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Top 10 : quand les rappeurs français font de la pub
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Lomepal x Ibis styles (© Ibis)
Lomepal x Ibis styles (© Ibis)

Top 10 : quand les rappeurs français font de la pub

Entre films incroyables et associations improbables, quand les rappeurs français s'essaient à la pub, le mariage n'est pas toujours heureux...

Il aura fallu le temps, mais les publicitaires commencent enfin à se rendre compte du potentiel commercial des rappeurs, qui sont, pour certains, les artistes les plus suivis par la jeunesse, au même titre que certains footballeurs. On voit donc de plus en plus de rappeurs prêter leur image ou leur voix à des grandes marques, et le résultat est parfois assez improbable, puisque le décalage entre l’image de l’artiste et celle de l’enseigne représentée peut s’avérer assez spectaculaire. Pas toujours bien reçus par le public, ces spots publicitaires nous ont tout de même offert quelques grands moments, la plupart du temps au détriment du rappeur en question... 

Bigflo & Oli - Axe, Red Bull

Décriés par une part importante du public rap, qui semble voir en eux deux véritables incarnations de l’Antéchrist, Bigflo & Oli n’en restent pas moins l’un des groupes français les plus bankables, notamment pour les publicitaires. Il faut dire que la plupart des groupes qui auraient pu prendre cette place la refusent : PNL pourrait prendre des millions en vendant son image, mais s’y refuse sans laisser la moindre ouverture ; la Sexion d’Assaut serait parfaite dans le rôle du groupe qui plait aussi bien aux enfants qu’aux ménagères, mais tarde à se reformer ; et tous les autres, quel que soit leur degré de popularité, sont handicapés par une image trop rude pour les publicitaires. Après avoir collé leurs têtes sur toutes les canettes de Red Bull l’année dernière, les deux Toulousains ont donc fait une entrée remarquée chez Axe, une de ces marques dont les spots publicitaires restent emblématiques. A ce rythme, il ne faudra pas s’étonner quand Bigflo tendra une capsule Nespresso à George Clooney en lui lâchant avec un accent toulousain “What Else ?”

Doc Gynéco - Virgin Mobile 

L’un des twists les plus improbables vus dans le rap français, puisque Doc Gynéco, qui en mettait plein la gueule de Virgin en 1998 sur L’homme qui ne valait pas 10 centimes, finira par faire de la pub pour Virgin Mobile en 2006, l’occasion notamment de se rappeler que 40 minutes de communication et les SMS illimités pour 21 euros par mois, c’était révolutionnaire il y une douzaine d’années. 

Akhenaton - Coca-Cola

L’un des spots publicitaires les plus marquants de l’histoire du rap français, mais malheureusement pas pour les bonnes raisons : en 2015, Akhenaton est approché par Coca-Cola, et écrit un titre pour la campagne Vivre Maintenant. Le morceau est clairement dans l’esprit de ce qu’a toujours fait Akh : un morceau sobre, un joli texte et un bon petit clip qui célèbre l’union des peuples et des couleurs … sauf que cette fois, tout le monde a une bouteille de Coca en main. Résultat, le rappeur est attaqué par une armée de détracteurs sur internet, ceux-ci lui reprochant d’avoir toujours été l’un des étendards de certaines belles valeurs du hip-hop, et de se vendre à une grosse multinationale qui nuit à la santé publique et ravage littéralement certains coins de la planète. L’affaire ne s’arrête pas là, puisque c’est un communiqué d’Akh qui va faire entrer ce spot publicitaire dans la légende. Si ses arguments sont solides (Common qui fait de la pub pour Sprite, le fait que les commentaires haineux viennent de smartphones fabriqués par des ouvriers esclavagisés en Chine, avec des matériaux cancérigènes, etc), le rappeur prend le temps d’affirmer qu’il a “exprimé son désaccord avec l’emploi de l'aspartame” dès sa première rencontre avec Coca-Cola, comme si c’était le grand problème, et reçoit donc une rafale supplémentaire de commentaires haineux. Mad Men nous l’avait pourtant appris : la pub, c’est vraiment pas un milieu facile. 

Morsay - All Drinks United 

Après Bigflo & Oli x Red Bull, et Akh x Coca-Cola, un autre grand nom du rap français s’est entiché d’une boisson caféinée : Morsay, qui soutenait il y a une demi-douzaine d’années la gamme All Drinks United de la marque Gambler, créée par un mec de Grigny, et développée depuis avec un certain succès, notamment grâce à des partenariats avec des enseignes de poker. 

Oxmo Puccino - Audi, Nike

Plus occupé ces dernières années par ses activités extra-musicales qu’à publier des albums, Oxmo est sur tous les écrans ces temps-ci, entre cinéma et publicité. Après avoir été l’un des premiers rappeurs français à collaborer avec Nike en 2011, l’auteur de Cactus de Sibérie a en effet soulevé pas mal de commentaires pour sa participation au dernier spot Audi. Comme souvent, on a donc droit aux vieux fans contents d’entendre un nouveau titre de leur artiste préféré, aux déçus qui considèrent le rappeur définitivement vendu au Grand Capital, et, petite nouveauté, aux représentants de la fachosphère, qui se fendent d’un petit message à Audi sur la thématique “alors maintenant vous visez une clientèle de racailles de banlieues ??” -ce qui est d’ailleurs totalement con, puisqu’Oxmo n’a jamais grandi en banlieue, mais dans les quartiers populaires du 19ème arrondissement parisien. 

Soprano - Wiko / Rohff - Danew

Deux rappeurs, deux styles, deux écoles, y compris lorsqu’il s’agit de vendre des téléphones. D’un côté, Soprano est embauché pour une campagne de communication assez large, comprenant notamment une série de spots vidéo “Soprano rencontre ses fans”, “Racontez vos plus belles histoires avec Soprano et Wiko” ou encore “Soprano, la nouvelle voix de Wiko” ; en face, Rohff décide d’incarner totalement son nouveau produit, et se mue même en VRP de luxe sur le plateau de Cyril Hanouna, avec un argumentaire de vente travaillé à l’avance. 

Lomepal - Ibis Budget, Apple

Avant de devenir, de façon assez imprévisible, l’un des rappeurs les plus clivants de la fin d’année 2018, Lomepal a tranquillement grimpé les échelons du star-system ces deux dernières années, passant d’obscur skateur parisien à artiste adulé par la génération Stan Smith. S’il a livré une collab assez prestigieuse avec Apple au printemps dernier, l’auteur de Flip a également prêté son image à Ibis Budget, dans un spot vidéo à la réalisation volontairement kitch, qui semble tout droit sorti des années 90. En skate, Lomepal et deux amis tentent d’échapper à une bande, et finissent par se réfugier dans un hotel Ibis, après être passés par Paris, Lyon et Marseille. On ne va pas se mentir, ça ressemble clairement au genre de pub que le rappeur a fait avant la gloire, à une époque où il en avait besoin pour payer ses factures. 

JoeyStarr - My Pok, Thumbs Up, Kaporal

Sur le même principe du “rappeur qui n’a pas encore percé et qui graille comme il peut”, JoeyStarr apparaît à la fin des années 80, maquillé dans une publicité pour Thumbs Up, version indienne de Coca-Cola. Depuis, de l’eau et du rhum ont coulé sous les ponts, et Joey a fini par devenir bankable -après avoir été l’un des artistes les plus attaqués par les médias entre à la fin des années 90 / début des années 2000. En conséquence, on l’a vu poser Pour Kaporal sur les abribus, mais on l’a surtout vu chanter “A BASE DE POK-POK-POK” dans une vidéo pour un site de poker en ligne. 

Kool Shen - Winamax

A priori, pas d’archive bollywoodienne pour Kool Shen, mais un amour pour le poker encore plus fort que son compère Joey, puisqu'il est même devenu pro. Par conséquent, pas mal de spots publicitaires sur la thématique des jeux de cartes et des paris sportifs, ce qui a tout de même donné lieu à quelques situations étranges, comme ce freestyle franchement pas dégueu mais dans lequel le rappeur beugle “Wina-wina-winamax” (du nom de sa team) en intro et en outro. 

La moitié du rap-game actuel - les pronostiqueurs de paris sportifs

C’est la nouvelle grande tendance dans le rap : stories instagram et snaps se transforment en moment très gênants de pub non-dissimulée pour des pronostiqueurs de paris sportifs. Bien sûr, un petit billet de pris pour se filmer trente secondes avec son téléphone, ça ne mange pas de pain, mais ce sont généralement de grands moments de gêne pour tout le monde.