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Buddy, l'élève prometteur de Compton
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Buddy, le jeune
Buddy, le jeune ©Radio France

Buddy, l'élève prometteur de Compton

Et si les nouvelles têtes du rap américain était les élèves d'une école ? Que seraient leurs résultats dans leurs différentes matières ? Que dirait leur conseil de classe sur leurs performances ? Voici le bulletin de notes de Buddy.

Fiche d'identité

Pseudo : BuddyVrai nom : Simmie Sims IIIÂge : 24 ansAdresse : Compton, CalifornieAffiliation : AucuneLabel : Cool Lil Company, RCASignes distinctifs : Aucun

Présentation générale

Buddy fait partie de ces élèves à la fois à l'aise avec les petits nerds cachés dans les coins des couloirs et les étagères du CDI, et les élèves cools et populaires fans de skate, attirant les regards. Scolairement, c'est surtout un élève doué pour les arts. Avant son entrée dans l'école du rap, il a fréquenté un conservatoire, dans lequel il a joué dans des pièces de théâtre et des comédies musicales. Alors au lycée, Buddy a réussi à trouver un tuteur parfait dès ses débuts dans l'école : le professeur de musique et de stylisme Pharrell Williams. En 2009, la moitié des Neptunes remarque le jeune Buddy de 15 ans et lui propose une bourse d'étude via son label I Am Other. Depuis, il a sorti une mixtape et deux EPs, et featurings après featurings (A$AP Rocky, BJ The Chicago Kid, Kendrick Lamar), Buddy a pris son envol, travaillé, affiné son style, pour présenter son premier grand exposé, Harlan & Alondra, sorti en ce juillet 2018, pour lequel il a été aidé par Ty Dolla $ign, Snoop Dogg et A$AP Ferg.

Géographie

15/20

A la manière de Kendrick Lamar ou Boogie, autres rejetons de Compton, Buddy est un enfant du Los Angeles des années 90, celui dont la culture des gangs a été magnifié et décortiqué par d'anciens élèves de l'école du rap devenus depuis des professeurs reconnus. Un milieu dont ces gosses tirent un patrimoine qu'ils assument mais dont ils se détachent aussi. Buddy mentionne également de nombreuses artères du coin dans ses morceaux, les noms de rue où il a vécu inspirent les titres de ses projets (Ocean & Montana , Magnolia , Harlan & Alondra ) et tous ses clips semblent tournés dans ce milieu urbain sud-californien.

Expression écrite

13/20

Buddy n'a pas la plume la plus fine et imagée de sa génération. Ni punchlines, ni images improbables : son écriture va droit au but, sans fioriture, mais aussi sans hors sujet ou maladresse. Buddy raconte dans ses devoirs son quotidien de jeune homme de Compton, en quête de sens et d'identité. Dans Find Me , il est tiraillé entre les dangers de la rue et les bonnes intentions un peu trop envahissantes de ses parents. Dans Real Life Shit  et Trouble On Central , il fait le vœu de sortir de sa routine, passée dans une voiture d'occasion sans clim, à esquiver les victimes de fusillade et les camés. A plusieurs occasions, il signifie son envie d’ascension sociale plus que de popularité (il répète à l'envie « Tryna get rich don't wanna be famous »  dans Hey Up There  et Shameless ). Ce qui ne l'empêche pas aussi de répondre à ses instincts les plus primaires, comme les virées animées dans des strip-clubs (Guillotine ) ou des parties de jambes en l'air (Speechless ). Mais il y a toujours chez Buddy une forme d'insouciance dans son propos.

Expression orale

15/20

Buddy se distingue par son flow mélodieux, donnant l'impression qu'il rappe souvent le sourire aux lèvres. Mi-chanté, mi-rappé, son interprétation est toujours en légèreté, mais quand son débit devient plus nerveux, comme sur Black  par exemple. C'est précisément le mélange de cette diction parfois rapide, parfois hachée (Love or Something ) et la douceur de sa voix qui lui permet d'accrocher l'oreille lors de ses exposés. Il a aussi réussi à gagner en assurance avec cette voix au départ un peu fluette mais crâneuse qu'on entendait dans son premier gros titre Awesome Awesome .

Musique

16/20

Régulièrement lumineuse, chaleureuse et détendue, la musique que Buddy choisit pour accompagner ses exercices incarnent sa personnalité et les thématiques qu'il développe. Il a tout de suite su affirmer ses choix musicaux dès sa première mixtape Idle Time , en piochant chez des Cardo, Polyester et Pharrell des instrumentaux soyeux et colorés. Sur ses dernières sorties, il a d'avantage pris le parti de travailler avec une équipe resserré. D'abord sur le EP Ocean & Montana , sur lequel il a travaillé en binôme avec le génial Kaytranada, qui lui a servi des compositions fortes en basse. Puis sur le EP Magnolia , ou The Futuristiks ont apporté leur talent pour les synthés planants. Pour Harlan & Alondra , ce sont surtout Mike N Keyz et Brody Brown, entendus sur le peaufiné Victory Lap  de Nipsey Hussle, qui ont apporté leur science de l'ambiance laidback et de la basse funk qui cogne, à la californienne, mais sans sonner comme une resucée des recettes passées.

Chimie

10/20

La drogue, particulièrement l'herbe, est un sujet qui revient de temps à autres chez Buddy. Elle est au centre de A Lite , où il y évoque ses aspects récréatifs. Mais dans Trippin , il souligne aussi les dangers des produits psychotropes. Sans être un fin chimiste, matière qui ne le passionne pas fondamentalement, Buddy arrive tout de même à en tirer des facettes différentes. Suffisant pour accrocher une moyenne.

Stylisme

13/20

Loin des T-Shirts de groupe de métal et les jeans déchirés de certains de ses camarades de l'école, Buddy s'inscrit lui aussi dans la tendance. Amateur de fringues de skate, il reprend aussi la mode d'il y a quinze ans des T-Shirts ou sweats en tailles larges.

Arts plastiques

14/20

Esthète dans sa musique, Buddy l'est aussi dans son univers visuel. Tous ses clips sont particulièrement soignés, portés par une réalisation toute en douceur, le mettant en scène dans l'univers urbain californien. De Awesome Awesome  à That Much , on le voit souvent rider  ou évoluer entre des pavillons sous une météo ensoleillée. Un aspect à la fois terre à terre et enjoué, amplifié par les séquences dans lesquelles il montre ses talents de danseurs, notamment dans World of Wonders  avec Kaytranada, ou rollers aux pieds dans That Much . Deux clips font exception à ces motifs récurrents : Find Me , où il s'offre la fantaisie de planer dans les airs au volant d'une vieille berline, et Black , clip vertical en noir et blanc visuellement plus agressif.

Comportement

20/20

Buddy est un élève exemplaire. Aucun rappel à l'ordre, aucune heure de retenue, pas un mot sur le carnet. R.A.S..

Algèbre

5/20

C'est la matière dans laquelle Buddy pêche le plus. Aucun titre classé au Billboard, et en conséquence pas de certification pour un single ou un album. Côté YouTube, ses vidéos ne décollent pas vraiment. Seule Hey Up There  dépasse les 2 millions, bénéficiant sans doute de l'effet Ty Dolla $ign. Les autres plafonnent sous le million de vues. Pas de quoi afficher de bons résultats en cours de maths.

Avis du conseil de classe

Buddy a fait preuve de patience depuis six ans pour produire la musique qu'il lui ressemblait le plus. Son départ de I Am Other lui a permis de s'émanciper de l'influence de Pharrell tout en continuant à profiter de ses conseils. Son manque de succès populaire ne doit pas l'empêcher de continuer dans la voie qu'il s'est créé. D'autant que sa persévérance pourrait à l'avenir s'appliquer avec son album s'il parvient doucement à trouver son public. Le conseil de classe lui accorde ses compliments.

Crédit photo : Scott Dudelson / Getty Images