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Les meilleurs beefs du rap US
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Les meilleurs beefs du rap US
Les meilleurs beefs du rap US ©Radio France

Les meilleurs beefs du rap US

Entre le choc suite à l'affrontement Pusha-T contre Drake et les trolleries à répétition du turbulent Tekashi 69, petit retour sur une spécificité du rap qui, quand ça ne va pas trop loin, donne souvent des morceaux mémorables.

Sélection malheureusement non-exhaustive, mais si on devait lister absolument tout le monde, il y en aurait pour 3 articles minimum. D’ailleurs c’est assez tentant, mais ce sera pour une autre fois. Voici déjà les rappeurs les plus marquants dans cette discipline bien particulière.

La récréation : Cam'ron

Cam'ron a un historique de clash assez fournis (entre autres contre Jay-Z, Nas, 50 Cent...) mais sa particularité c'est qu'il arrive presque systématiquement à populariser au moins une vanne qui finit par rester en tête, soit parce qu'elle est particulièrement drôle, soit parce qu'elle est stupide, soit parce que personne n'aurait osé un tel manque de respect. On peut donc noter le coup des moqueries sur l’âge de Jay-Z et le fait qu’il porte des sandales, le génial « c’est peut-être un gorille mais avec des dents de lapin » pour Fifty et le sympathique moment où Killa Cam a demandé à Nas de dire à sa fille de 8 ans qu’il allait « lui faire une R. Kelly ».

La froideur : Gucci Mane vs Jeezy

Comme tous les meilleurs beefs, il s’agit d’une histoire qui couvait depuis bien longtemps et qui a fini par éclater de la pire des façons. Concrètement suite à une embrouille qui a suivi leur collaboration sur le titreIcy , les deux rappeurs se détestaient et Jeezy a même promis 10 000 dollars à quiconque lui ramènerait la chaîne de son rival. Manque de pot l’équipe qui est parti chez Gucci a échoué et le rappeur en légitime défense a carrément tué un de ses assaillants. Du coup, quand Jeezy a relancé les hostilités lors d’une interview, Gucci Mane a répondu en musique sur le titre Truth . Ce qui nous a logiquement offert les phrases les plus hardcores de la liste puisque le Trap God a 2 angles d’attaque : rappeler à Jeezy qu’il a baisé son ex Keyshia Cole, et surtout lui expliquer que son pote est mort par sa faute, qu’il laisse derrière lui un fils orphelin, et que s’il doute du sérieux de Gucci Mane il n’a qu’à déterrer son pote pour lui demander directement ce qu’il en pense. Si on ajoute à ça que Gucci a interprété ce morceau à Atlanta juste pour provoquer son adversaire (avant que la police arrête tout en raison des risques de représailles), on a le haut du panier niveau haine.

Notons que ce clash a inspiré un autre rappeur peu connu, OG ManMan. En beef avec un MC nommé Big Flock, il est allé tourné le clip de son diss-track sur la tombe de son meilleur ami, brandissant des armes, bref la totale. Comme n'importe qui avec un cerveau pouvait s'y attendre, la partie adverse a considéré que le gars est allé un peu trop loin et OG a été tué.

Le bourrinage : Tupac

Aujourd’hui le clash Tupac vs Biggie est surtout synonyme de regrets et laisse l’impression d’un énorme gâchis puisqu’à peu près tout le monde s’accorde à dire que c’était avant tout deux grands artistes que l’on a perdus. En revanche, certains morceaux restent, et Hit em up en fait partie. Si du côté de Notorious B.I.G le style était plutôt subtil (rappelons que le rappeur new yorkais avait toujours affirmé que Who sho ya n’était pas du tout un clash envers le Californien), côté Death Row, on n’avait pas trop le temps de rigoler. C’est donc ce qui a donné ce morceau resté dans la légende avec Pac et son crew qui se défoulent sur leurs ennemis, et pas seulement Biggie ou Bad Boy Records : si on ajoute l’outro, Shakur poursuit avec à peu près toutes les têtes de New York qui lui déplaisent, dont notamment Mobb Deep, dont la moitié Prodigy a droit à une dédicace assez cruelle qui évoque sa maladie du sang.

La détermination : Remy Ma vs Nicki Minaj

Remy Ma vs Nicki Minaj, c'était un peu la version féminine de Pusha-T vs Drake. Concrètement Nicki a fait l'erreur de penser que sa célébrité allait empêcher son adversaire d'avoir un impact si elle l'attaquait. Erreur fatale puisque Remy est à la fois une vraie kickeuse, mais aussi une femme qui a une réputation solide niveau rue/street-cred etc (un peine de prison assumée), bref, ce n'est pas le même monde. Remy a donc tranquillement accumulé les dossiers sur Nicki et tout balancé dans Shether, qui reste sans réponse officielle jusqu'à présent. Concrètement, outre ses histoires de cul au sens propre comme au figuré (elle liste tous ceux que Nicki s'est tapé façon promotion canapée et rappelle que ses implants fessiers ont connu quelques soucis), et les attaques sur ses lacunes en rap, on a aussi droit à un fatal rappel concernant le frère de la Barbie : impliqué dans une affaire de pédophilie, c'est Minaj qui l'a sorti d'affaire. K.O.

La hargne : Eminem

Ce n’est un secret pour personne, Slim Shady s’est forgé une solide réputation dans les battles d’improvisation qui l’opposaient à d’autres MC’s. Du coup, quand d’autres rappeurs ont eu la brillante idée de s’en prendre à lui publiquement, ses réponses ont systématiquement été sanglantes. On a d’abord Everlast qui dans I Remember se prend tout un story-telling où le rappeur de Detroit se fout de sa gueule, mention spéciale au passage où Em dit qu’il a éclaté de rire en apprenant qu’il avait eu une crise cardiaque ; puis cette fabuleuse période où Ja Rule a impliqué la fille de Marshall dans leur beef, ce qui a donné naissance à pas moins de 3 ou 4 réponses sur différents morceaux, et un souvenir ému également du moment où Shady a répondu à son ex Mariah Carey sans aucun complexe en lui rappelant notamment que vu qu’il est éjaculateur précoce, elle « s’en est pris sur la poitrine, la face et les cheveux », le tout ponctué d’extraits de messages vocaux de la chanteuse datant de l’époque où ils étaient encore en couple. Joli.

Pour vous donner une idée du niveau qu’on lui prête, rappelez-vous simplement ce que Game avait répondu lorsqu’on lui demandait ce qu’il ferait si jamais le beef entre lui et 50 Cent avait aussi impliqué Eminem : « j’aurais fui… je m’en serais jamais pris à ce Blanc, parce que lui, c’est un problème, il est trop dangereux ».

La ténacité : Pusha-T vs Young Money

Contrairement à ce qu'a pu croire une partie du grand public qui ne le connaissait que de loin, Pusha a un long passif avec certains membres du label de Lil Wayne, à commencer par Weezy lui-même, et bien sûr Drake. Le morceau qui cristallisait le plus son mépris pour cette équipe était sans conteste Exodus, où il souligne avec ironie ce qu’il considère comme le début de la fin du label, en déclarant que Birdman a signé un « négro attardé » (Lil Wayne) qui a lui-même signé d’autres négros attardés (Young Money). Et plus récemment il y a bien sûr Story of Adidon qui est une frappe chirurgicale tant absolument rien n’a été épargné à Drake : les vannes sans pitié sur la maladie de Noah Shebib, le blackface, ses rapports avec son père, la révélation sur son enfant avec une pornstar... A savoir que le très sérieux site Billboards s’est même demandé si le morceau pouvait être attaqué en justice, c’est dire la violence de la chose.

Le machiavélisme : 50 Cent

De toute la liste, Fifty n’est clairement pas le meilleur parolier, mais il est celui qui a le mieux compris ce que peut représenter un beef comme puissance de promo s’il est bien amené. A chaque fois qu’il s’est attaqué à quelqu’un, ça a boosté sa popularité. En fait il a inauguré le bal sur How to rob où, déjà auréolé de sa réputation dans la rue, il détaille simplement comment il imagine dépouiller plus d’une dizaine de stars du rap de l’époque. Bingo : ils sont nombreux à lui répondre, y compris ceux qui sur le moment étaient pourtant à des années-lumière en terme de notoriété. La formule se poursuit sur le célèbre Wanksta qui devient carrément un single bastonné en radio et télé, et le bonhomme récidive de plus belle avec Piggy Bank où Nas, Jadakiss et Fat Joe sont attaqués. Chacun lui a répondu, mais le piège s’était déjà refermé : la popularité de Fifty a garanti à ses attaques bien plus d’exposition que les autres.

Le choc des titans : Jay -Z vs Nas

Chacun a son avis sur qui a gagné ou perdu ce beef mémorable qui démarre suite à l’attaque frontale de Hova sur sonThe Take Over  qui a engendré un feuilleton incroyable puisqu'une bonne partie de la scène new yorkaise a été divisée en deux, chacun prenant parti. En revanche, avec le recul, le morceau Ether de Nas a une qualité toute particulière, c’est le ton employé. Nas prend un peu le rôle du père qui gronde son enfant, il n’y a pas un seul instant où il semble prendre son adversaire au sérieux. Et le passage sur sa laideur vaut son pesant d’or.

Crédit photo : James Devaney + Kevin Mazur / Getty Images