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Eminem : retour sur tous ses beefs, victoires, KO... et défaites ?
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Eminem : retour sur tous ses beefs, victoires, KO... et défaites ?
Eminem : retour sur tous ses beefs, victoires, KO... et défaites ? ©Radio France

Eminem : retour sur tous ses beefs, victoires, KO... et défaites ?

Eminem a construit sa carrière sur les affrontements de rimes et autres beefs. On revient sur son palmarès en détail.

Avec son dernier album Kamikaze , Eminem a décidé de réenfiler les gants de boxe et le short en satin. Les raisons de sa remontée sur le ring ? Les (mauvaises) critiques qu’il a essuyées après son pénultième album Revival , sorti en décembre 2017. La presse a parlé d’un album “moche, arthrosique et dénué de plaisir” , un “album en plus qui n’apporte rien à sa fin de carrière” . Et certains de ses pairs, de Joe Budden à Tyler, the Creator, ont publiquement descendu l’album. Autant de réactions négatives à sa musique qui lui ont donné envie d’aller frapper dans une carcasse au fond d’une chambre froide et répondre à ses détracteurs.

L’adversité est un carburant dans le moteur artistique d’Eminem. Toute sa carrière a été balisée d’invectives adressées aux figures de la pop, à ses concurrents dans le rap, à l’Amérique conservatrice, et à ses proches qu’il aime tant détester. Des saillies distribuées comme des vannes ou des punchlines à des battles, exercice auquel Marshall Mathers est familier, lui qui a aiguisé sa verve dans les open mics de Detroit. Les fois où ses scuds verbaux sont devenus intéressants, c’est précisément lorsque la concurrence a répondu. Rarement du côté des pop stars inoffensives, évidemment, plus souvent chez les autres rappeurs. Sur Kamikaze , Eminem attaque plus ou moins frontalement Lil Xan, Lil Pump, Lil Yachty, Joe Budden, Tyler, Drake, ou encore Machine Gun Kelly, qui a déjà répondu avec Devil Rap .

Puisqu' Eminem considère qu’il a été mal jugé avec Revival , telle Serena Williams face à Naomi Osaka, prenons la position des juges assis au bord du ring pour arbitrer les différents combats d’Eminem. On évitera évidemment toutes ses provocations et autres trash talkings à l’encontre de personnalités en dehors du monde du rap pour se concentrer sur ses diss qui ont abouti à une vraie confrontation.

Insane Clown Posse

C’est peut-être le premier vrai combat d’Eminem, celui contre le duo Insane Clown Posse. Le plus puéril, aussi. En 1997, alors qu’il fait la promo de son Slim Shady EP , Eminem affiche sur les flyers que le duo ICP, populaire groupe de horrorcore de la banlieue de Detroit, serait peut-être à la release party de son projet. Une utilisation de leur nom sans autorisation qui irrite les deux rappeurs, Shaggy 2 Dope et Violent J, et leur manager, qui le font savoir à Marshall. Eminem commence alors à lancer quelques piques au duo, notamment sur le morceau Till Hell Freezes Over , en 1998. Deux ans plus tard, ICP lance Slim Anus  en représaille, une reprise du My Name Is  d’Eminem, rempli de remarques sur des pseudos relations homosexuelles entre Eminem et Dr. Dre. Marshall leur consacre la fameuse interlude Ken Kaniff  sur son album Marshall Mathers LP , puis leur envoie une crotte de nez en 2003 sur la mixtape Straight From the Lab . ICP répond par d’autres morceaux, mais très vite, la popularité grimpante d’Eminem donne l’impression que le duo essaie de donner des coups à un ballon rempli d'hélium qui quitte la terre ferme.

Décision des juges :  si on s’en tient aux coups portés, Insane Clow Posse pourrait gagner le duel, mais le duo donne l’impression de mouliner un peu dans le vent face à un Eminem qui vole comme un papillon en esquivant leur attaque, et les piques comme une abeille en les humiliant sur un interlude dans un des albums de rap les plus vendus au monde. Victoire aux points plus qu’aux poings pour Eminem.

Cage

Remontons loin dans le temps, à l’époque où Eminem avait encore des cheveux peroxydés et rappait avec un flow inspiré par Masta Ace plutôt que par une tondeuse à gazon. Lorsqu’il parvient à attirer l’attention de Dr. Dre grâce à sa performance à l’édition 1997 des Rap Olympics à L.A., à l’autre bout du pays, un rappeur blanc new-yorkais, Cage, est lui aussi bien connu des amateurs de vannes et rimes cinglantes en open mics, notamment pour son morceau Agent Orange . Cage et Eminem ont d’autres points communs : des familles dysfonctionnelles (le père de Cage était héroïnomane), des addictions aux drogues, des tendances suicidaires, et des débuts de carrière compliqués. Cage usait alors d’un alter ego psychopathe, Alex, inspiré du film Orange Mécanique  de Stanley Kubrick. Avec la sortie de The Slim Shady EP  en 1997, Cage a l’impression qu’Eminem lui a piqué son style avec la création du personnage outrancier Slim Shady. Les premiers jabs de Cage sont lancés dans le morceau Illest 4 Letter Words  (“You'll see you need a style I ain't create to try and battle me” ). En 1999, dans son Slim Shady LP , Eminem répond par un demi-aveu en 1999 sur Role Model  (“I bought Cage's tape, opened it, and dubbed over it” ), mais lui sert un petit direct dans le plexus plus loin dans Get You Mad . Cage répliquera aux coups d’Em quelques mois plus tard sur sa mixtape For Your Box .

La punch d’Eminem :

“Wagin' wars, went on stage, And sprayed Cage with Agent Orange, And wiped my ass with his page in Source”

La punch de Cage :

“Tired rhyme styles from Detroit Michelin, Who's that trim lady? [...]My hollywood writa', Thought b-boy stood for bitta'”

Décision des juges :  Malgré la dextérité de Cage, Eminem a réussi à sortir vainqueur du combat aux points, en esquivant chaque tentative de crochets de son adversaire. Ce qui l’a fait passer dans la catégorie des pros, quand Cage est resté, malgré son talent, dans la ligue semi-professionnelle.

Canibus

Troisième combat d’Eminem, avec un adversaire de taille. A la fin des années 90, Canibus est alors considéré comme une des nouvelles fines plumes du rap US, avec son rap rempli de punchlines, un lexique pointu et son interprétation pleine de hargne et d’insolence. Une arrogance qui l’amènera même à vouloir se frotter à LL Cool J sur son propre morceau, 4, 3, 2, 1 , démarrant un beef entre les deux rappeurs. C’est précisément autour de LL que le combat entre Eminem et Canibus va commencer. Eminem raconte en 1998 chez l’anglais Tim Westwood que Canibus et Wyclef Jean lui ont demandé s’il avait écrit les lyrics de The Ripper Strikes Back , réponse de LL au Second Round KO  de Canibus. Eminem, fan déclaré de Cool James, les a envoyé paître, en envoyant quelques clins d’oeil sarcastiques à ‘Bus dans Get You Mad , sur son premier album.

Après Marshall Mathers LP , en 2000, Canibus sort son troisième album l’année suivante, avec des titres entre l’hommage et la moquerie, dont l’un où il sauve Stan de la noyade (l’interlude Stan Lives ) et un autre où Stan réécrit à Eminem (U Didn’t Care ). Eminem garde Canibus à distance avec quelques jabs dans Square Dance  en 2002 dans The Eminem Show , en le traitant de “Fan-a-Bitch” . Tout cela n’est alors que du trash talk de conférence de presse, et le vrai combat commence en 2002 avec le morceau Curriculum 101  de Canibus. Suffisamment pour enfin faire sortir Eminem de sa réserve en s’attaquant directement à Canibus avec Can-I-Bitch , en 2003, sur sa mixtape Straight from the lab . Le titre, qui reprend la trame du Children’s Story  de Slick Rick, est un des meilleurs exercices de diss record d’Eminem. Il y est hilarant, moquant le mélange d’admiration et de rage de Canibus à son égard et retourne les propres lyrics de Canibus contre lui. Em en profite pour faire des dommages collatéraux, notamment envers Jermaine Dupri, on en parle plus loin.

La punch d’Eminem :

“His album was not very good, I think it went lead or double copper wood”

La punch de Canibus :

“Anybody better than Bus must be a hoax, Black man ? NO. What about the great white hope? What? Man you must be sniffing' some great white coke”

Décision des juges :  K.O. au troisième round. Canibus n’a jamais sorti de réponses à Can-I-Bitch , et hormis quelques autres références à Eminem sur des morceaux dans la suite de sa carrière, il est clairement resté dans les cordes avec ce combo d’Eminem.

Ray Benzino

C’est le combat qui aurait pu faire vaciller Eminem. Pas parce que son adversaire était redoutable, mais parce qu’il a mené une campagne médiatique particulièrement vicieuse à son encontre. A la sortie de The Marshall Mathers LP , en 2000, le magazine The Source  donne à l’album la note de 2 micros sur 5. A l’époque, les “mics” de The Source sont guettés dans le rap outre-Atlantique, autant que la rubrique Unsigned Hype, dévoilant les nouveaux artistes à suivre… dont Eminem, en mars 1998. A cette époque, l’un des actionnaires de The Source  est Ray Benzino, rappeur de Boston membre du groupe The Made Men. Un rappeur moyen, dont la présence à la gestion du magazine a créé des conflits d’intérêt, comme une note de 4,5 mics pour l’album de son groupe, une évaluation proche de celles d’albums de Jay-Z, Nas ou Notorious B.I.G..

L’histoire dit qu’Eminem a peu goûté de ces pratiques, et l’a fait savoir à Benzino, qu’il croise lors de la promotion de son film 8 Mile . Faché, et estimant qu’on laissait passer trop de choses à un rappeur blanc, Benzino lance les premières hostilités en 2002, en déclarant dans le titre I Don’t Wanna __ : “The only ‘M&M’ I know is Made Men / By the way, he ain’t never gone play me / Show this bitch what it really is to be Shady” . Une première attaque qui passe relativement inaperçue. Quelques mois plus tard, Benzino réitère avec Pull Your Skirt Up , en essayant de déconstruire la street cred d’Eminem. Qu’il n’a, en l’état, jamais clamé. Eminem décide de ne pas laisser passer ces affronts, et sort plusieurs titres, dont Nail In The Coffin  et The Sauce . Un doublon à la stratégie payante : dans le premier, il se défend principalement sur les critiques de Benzino. Dans le second, il attaque Benzino sur son conflit d’intérêt au sein de The Source , et les histoires de pressions exercées sur la rédaction. Un one-two punch qui a acculé Benzino dans le coin du ring. Malgré d’autres diss, le rappeur de Boston n’a jamais réussi à ébranler Em. En 2004, Benzino a joué sa dernière carte : une campagne de presse en forme de coup sous la ceinture, pendant laquelle il a été fouillé les poubelles et ressorti un ancien freestyle du blondinet enregistré pendant son adolescence, dans lequel il utilisait un langage limite raciste. Em s’en est excusé, il a poursuivi The Source et Benzino, et après de nouvelles affaires étranges au sein du magazine, Benzino a dû démissionner en 2006.

La punch d’Eminem :

“No more Source to street credit, them days is dead, Ray's got AK's to Dave Mays's head, Every issue there's an eight-page Made Men spread, Will somebody please tell whoever braids his head, That I am not afraid of this fuckin' waste of lead”

La punch de Benzino :

“Five shades darker motherfucker you'll be Canibus, No one would care about your complicated rhyme style, Another backpack rapper out of style, Don't let me have to backslap your moms if you smile, I'm serious, if you ain't 'gon respect her why should I?”

Décision des juges :  Victoire d’Eminem après un beau combat disputé, dans lequel Benzino a pris un avertissement pour sa série de coups bas.

Everlast (et Limp Bizkit. Et Dilated Peoples un peu aussi)

Un des autres longs beefs d’Eminem, qui s’est transformé en série de combats et en bagarre générale. L’adversaire : Everlast, rappeur du groupe House of Pain aussi bien influencé par le rap, le rock et la country. Les ouï-dire font remonter les tensions entre lui et Eminem en 1999, lorsque, dans un concours d’ego, les deux ne se sont pas salués. Premier round : Everlast ouvre le combat 2000, sur le remix de Ear Drums Pop des Dilated Peoples (“Cock my hammer, spit a comet like Haley/I buck a .380 on ones that act shady" ). Réponse d’Eminem avec le morceau I Remember , dans lequel il moque l’âge d’Everlast et son changement de style musical.

Deuxième round : Everlast rétorque avec Whitey’s Revenge , crochet dans les côtes où il sous-entend qu’Eminem ne pourrait pas être le père de sa propre fille. Eminem contre-attaque avec ses potes de D12 sur Quitter , dans lequel il accuse Everlast d’être jaloux de Limp Bizkit, populaire groupe de néo-métal de l’époque, et dont le DJ, Lethal, a évolué dans House of Pain. Em s’en prend même aux Dilated Peoples, qui lui avait lancé quelques piques dans Search 4 Bobby Fisher . DJ Lethal dit ensuite dans une interview de Limp Bizkit qu’Everlast pourrait coucher Eminem en tête à tête, alors que selon Eminem, Fred Durst de Limp Bizkit était sensé rapper avec lui sur Quitter  pour régler quelques comptes avec Everlast. Tout cela donnant une mêlée où il est difficile de voir d’où viennent et qui reçoit les coups, Marshall Mathers décide de régler l’affaire définitivement avec Girls , sur l’album Devil’s Night  de D12, en 2001. Everlast, Fred Durst, Dilated peoples : tout le monde y passe.

Les punch d’Eminem :

A Everlast :

“Plus I can sing better than you and I don't fuckin' sing, And probably play guitar better, and I ain't never touched a string, But I ain't mad at you, I'd hate me too if I was you, I'm what you used to be, shit you was me in '92”

Aux Dilated Peoples :

“I'd have never involved my crew if it wasn't for pupils, Peoples, whatever your backpackin' cipherin' name is”

A Fred Durst :

“What's wrong? You scared? And Fred, you said you was dissin' him too, I shoulda knew better than to listen to you, You fuckin' sissy, up on stage, screamin' how people hate you, They don't hate you, They just think you're corny since Christina played you”

Décisions des juges :  Victoire au troisième round d’Eminem, où il cogne tellement fort Everlast que son sang éclabousse Limp Bizkit et Dilated Peoples, assis au premier rang. Un combat sans retenu, mais qui aboutira en 2013 à un hommage d’Eminem à son ancien adversaire (“A mixture of Whitey Ford and Mighty Thor, I everlast, pen is mightier than sword” ).

Ja Rule / Jermaine Dupri

Deux combats d’Eminem aux origines différentes, mais dont les natures sont proches : Marshall défend ses potes. Commençons par Jermaine Dupri. En 2001, le rappeur, producteur, et patron du label So So Def se laisse aller à dire qu’il est un meilleur producteur que Dr. Dre et Timbaland. Ce qui, malgré son indéniable talent, est quand même audacieux. Réponse en bonne et due forme de Dre, en compagnie d’Eminem, d’abord sur Say What You Say , puis sur Can-I-Bitch , où Eminem s’imagine lui et son mentor rouler littéralement sur Dupri.

La punch d’Eminem :

“"What was that? Oh, Jermaine Dupri."

"Fuck it," keep goin', no time to waste

"Wait, back up. Hit him one more time, in case."

"Okay," fuck, now he's draggin' under the car

"Oh well, only thirty more thousand miles!"”

Le cas Ja Rule est plus épineux. L’histoire est connue : au début des années 2000, Ja et 50 Cent se détestent cordialement, et le font savoir dans leurs morceaux. Le problème, c’est qu’à la signature de 50 sur Shady Records / Aftermath, Ja Rule et Irv Gotti, son producteur et patron du label Murder Inc., décident de s’en prendre aussi à Eminem. Grossière erreur, à une époque où Eminem frappe comme Mohammad Ali dès le ding-dong. Il répondra notamment avec deux morceaux : Doe Rae Me , avec D12, et surtout le Hail Mary Remix , avec 50 Cent et Busta Rhymes, lui aussi fâché contre Ja Rule. Si Fifty a clairement été le leader dans cette bagarre, les crochets d’Eminem ont collé quelques commotions à Ja.

La punch d’Eminem

“You ain't no killer, you a pussy, That Ecstasy done got you all emotional and mushy”

Décisions des juges : K.O. dès le premier round sur Jermaine Dupri. K.O. technique en cinq rounds dans le match contre Ja Rule.

Joe Budden

Combat pas encore tout à fait concrétisé, et un peu étrange. Joe Budden, en tant que membres du groupe Slaughterhouse, signe fin 2011 sur le label Shady Records d’Eminem. Joe est un fan de Marshall, signalant depuis le début de carrière le respect qu’il a pour son futur patron, et lui adressant une lettre ouverte dans son morceau Slaughtermouse, en 2015. C’est après que les tensions montent. A la sortie de Revival, Joe Budden, devenu une personnalité médiatique grâce à son podcast et sa participation à Everyday Struggle de Complex, exprime de vives critiques sur le freestyle d’Eminem contre Trump et la qualité de ses singles Untouchable et Walk On Water. Eminem répond aux critiques, dont celles de Budden, sur le remix de Chloraseptic, puis lance les première hostilités envers Joe dans le morceau Fall. Contre-attaque de Joe dans ce premier round… avec son podcast, dans lequel il critique Eminem de ne rien avoir à dire depuis dix ans dans sa musique. Obligeant Eminem à descendre du ring pour s’expliquer lui aussi en conférence de presse, avec Sway, et tenter de donner sa version des faits concernant la gestion de Slaughterhouse. En résumé : “Slaughterhouse est sûrement un des meilleurs groupes de l’histoire. Je n’ai pas touché un centime de Slaughterhouse, parce que leur échec commercial n’a même pas permis de composer les dépenses pour leur album. Et je m’en fous. Mais pourquoi il m’a défoncé dans ses émissions ?”. Il en profite quand même pour répondre aux critiques de Budden (“Ma musique est naze ? T’as écouté la tienne ?”). Budden remontera-t-il sur le ring pour affronter Eminem ? Pour Remy Ma, sa nouvelle collègue au sein de la nouvelle émission State of the Culture, il flippe trop.Combat pas encore tout à fait concrétisé, et un peu étrange. Joe Budden, en tant que membres du groupe Slaughterhouse, signe fin 2011 sur le label Shady Records d’Eminem. Joe est un fan de Marshall, signalant depuis le début de carrière le respect qu’il a pour son futur patron, et lui adressant une lettre ouverte dans son morceau Slaughtermouse, en 2015. C’est après que les tensions montent. A la sortie de Revival, Joe Budden, devenu une personnalité médiatique grâce à son podcast et sa participation à Everyday Struggle de Complex, exprime de vives critiques sur le freestyle d’Eminem contre Trump et la qualité de ses singles Untouchable et Walk On Water . Eminem répond aux critiques, dont celles de Budden, sur le remix de Chloraseptic , puis lance les première hostilités envers Joe dans le morceau Fall .

Contre-attaque de Joe dans ce premier round… avec son podcast, dans lequel il critique Eminem de ne rien avoir à dire depuis dix ans dans sa musique. Obligeant Eminem à descendre du ring pour s’expliquer lui aussi en conférence de presse, avec Sway, et tenter de donner sa version des faits concernant la gestion de Slaughterhouse. En résumé : “Slaughterhouse est sûrement un des meilleurs groupes de l’histoire. Je n’ai pas touché un centime de Slaughterhouse, parce que leur échec commercial n’a même pas permis de composer les dépenses pour leur album. Et je m’en fous. Mais pourquoi il m’a défoncé dans ses émissions ?”. Il en profite quand même pour répondre aux critiques de Budden (“Ma musique est naze ? T’as écouté la tienne ?”). Budden remontera-t-il sur le ring pour affronter Eminem ? Pour Remy Ma, sa nouvelle collègue au sein de la nouvelle émission State of the Culture, il flippe trop.

La punch de Eminem :

“Somebody tell Budden before I snap, he better fasten it, Or have his body bag get zipped, The closest thing he's had to hits is smackin' bitches”

La punch de Joe Budden :

“I’m a content nigga. You have not said anything for the better part of a whole fucking decade. You have rhymed a bunch of words.

Décision des juges :  comme Remy Ma, les juges attendent une vraie réponse artistique de Joe Budden, si celui décide de retourner en studio. En attendant, avantage à Eminem.

MGK

On a là en revanche un rappeur qui a immédiatement strappé ses mains et est monté sur le ring. Machine Gun Kelly a été l’un des rappeurs visés par Eminem dans son titre Not Alike  (“If you wanna come at me with a sub, Machine Gun / And I’m talkin' to you, but you already know who the fuck you are, Kelly / I don’t use sublims and sure as fuck don’t sneak-diss")

But keep commenting on my daughter Hailie”). Il reproche à MGK d’avoir écrit sur Twitter en 2012 que sa fille, Hailie, était “bonne”. Elle avait 17 ans, et lui 22. Eminem avait interdit de diffuser des chansons de Kelly sur sa radio Shade45. MGK a depuis exprimé sa rancoeur face à cet embargo, avec des piques adressées à son aîné. Six ans plus tard, Eminem répond enfin à Kelly, lui demandant de ne plus user de sous-entendus s’il veut s’adresser à lui. Message reçu par MGK : le rappeur sort quatre jours après Kamikaze le titre Rap Devil , clin d’oeil au titre Rap God  d’Eminem. Et il cogne avec habileté et puissance : le côté trop verbeux des textes d’Eminem (“all you do is read the dictionary and stay inside”), le boycott qu’il lui a infligé, son manque de second degré dans cette histoire de tweet (“The big bad bully of the rap game can't take a fuckin' joke”), et son manque de pertinence artistique ces dernières années. MGK cogne dans les règles, mais donne parfois l’impression de retenir ses coups, en dissimulant mal son admiration pour Eminem.

Un premier round suffisamment offensif pour faire sortir Em de son coin et répondre à l’assaut de Kelly. KillShot , sorti onze jours après le diss de MGK. Eminem moque la révérence de MGK à son égard (“you just dissed me? I'm perplexed / Insult me in a line, compliment me on the next”) et le compare au personnage de Stan, se moque de son look (“How you gonna name yourself after a damn gun and have a man-bun ?”) et de son nom (“actin' like you put the chrome barrel to my bone marrow gunner ? Bitch, you ain't a bow and arrow” - en gros, “t’as rien d’une mitraillette, t’es même pas une flèche et un arc”), et le classe aux côtés d’Iggy Azalea pour souligner sa médiocrité. Marshall délivre aussi quelques coups bas : une mention à Halsey, ex copine de Kelly, revenu dans les bras de G-Eazy, son rival ; des doutes sur la clairvoyance de Diddy, patron de MGK au sein de Bad Boy Records, avec une blague (“the day you put out a hit is the day Diddy admits that he put the hit out that got Pac kill !- “tu sortiras un hit le jour où Diddy admettra qu’il a mis un contrat sur la tête de 2Pac”). Du crochet, de l’uppercut, du droit, en gauche-droite : Eminem sort la panoplie de sa technique, sans en faire de tonnes dans son flow (pour une fois).

La punch d’Eminem :

“My biggest flops are your greatest hits, The game's mine again and ain't nothin' changed but the locks, So before I slay this bitch I, mwah, give Jade a kiss”

La punch de MGK :

“Tough talk from a rapper payin' millions for security a year, I think my dad's gone crazy," yeah, Hailie, you right, Dad's always mad cooped up in the studio, yellin' at the mic, You're sober and bored, huh ?”

Crédit : Frank Micelotta Archive / Getty Images

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