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ScHoolboy Q : des enfers à la lumière
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ScHoolboy Q (Photo : Scott Dudelson)
ScHoolboy Q (Photo : Scott Dudelson) ©Getty

ScHoolboy Q : des enfers à la lumière

Avec son dernier album, "CrasH Talk", ScHoolboy Q semble avoir vaincu une bonne partie de ses démons : son public qui avait aimé le rappeur tourmenté le suivra-t-il vers la lumière ?

C’est une habitude depuis 2018. Régulièrement, presque chaque jour quand il le peut, ScHoolboy Q va au Calabasas Country Club, le club de golf de Calabasas, ville aisée de la banlieue ouest de Los Angeles... Avec sa carrure d’ancien joueur de football universitaire, son grill dans la bouche, ses tatouages faciaux et ses blunts à la main, le rappeur de TDE détonne sûrement dans ce cadre plutôt cossu. Pourtant, il l’assure sur CrasH, morceau de son cinquième album CrasH Talk : c’est grâce aux greens qu’il a réussi à trouver un peu de sérénité. Loin de l’environnement rude du sud de Los Angeles, où il a passé sa jeunesse. Loin, surtout, des vagues de dépression qu’il vit depuis une dizaine d’année, du fait de son histoire, mais aussi paradoxalement de sa musique.

L’enfant seul

Au cours de cette décennie 2010, ScHoolboy Q est devenu l’une des têtes d’affiche du label angelino Top Dawg Entertainment. S’il n’a pas atteint le succès astronomique de son collègue Kendrick Lamar, Q a réussi à garder les rails du label sur une esthétique plus dure, fidèle à une tradition du gangsta rap californien, tout en produisant aussi des hits et bangers : Hands On The Wheel avec A$AP Rocky, Man Of The Year, Studio avec BJ The Chicago Kid, That Part avec Kanye West. Celui qui s’est surnommé Groovy Q est tout à la fois, dans sa musique, un ancien petit bandit torturé par son passé, un fêtard invétéré et un père de famille soucieux du bien être de sa fille. Son style de rap aussi l’a détaché du reste de ses collègues : ScHoolboy Q dégage sur certains morceaux une intensité, une hargne, une explosivité qui trouvent peu d’équivalent chez Ab-Soul, Jay Rock et Kendrick Lamar. Un grain de folie qui a pris une nouvelle tournure sur son album de 2016, Blank Face LP, son plus personnel et ambitieux, et aussi celui le plus loué par la critique. Le problème, c’est qu’il déteste cet album aujourd’hui. Trop sombre, pas assez équilibré selon lui. Car c’est d’équilibre dont il est question dans la vie et l’oeuvre de ScHoolboy Q.

Une recherche d’équilibre peut-être liée à son enfance. Né d’une mère célibataire, s’étant séparée de son compagnon avant la naissance de leur fils, Quincy Hanley Matthews voit le jour en Allemagne en octobre 1986, dans la base militaire où ses parents travaillent. Après sa naissance, sa mère et lui retournent aux Etats-Unis, d’abord quelques temps au Texas, puis dans la ville d’origine de sa famille : Los Angeles, ses quartiers sud. Quincy est un enfant unique, au sens propre et littéral du terme. Déjà par son nom de famille, qu’il ne tient ni de son père, ni de sa mère, et que celle-ci a choisi arbitrairement. À part Quincy, elle n’aura pas d’autres enfants. Vers ses huit ans, elle trouve un travail nocturne. C’est sa grand-mère qui élève Q, et il ne croise sa mère qu’autour de son bol de céréales le matin avant d’aller à l’école. Son oncle, qui vit avec eux, est un junkie. Il vole les affaires qu’offre sa mère au petit Quincy pour les revendre et pouvoir s’acheter ses doses de crack. Q est un enfant unique, mais surtout un enfant seul.

Vendeur d’oxy

Peut-être pour compenser cette vie familiale bancale, ScHoolboy Q passe son temps à vivre en groupe à partir de l’adolescence. Il joue au football, sport qui le mènera même à l’université quelques années plus tard, sans succès. Surtout, à douze ans, il dit avoir intégré le gang des Hoover Crips. Surnommés les Nifty 50’s, ils occupent un carré couvrant la série des 50èmes rues du nord au sud, et de l’ouest à l’est Hoover Street et Figueroa Street, la “Figg Street” qu’il mentionne parfois dans ses paroles. Au sein de ce gang, ScHoolboy Q vend d’abord du crack, puis des pilules d’oxycodone, une molécule de synthèse très addictive dérivée de l’opium. D’abord prescrit dans les traitement contre la douleur liée à des opérations lourdes ou les chimiothérapies, l’oxycodone commencé a être prescrite avec moins de restrictions aux États-Unis à partir de la fin des années 1990. La consommation de sa forme commerciale, l’OxyContin, a augmenté à tel point qu’elle a provoqué une crise sanitaire importante : en 2011, elle était la première cause de morts par overdoses aux États-Unis. ScHoolboy Q décrira plus tard en détails les effets et le mode de consommation (écrasée et fumée) de l’oxycodone dans son morceau Oxy Music.

L’euphorie suivie du sentiment de relaxation (causé par le ralentissement de la respiration) produits par cette drogue sont deux caractéristiques qu’on retrouve dans la musique de ScHoolboy Q. Car s’il a vendu les petites pilules orange d’Oxy, il en a aussi été accro sous sa forme couplée à l’aspirine, le Percocet, ainsi qu’à d’autres drogues pharmaceutiques, comme la codéine ou le Xanax. Des médicaments d’abord consommés pour combattre ses insomnies, avant que leur addiction ne prenne le dessus. Son morceau en deux temps Prescription/Oxymoron raconte cette dualité entre le junky, groggy au point d’en négliger son entourage, et le dealer sous adrénaline, décrivant les effets stimulant de la drogue, d’une voix nerveuse et d’un flow surexcité. Q a mis un certain temps a trouvé cette dualité dans sa manière de rapper et dans sa musique. Il a surtout été bien entouré pour développer son potentiel.

En 2007, à 21 ans, ScHoolboy Q se fait arrêter par la police, pour un délit dont on ignore toujours la nature - certaines sources parlent d’un cambriolage. Quincy est condamné pour six mois, une moitié qu’il passe en prison, l’autre assigné à résidence. Pour passer le temps, il peaufine ses talents de rappeur. Alors qu’il écrit des couplets depuis l’adolescence, fortement influencé par le rap new-yorkais de Nas, 50 Cent et Jay-Z, il n’a jamais pris l’exercice réellement au sérieux. C’est par le biais d’Ali, ingénieur du son maison de TDE, qu’il fait la connaissance du label fondé par Top Dawg, fin 2006. Après un premier passage en cabine de prise de voix, il convainc Punch, l’un des managers du label et bras droit de Top Dawg. Ce dernier, qui a lui aussi la vie de gang, prévient alors ScHoolboy, encore impliqué dans ses activités illégales : il doit choisir entre la rue et le studio. Le souvenir encore vif de son expérience carcérale, Q penche pour la deuxième option, rejoint officiellement le label en 2008, et sort cette année et la suivante deux premières mixtapes. 

Revers et mauvaises habitudes

Avec son arrivée au sein du label, il rencontre les autres rappeurs qui y sont signés. Jay Rock, alors figure de proue de l’écurie, gangsta rappeur dans la pure tradition de L.A. - lui aussi est un ancien membre de gang, dans le camp opposé de Bloods. K. Dot, jeune prodige de Compton, qui s’est fait remarquer par une mixtape sur laquelle il reprenait des instrus de Jay-Z. Et enfin Ab-Soul, rappeur aussi cérébral, la tête dans les livres, que porté sur les stupéfiants. C’est avec lui que Q va d’abord créer des liens, puis avec Jay Rock et K. Dot, devenu Kendrick Lamar. À force de traîner ensemble en studio, ils forment le quartet Black Hippy. Dans ce groupe un peu informel, Q est alors le seul dont le rap n’est pas une véritable vocation. Mais il travaille, enregistre des morceaux, et en 2011, sort un premier album, Setbacks, “revers”, en français. Il y raconte les conséquences des choix qu’il a précédemment pris dans sa vie : le gang, les drogues, les filles faciles. Son style n’y est pas encore aussi affûté, aussi bien dans le flow, plutôt flegmatique, l’écriture, pas encore assez fouillée, ou même la musique, vaporeuse et poussiéreuse, mais pas assez affirmée. Les retours plutôt positifs sur ce premier disque officiel le confortent dans le choix qu’il a pris, raconte-t-il alors au magazine Complex en 2012. “J’ai gagné de l’argent grâce à ce projet, ça m’a fait comprendre que j’avais besoin de faire plus de choses positives dans ma vie. Je préfère rester tranquille, travailler sur ma musique, et être avec ma fille de deux ans”. Car entre temps, Q est en effet devenu père d’une petite Joyce.

2011 et 2012 sont des années charnières pour TDE. En juillet 2011, Kendrick Lamar, a sorti avec Section 80 l’album qui a définitivement lancé sa carrière. Il est suivi de près par Jay Rock, qui parvient enfin à sortir son premier album solo officiel, Follow Me Home. Avant le Control System d’Ab-Soul en avril 2012, autre album essentiel du label, c’est ScHoolboy Q qui sort en début d’année, lui aussi, un projet déterminant. Dans Habits & Contradictions, son deuxième album, il raconte cette fois les habitudes et les contradictions dont il a subis les fameux revers : la violence des gangs (NigHtmare On Figg St, Raymond 1969), la consommation élevée de stupéfiants (Hands On The Wheel, Oxy Music), et la sexualité débridée (Sexting, Sex Drive). Mais il va aussi plus loin dans ses réflexions, comme sur Sacrilegious, coincé entre ses espoirs de rédemption et ses entorses continues à la morale. Il est accompagné dans ses réflexions par une direction musicale plus tranchée, où des samples de rock indé et de trip-hop donnent une couleur plus noire et psychédélique à ses textes. C’est surtout sur cet album qu’il trouve son style de rap. Une transformation palpable sur THere He Go : il y module les intonations de sa voix, passant du grave aux aigues, grognant certains syllabes, passant d’une interprétation nonchalante à des pics de férocité. Un morceau où il crâne tout à la fois sur son pouvoir de séduction et sur la crainte qu’il inspire à ses opposants, mais où il ne se sent jamais aussi fier que quand il se promène avec sa fille.

Lutter avec ses démons

À tout juste quatre ans, en 2014, Joyce trône sur la pochette de l’album suivant de son père, Oxymoron. Elle ouvre même le disque en prononçant les premiers mots sur “Gangsta”. Dans un micro au volume mal réglé, elle accueille ainsi les auditeurs : “Hello ? Hello ! Fuck rap ! My daddy a gangsta”. Une intro forcément culottée pour ce premier album de ScHoolboy Q en major. En 2012, suite à ses excellentes sorties, TDE signe un partenariat avec Interscope, label sur lequel sont notamment signés Eminem et Dr. Dre. Ce dernier offre d’ailleurs son parrainage à Kendrick Lamar en l’accueillant sur Aftermath pour good kid, m.A.A.d city, album couronné d’un triple disque de platine et de critiques élogieuses. Même si les autres artistes de TDE ne font pas la même musique que Kendrick, ils le savent : les attentes sont grandes autour de leurs prochaines sorties. Et plus qu’aucun autre, ScHoolboy Q le sait, lui qui est le suivant dans l’ordre des sorties d’albums.

Je n’ai pas d’autres choix que de sortir, j’ai pas envie de dire un classique, mais un putain d’album

En interview pour TheWellVersed, en 2012, ScHoolboy l’expliquait de manière limpide : “Chaque fois qu’on sort un album, cela fait monter la barre à franchir pour chacun de nous. Je ne peux pas sortir un album juste bon. Je n’ai pas d’autres choix que de sortir, j’ai pas envie de dire un classique, mais un putain d’album que je vous laisserai juger ou non comme un classique”. L’album en question, c’est Oxymoron. Un disque sur lequel le rappeur développe l’esthétique proposée sur Habits & Contradictions deux ans plus tôt. L’hédonisme et l’énergie de Hands On The Wheel sont décuplés sur Man Of The Year et Hell Of A Night. Les désirs sexuels sont plus mélodieux sur Studio, single de platine avant la prise en compte du streaming. Les stigmates de son passé dans les rues du sud de L.A. sont aussi plus vives : dans Hoover Street, il raconte les actes irraisonnés de son oncle toxicomane, mais aussi que c’est sa grand-mère qui lui a montré sa première arme à feu. Comme une réponse à ce passé compliqué, il raconte sur Break The Bank, toute sa détermination à sortir de la merde grâce au rap et mettre sa fille à l’abris du besoin. C’est ainsi qu’il trouve sur cet album un certain équilibre entre les différentes envies artistiques touchées du doigt depuis ses débuts.

Auréolé d’un disque de platine avec Oxymoron, ScHoolboy Q réussit son pari. L’argent qu’il gagne grâce à cet album, et ses différentes tournées en solo ou avec d’autres artistes (A$AP, Wiz Khalifa, Mac Miller etc.) lui permettent d’acheter une maison dans le luxueux quartier de Calabasas. Pourtant, malgré sa paternité heureuse, Q continue d’être rongé par les fantômes de son passé. Alors qu’il veut profiter de son temps libre chez lui avec sa fille, l’ennui le guette, et ses souvenirs anxiogènes reviennent. Il les chasse en continuant à consommer des drogues pharmaceutiques, alors qu’il avait réussi à s’en écarter le temps de produire Oxymoron. Aussi, en fumant énormément de cannabis, toujours accompagné d’un inhalateur en cas de petite crise d’asthme, dont il souffre depuis l’enfance. C’est dans ce contexte contradictoire que ScHoolboy Q enregistre, entre 2015 et 2016, son quatrième album, Blank Face LP. Un disque plus dense que le précédent, plus introspectif, mais aussi plus imprévisible, avec des titres en deux parties, des clins d’oeil musicaux à des sous-genres new-yorkais (les synthés guerriers des Ruff Ryders sur Ride Out, les pianos crépusculaires de Mobb Deep sur Tookie Knows II). L’humeur de ScHoolboy Q aussi bien que la musique qui l’accompagne sont souvent brumeuses et orageuses. Le seul moment de douceur, Overtime avec Miguel et Justine Skye, est une concession faite par ScHoolboy Q à Interscope. Si l’album a produit un des plus gros singles de 2016, THat Part, avec un Kanye West en roue libre, Blank Face LP donne l’impression de tirer le frein à main sur les ambitions plus pop et commerciales d’Oxymoron. Il semble pourtant en avoir conscience : “Je traîne toujours avec des gars qui ne font rien d’autre que foutre la merde, rappe-t-il sur Lord Have Mercy. Faut croire que rester vrai c’est ce que je dois faire. Mais être vrai n’a jamais rempli le frigo. Les clips en forme de courts métrages qui accompagnent l’album montrent un ScHoolboy Q qui semble encore enfermé mentalement dans les rues de sa jeunesse.

Toucher le fond pour rebondir

En ne faisant que disque d’or, à l’âge du streaming, Blank Face LP est un demi-échec commercial. Pourtant, l’album est un succès critique. Il permet à Q d’être de nouveau nommé à la 59e cérémonie des Grammy Awards, débit 2017, pour l’album rap de l’année et la performance rap pour THat Part. Mais le rappeur de TDE s’en moque. Sa fille, pourtant, veut y aller. C’est donc avec elle qu’il ira, et repartira les mains vides. Les Hanley attirent pourtant les regards ce soir-là : Joyce, sept ans, est habillée d’un costard rose criard, qui matche avec le hoodie de son père, brodé d’un “Girl Power”. Quelques mois avant le mouvement #MeToo, le rappeur veut montrer l’exemple à sa fille : “Je pourrais manifester, mais je crois qu’en tant que père d’une petite fille, tout commence là : lui montrer ce qui se passe, comment elle doit être traitée et respectée”. Alors ScHoolboy Q commence, lui aussi, à agir à la hauteur de ses paroles. Il arrête définitivement les drogues, sauf le cannabis - qui l’aide, dit-il, à ne pas être trop agité.

Le golf m’a appris la patience, et c’est ce dont on a besoin dans l’industrie musicale, c’est un milieu démoniaque

Début 2018, il se met au golf pour enfin sortir la tête de chez lui et s’aérer les neurones - “le golf m’a appris la patience, et c’est ce dont on a besoin dans l’industrie musicale, parce que c’est un milieu démoniaque”, dira-t-il à GQ un an plus tard. Une plus grande lucidité qui lui permet de mieux juger, dit-il, sa musique. Ainsi, il jette à la poubelle deux albums entre 2016 et 2018. Mais alors qu’il s’apprête à sortir son cinquième album fin 2018, l’un de ses meilleurs amis, Mac Miller, décède d’une overdose en septembre. La disparition du rappeur de Pittsburgh, installé à L.A. depuis quelques années, endeuille profondément Q. Peut-être parce que, comme lui, il aurait pu aussi mourir d’un surmédication. Surtout parce que dans ce milieu, il s’était fait un vrai ami. Il jette encore un autre album à la poubelle, trop sérieux, trop introspectif. “Les gosses déprimés aiment la musique dépressives, et ça les garde dans un espace sombre”, estime-t-il au micro de l’émission radio The Breakfast Club. Avant d’affirmer : “faire de la musique dépressive, à ce stade de ma vie, ça serait une défaite”. 

Finalement, cet attendu cinquième album, CrasH Talk, sort en avril 2019. Il est né d’un sentiment paradoxal : chaque fois que ScHoolboy Q sort un album, il est pris d’une dépression. Il met trop de lui dans chaque album, et le stress de la sortie, la fatigue accumulée de la promo, tirent son moral vers le bas. Mais il n’a pas le choix : c’est la carrière qu’il a choisi pour subvenir au confort de sa fille, qu’il filme chaque week-end depuis le bord de son terrain de foot, comme une vraie “soccer mom”, ses mères de famille de classe moyenne américaines. CrasH Talk montre en effet un ScHoolboy Q qui s’est embourgeoisé sur des titres comme Drunk et Lies. Les fantômes d’hier ne sont jamais loin, mais il les relativise. Dans Attention, en clôture de l’album, il pardonne à demi-mot les comportements toxicomanes de son oncle, comprenant que la drogue lui a permis, à lui aussi, d’évacuer le stress de vivre dans l’environnement dans lequel ils ont vécu. Sur Tales, il imagine ce que serait sa vie s’il avait continué à prendre de mauvaises décisions : rater l’enterrement de sa mère, passer à côté de l’éducation de sa fille. Moins ambitieux et tranché que Blank Face LP, CrasH Talk permet pourtant de retrouver le ScHoolboy Q plus bon vivant et surexcité. Sur Numb Numb Juice, il rappelle ses changements d’intonations de l’époque de Habits & Contradictions. Si CHopstix ressemble un peu trop à un morceau de Travis Scott, invité pour l’occasion, il permet de retrouver le Q libidineux et fêtard. “Le soleil me donne de la lumière ; mes mots ne brillent pas”, concède-t-il dans Drunk. Entre lumière et obscurité, sur un album plus équilibré, ScHoolboy Q semble aussi dire qu’il a trouvé l’harmonie qu’il cherchait dans sa propre vie.