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Comment le masque est devenu stylé
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Le masque, presque un accessoire de mode porté sur scène
Le masque, presque un accessoire de mode porté sur scène ©Getty

Comment le masque est devenu stylé

Depuis l’épidémie d’une forme de coronavirus en 2003 en Chine, porter un masque est une habitude quotidienne des Asiatiques au point d’en devenir un accessoire de mode à travers le monde.

A l’heure où le Covid-19 fait de plus en plus de victimes en France, le port du masque pour les personnes malades est devenu un devoir civique. Mais ces dernières années, les masques - qui inspirent parfois la crainte - se sont transformés en véritables accessoires de mode. En 2015, l’artiste chinoise Masha Ma avait créé l’événement à la Fashion Week de Paris, en faisant défiler des mannequins avec des masques. En Australie, l’accroissement de la pollution a donné naissance à Ausair, la marque commercialise des masques filtrants aux différents coloris. 

"Il y aura un avant et un après coronavirus"

La marque Vogmask est présente en France, mais connaît surtout un succès aux Etats-Unis qui représente 80% de la demande notamment à cause des incendies en Californie. Grégoire Dandres représente la marque américaine en France. Il est convaincu qu’il y aura un bouleversement des mœurs françaises après l’épidémie de coronavirus : "C’est clair qu’il y aura un avant et un après coronavirus. On le voit déjà au niveau des normes. Il y a deux mois, personne ne savait ce qu’était un masque FFP2. On se moque beaucoup des Asiatiques parce qu’on les voit se balader avec des masques. Mais quand ils en mettent, c’est pour protéger les autres.

Il y a 5 ans, l'objectif des créateurs de Vogmask était de contourner l’aspect anxiogène de cet objet. “L'idée était de créer un masque qui protège mais en plus, qui en dédramatise l’usage pour les occidentaux qui n’ont pas l’habitude de ce geste là. ‘Je met un masque mais je ne fais pas peur aux grands-mère dans la rue’. Ça fait pas braqueur de banques” poursuit Grégoire Dandres.

Aujourd’hui,  des marques de luxe comme Off-white, Fendi ou encore Gucci, commercialisent aussi des masques mais dont l’usage est purement esthétique. 

De l’épidémie à la K-pop

Entre 2002 et 2003, le virus SRAS-CoV, qui appartient à la famille des coronavirus, a tué plus de 7 000 personnes en Chine et à Hong-Kong. Depuis cette épidémie mais aussi à cause de la pollution, le masque chirurgical fait partie intégrante de la vie des populations de l’Asie de l’Est. 

Les artistes de K-pop japonais et sud-coréen notamment, ont ensuite eu l’idée de détourner l'utilité de ces masques en les intégrant à leur clips. Mais les masques blancs évoquaient trop l’univers hospitalier, ces artistes ont donc fait le choix de s’afficher avec des masques noirs. A noter que le roi de la pop, Michael Jackson portait régulièrement des masques noirs, difficile de savoir s'il en est l'inspiration ou non. La jeunesse asiatique s’est alors ruée vers ce nouvel accessoire à la mode. 

Les boys-band comme Kis-My-Ft2, BTS boys ou Exo contribuent encore aujourd’hui à adoucir l’image du masque dans leurs pays et au-delà. Porter un masque est un geste totalement naturel dans cette région du monde, au point que dans une interview accordée au média américain Vox, la chercheuse Christina Xu soutient que le masque a une utilité aussi essentielle que les lunettes.

Des marques asiatiques comme Bathing Ape capitalisent sur cette tendance. Le duo de rappeurs Ayo & Teo, les interprètes du titre Rolex, ont offert une jolie publicité à l’entreprise japonaise. Lassés par les moqueries concernant leurs expressions faciales, les deux rappeurs américains ont fait des masques Bathing Ape leur signature. 

Qu’ils soient stylés ou non, les masques chirurgicaux et les masques FFP2 (plus protecteurs) sont devenus de plus en plus prisés en France. Et le personnel soignant qui en manque cruellement martèle le même message : pour limiter la propagation du Covid-19, les masques doivent aller en priorité aux soignants.