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Xeu le doc... et les meilleurs docus des rappeurs français
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Vald dans "Xeu le doc" (Photo : Kub & Cristo)

Xeu le doc... et les meilleurs docus des rappeurs français

Avec la sortie surprise de Xeu le doc, c’était l’occasion de revenir sur les documentaires produits par les rappeurs eux-même pour se dévoiler auprès de leurs publics respectifs.

À l’instar de ce qu’ont livré récemment Vald et toute son équipe avec la longue vidéo Xeu le doc, pas mal d’autres rappeurs se sont déjà prêtés à l’exercice du film voire de la série documentaire. Souvent produit par l’artiste lui-même et/ou son entourage/sa maison de disque, ce format permet de prendre le contrôle total sur sa propre image, de la retravailler dans le bon sens si besoin (et il y en a toujours besoin) et enfin de l’envoyer sans trop d’interférence à son public déjà conquis et pourquoi pas aux autres qui peuvent se laisser tenter.

Retour sur quelques exemples qui ont, chacun à leur niveau, pas mal marqué les esprits.

Xeu le doc

A peine annoncé sur les réseaux sociaux de l’artiste, voilà que le documentaire sobrement intitulé Xeu le doc est balancé sur Youtube le 02/02/2019 pour le plus grand bonheur des fans. Pendant plus de 48 minutes on se retrouve plongé dans la création de l’album Xeu. On retrouve donc Vald, son manager Merkus, ses producteurs Tunisiano et Tefa, son beatmaker fétiche Seezy et le reste de l’équipe (ingé son, etc), expatrié aux USA le temps de la conception et l’enregistrement. Et outre les moments de bonne humeur et le côté perfectionniste que certains ne soupçonnaient peut-être pas, on y apprend que Tunisiano est un cuistot d’élite. C’est peut-être un détail pour vous mais pour nous ça veut dire beaucoup.

Authentiques : un an avec le Suprême

Authentiques - un an avec le Suprême est LE documentaire rap français par excellence, pour une raison très simple. On y suit effectivement le groupe NTM pendant une année, qui correspond à leur tournée triomphale de la fin des 90’s. Sur le terrain, c’est Sear qui les filme au plus près au quotidien, et au montage final c’est Alain Chabat. Cette alliance presque contre-nature donne une co-réalisation très efficace, entre anecdotes marrantes, témoignages intimes et (pré)bilan de carrière. Des années plus tard, Sear déclarera "ce film, c'était Get Busy avec des moyens".

Les 4 visages de Kery James

Plutôt intimiste, le film revient sur la quasi-totalité du parcours de Kery, en n’omettant pas les périodes de doutes, les moments difficiles voire les tragédies qui ont malheureusement ponctué sa trajectoire. L’artiste peut clarifier certaines de ses prises de position, justifier certains revirements qu’une partie du public voyait comme des retournements de veste, etc. La parole est également donnée à ses proches et ses collaborateurs, de l’univers du rap mais pas seulement : des figures qui l’ont encadré dans sa folle jeunesse sont aussi présents.

Mafia K’1fry

Trois entrées en une, puisqu’on commence avec le documentaire 113 Fout la merde, qui retrace la success story du groupe depuis leur jeunesse jusqu’à 113 fout la merde, en passant bien sûr par Princes de la ville. Concerts, enregistrement, présence d’une grande partie de la Mafia K’1fry, vannes (le jeu de rôle où AP et Mokobe font semblant d’embrouiller Rohff période tresses sur la tête, nostalgie), on passe un bon moment. On continue avec l’indispensable Si tu roules avec la Mafia K’1fry, sorti période La Cerise sur le ghetto, où cette fois tous les membres témoignent avec images d’archives et sessions d’enregistrement de l’album. Et enfin il y a le reportage Monster de Rim’K qui poursuit les aventures du rappeur de Vitry.

La vie d’un lossa

Produit par Black Pills pour appuyer la promo de l’album Vidalo$$a, ce docu d’une quarantaine de minutes permet à Dosseh de montrer certains aspects de sa vie que le public ne connaissait pas forcément. En effet l’artiste avait expliqué plusieurs fois en interview qu’il avait remarqué que les auditeurs en savaient finalement très peu sur lui. La vidéo le laisse à loisir dévoiler son passé, avec un mélange d’archives et d’images tournées spécialement pour le film. On le voit par exemple dans son quartier d’origine où tout a commencé, jusqu’à l’album Vidalo$$a sorti en 2018.

Au cœur du Lithopédion

Là pour le coup c’est vraiment une suite d’interview promo, peu d’efforts ont été faits pour que ça ressemble de près ou de loin à un documentaire ou même un reportage. Cependant la vidéo a le mérite de mettre un coup de projecteur sur les hommes de l’ombre : les beatmakers et autres ingénieurs du son. Par contre il y a une énorme faute de goût : chaque beatmaker est présenté à l’écran avec, par écrit, l’association de son nom avec le son qu’il a produit. Ce qui fait que pour Ikaz Boi, on a juste marqué "Ikaz Boi - Baltringue". C’est balot.

Ténébreuse Musique

Diffusée sur le web aux alentours de la sortie du projet, cette vidéo de presque une demi-heure n’est ni un reportage, ni un documentaire, ni une suite de clip, ni un making-of mais en même temps c’est un peu tout ça à la fois, le montage de Kevin El-Amrani étant improbable au possible, ce qui rend un tout façon ovni mais très apprécié par les fanatiques de l’album. On y croise donc Singe Mongol, Alkpote, Sidi Sid, Hamza, Jok'air, Julius, Biffty, Dela et bien d’autres.

Il était une fois dans l’Ouest

Mini reportage où l’on suit Booba et sa clique en expédition au Canada pour le tournage de deux clips : Garde la pêche et Boulbi. On suit donc certaines étapes ponctuées d’interviews de B2O et Armen (vidéaste), ainsi que Mal et le regretté Brams, qui était un sacré blagueur. La communication de Booba ayant beaucoup évolué avec les réseaux sociaux, c’est une autre facette de l’artiste que les plus jeunes peuvent (re)découvrir ici.

Fouiny Story

Commencée vers l’époque que l’on peut rétrospectivement qualifier d’apogée de sa carrière, la série Fouiny Story s’est quand même étalée sur deux ans et pas moins de trois saisons, jusqu’en août 2013 pour le dernier épisode. D’une durée irrégulière mais rarement en-dessous de 12 minutes, chaque épisode présentait le quotidien du rappeur et de son équipe, que ce soit pour nous montrer des coulisses de concert, des sessions d’enregistrement ou d’écoutes, des feats, sans oublier des moments de vie pas piqués des hannetons. Par exemple dans un épisode, Lahouni dit en rigolant à un de ses potes qui dort "lève-toi avant que je te pointe", et c’est juste après le clash où Booba l’accusait d’agression sexuelle sur mineure. Ce genre de trucs.

A noter qu’il y a eu une sorte de tentative de prolongation avec Team BS TV mais comme tous les spin-off, c’était le projet de trop et peu de gens ont suivi ces nouvelles aventures qu’on imagine fascinantes.

Rohff – Docu MCM

Pour la promo du double-album La Fierté des nôtres, Rohff a été le sujet d’un long reportage de MCM qui était plutôt bien foutu pour l’époque. Le rappeur dévoilait sa vision de la musique en général et du rap en particulier, accompagné d’une partie des intervenants du disque, des beatmakers mais aussi de certains de ses proches (DJ Mehdi, Selim du 94, Mista Flo, Kamelancien, Ikbal) et de potes de son quartier d’origine qui reviennent même sur les années collège. C’est assez précieux dans la mesure où par la suite il était assez rare de voir le rappeur se livrer à ce point en télévision avec ce côté immersif. D’ailleurs mention spéciale au moment où Mista Flo s’est endormi en pleine interview, avec Rohff et Selim qui expliquent que c’est parce qu’il digère "4 grecs, 5 cannettes et un yassa".

#AgarthaTour

Parce qu’il ne faudrait pas que Xeu le doc efface tout sur son passage, rappelons que Vald a déjà diffusé sur sa chaîne Youtube une mini web-série centrée autour de sa tournée : le Agartha Tour. Plus précisément cinq épisodes courts qui montrent son quotidien sur la route, en backstage, avec des jeunes auditeurs qui viennent faire des offrandes de weed et plus si affinités, la présence de DJ Weedim, Biffty et Julius qui s’amusent comme des petits fous, etc.

La saison 1 des Marches de l’empereur

Avant de devenir une série de morceaux inédits, Les Marches de l’Empereur était, pour la saison 1, une série de vidéos souvent absurdes où Alkpote faisait plus ou moins la promo pour annoncer la sortie de l’album L’Empereur contre-attaque, mais qui étaient surtout une excuse pour développer son personnage : le moment où il beugle "saleté de pute, salope" parce qu’un jacuzzi ne marche pas, celui où un prof de philo analyse ses textes, celui où il est à cheval, celui où il part en Belgique et salue ses "gargouilles de Belgique", celui où il fait le profil type de ses fans "le cerveau est pas fini, le corps est pas fini, c’est des monstres", les tournures de phrases inattendues, toute la matrice d’Alk est là.

Vivre et mourir à Dakar

A la sortie de son premier album solo Vivre et mourir à Dakar, Alpha 5.20 a décidé d’accompagner la musique d’un dvd qui serait la version images de son disque. En gros chaque titre était illustré par une vidéo : parfois un street-clip, parfois un making-of du morceau en question, parfois un live ou un freestyle. Et pour espacer tout ça, on avait droit à du reportage sur le parcours et le quotidien d’Alpha, depuis le 93 jusqu’à Dakar.

Enfant du ghetto

Sans doute inspiré par ses anciens compères de chez 45 Scientific (ils avaient offert à l’album Mauvais Oeil un bonus conséquent pour l’époque : un dvd regroupant concert et freestyle radio), LIM a décidé d’aller un peu plus loin en doublant son premier album d’un dvd qui revient sur la conception du cd mais aussi sur son parcours dans la musique avec ses collègues, sans oublier un paquet de freestyles. Notamment son groupe Mo’Vez Lang avec Cens Nino et le regretté Boulox Force. Il faut ajouter tout le crew Tous Illicites et affiliés, et beaucoup, beaucoup d’interviews lunaires de LIM solo, constamment défoncé, ce qui donne un nombre élevé de passages wtf, avec au sommet l’impro "donne ta rondelle" dédicacée à Jean-Marie Lepen.