entrent pour vivre "une expérience." Le nom du magasin des deux frères, que John a mis du temps à assumer, est à l'image de leurs ambitions. Deux opticiens qui voient tout en grand.