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Rap US : les femmes qui comptent en 2019
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Cardi B / Nicki Minaj / Cupcakke / Cuban Doll
Cardi B / Nicki Minaj / Cupcakke / Cuban Doll ©Getty

Rap US : les femmes qui comptent en 2019

Des poids lourds aux nouvelles têtes en passant par les ovnis, les inclassables et celles qui pourraient créer la surprise, petit tour d’horizon du rap game des Amériques, version chromosome XX.

Le 8 mars se tient la journée internationale des droits des femmes et le 6 mars 2019 c’était l’anniversaire des 18 ans de la sortie du single/tube/classique Get Ur Freak on de Missy Elliott, alors l’occasion était trop belle : c’est parti pour une petite sélection des dames du rap game actuel (les pionnières ont été exclues faute de place, mais on en a déjà parlé ici et ).

Nicki Minaj

Le moins que l’on puisse dire c’est que le retour de Nicki Minaj a été un peu plus mouvementé que prévu. Promo parasitée par l’opposition larvée puis le clash frontal avec Cardi B et Travis Scott pour des questions assez banales de "qui que c’est-y qui est le numéro 1 des charts sans tricher", vie privée qui fait jaser (son compagnon actuel a été condamné pour viol), roue libre sur son émission Queen Radio… Avec tout ça, on en oublierait presque le principal : la musique. Et ce serait une monumentale erreur comme dirait Jack Slater, car au micro, sa recette est encore efficace. En terme de statut, Onika Tanya Maraj fait toujours partie des titulaires incontestables dans ce grand jeu qu’est le rap US : toujours sollicitée en featuring pour des hits, toujours triomphale en tournée, et surtout, toujours une valeur sûre niveau ventes que ce soit aux USA ou à l’international. Notons également qu’entre deux singles de platine elle trouve toujours le temps de kicker un freestyle sur la face B du moment, comme à ses débuts.

Cardi B

Inutile de la présenter, Cardi a su très vite transformer l’essai. Attendue au tournant pour son premier album, elle souffrait auprès d’un certain public d’un manque de crédibilité en tant que rappeuse mais bien d’autres avant elle, il lui a suffi de s’entourer des bonnes personnes (beatmakers, ghostwriters, topliners, d’autres trucs en -ers) pour livrer un disque solide qui a tout raflé. Et surtout, elle a un atout : sa personnalité. Cardi semble constamment de bonne humeur, sincère et authentique : ce qu’elle n’a pas au micro, elle le compense en spontanéité, que l’on peut savourer en interview mais aussi lorsqu’elle prend à parti l’administration Trump et riposte sans trembler quand des présentatrices de Fox News l’attaquent sur les réseaux. En témoigne la liste de rappeurs et rappeuses qui l’ont félicité pour sa victoire aux Grammy Awards. Et suite à ses prises de position politiques, elle a même été conviée à un événement du Parti Démocrate. Pas pour y assister, mais pour y prendre la parole.

Il y a un léger bémol, qui ne la concerne pas vraiment directement mais qui peut être un inconvénient sur le long terme : le traitement médiatique des hauts et des bas de son couple avec Offset prend souvent le pas sur la musique, et ça c’est rigolo mais c’est salaud.

Megan Thee Stallion

Megan Thee Stallion est peut-être la plus "à l’ancienne"  de la sélection, et ramène pour certains cette ambiance propre au rap de Houston, ville dont elle est originaire. Avec sa voix, son flow et sa personnalité qui en imposent, elle n’oublie évidemment pas d’être féminine et joue à sa façon sur le côté sexy, comme sur le sympathique "eat me to some gangsta music cause that shit romantic" . Avantage non-négligeable, la dame est une freestyleuse hors-pair comme le prouvent ces images, entre autres. Repérée depuis, après avoir sorti un premier EP Tina Snow sur un label indé de H-Town, elle a maintenant signé avec le label 300 Entertainment, ce qui est plutôt bon signe puisque la maison a déjà vu passer Young Thug et Migos, entre autres.

Noname

Entre Chicago où elle a grandi et Los Angeles où elle vit actuellement, Noname qui définit elle-même son identité comme "nomade" a cultivé un style bien personnel qui la démarque sans effort du reste du peloton. Loin des tendances actuelles, plus confidentielle que ses petites camarades, la demoiselle n’a pas manqué de se faire remarquer et soutenir par un certain Chance The Rapper qui l’a invitée sur Acid Rap, mais ne s’est pas reposée sur ses lauriers. Fatimah Warner de son vrai nom a préféré prendre son temps pour sortir une première tape, Telefone, puis l’album Room 25. En termes de choix d’instrus, c’est une ambiance assez douce de soul un peu jazzy qui domine et niveau textes, l’artiste soigne sa plume pour aborder des sujets tantôt intimes, tantôt sociétaux et souvent les deux.

CupcakKe

Originaire de Chicago, CupcakKe a trouvé sa vocation pour la musique à l’église mais on est bien loin du rap chrétien : avec des sons comme Vagina ou Deepthroat, le style est assumé, entre sexe, provoc et ironie décomplexée. Sa musique a aussi une facette engagée et presque militante ; elle a ainsi signé les morceaux LGBT et Crayons contre l’homophobie ainsi que A.U.T.I.S.M (contre la stigmatisation des autistes, on peut rien vous cacher).

Mine de rien elle en est déjà à son 4ème projet en indé, à seulement 21 ans. On ne sait pas encore quand on la reverra : sa dernière "actualité" était plutôt triste ; en janvier 2019 elle a déclaré elle-même avoir fait la démarche d’être suivie pour soigner sa dépression et ses pulsions suicidaires.

Lady Leshurr

C’est devenu une habitude depuis quelques années, la Britannique (OK c’est une exception, elle n’est pas américaine, mais vu son talent on a le droit) Lady Leshurr continue d’envoyer des bangers tranchants et elle a démarré 2019 avec une nouvelle série de freestyles bien énergiques.

En revanche ça commence à faire un certain temps que beaucoup s’accordent à reconnaître ses qualités mais qu’elle n’explose pas à l’international. Au point que l’on se demande si elle n’aurait pas dû accepter la proposition peu reluisante d’un label qui lui proposait de la propulser en haut des charts... à condition qu’elle clash Nicki Minaj, ce qui l’avait consternée. C’est aussi ça le prix à payer quand on a une âme dans cette industrie.

Cuban Doll

Rappeuse très jeune issue du Texas (Dallas), Cuban Doll est pour le moment plus connue pour des gaudrioles que des classiques. En effet c’est d’abord sur instagram qu’elle s’est faite connaître et ce n’était pas vraiment pour ses capacités rapologiques. Partant de cette popularité elle s’est logiquement dit "bah j’ai qu’à faire fructifier ça en sortant de la musique", ce qui est certes curieux mais déjà plus respectable qu’accepter d’être payée pour se faire déféquer dessus par des milliardaires à Dubaï. Certains extraits de sa mixtape ont bien cartonné mais malheureusement c’est à nouveau le côté people qui l’a rattrapée : elle a été au centre de la séparation d’Offset et Cardi B parce qu’une de ses "copines" a rendu publique une conversation (niée par Offset et Cuban Doll) qui parlait de ménage à trois, a été en beef avec la baby mama de 6ix9ine à l’origine du beef entre 6ix9ine et Tadoe… Concrètement on n’est pas sur du très haut niveau mais comme l’ont prouvé d’autres artistes de cette liste, en dépit de débuts improbables, tout est possible dans ce monde, qui vivra verra, on ne sait pas de quoi sera fait demain, choisis la formule de ton choix.

Asian Doll

Egalement en provenance de Dallas, également "doll", mais plus affûtée en tant que MC, Misharron Jamesha Allen est signée sur 1017 Records, le label de Gucci Mane, rien que ça. Chez elle c’est assez direct niveau discours, elle est là pour être la meilleure, et en attendant seul le hustle a de la valeur à ses yeux. Pour le moment elle est en développement et enchaîne les mixtapes, comme le veut l’école Guwop.

A bientôt pour la seconde salve...  avec Bhad Bhabie, Maliibu Miitch, Ivy Sole, Dounia, Raja Kumari, Saweetie, Melii, LightSkinKeisha, Dreezy, Young M.A, City Girls, Doja Cat, Kash Doll et Dream Doll (on aime beaucoup les dolls).