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Top 10 : les cyphers et battles du rap français
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Top 10 : les cyphers et battle du rap français
Top 10 : les cyphers et battle du rap français ©Radio France

Top 10 : les cyphers et battles du rap français

Depuis quelques temps, les MC's retournent dans l'arène. Panorama des meilleurs concepts de joutes verbales du rap français passés ou présents.

Remis au coeur de l’actualité médiatique par le biais de Rentre dans le Cercle , l’initiative ambitieuse de Sofiane et Daymolition , le principe du cypher reprend du poil de la bête en France, et les rappeurs se remettent donc enfin à freestyler, une pratique qui avait malheureusement tendance à disparaître ces dernières années.

En route pour un top 10 des cyphers et battles qui ont marqué le rap français.

Rentre dans le Cercle

Plus vraiment besoin de présenter un projet qui fait tranquillement son million de vues à chaque épisode.

Points forts : la place centrale de Sofiane, qui assure visibilité et gros casting ; l’ambition de réunir tous les pans de l’industrie du rap, en faisant apparaître rappeurs, beatmakers, DJs, directeurs artistiques, journalistes, et autres vautours.

Points faibles : les performances parfois très hétérogènes des participants, le format relativement long qui décourager les spectateurs les moins patients

Importance de la performance : D’un côté on est plutôt indulgent avec les rappeurs en difficulté, en leur laissant refaire leurs prises 2, 3, 5, 10 fois ; de l’autre, chaque épisode apporte son lot de débats en commentaires et sur les réseaux sociaux avec la fameuse interrogation “qui a plié le cercle cette semaine ?”. L’aspect performance conserve donc une belle importance, et même si tout est fait pour que Rentre dans le Cercle représente avant tout un projet fédérateur pour le rap français, on sent une concurrence (saine) entre les participants.

La révélation : Bigflo et Oli, Mister V . Techniquement, il ne s’agit pas de réelles révélations, puisqu’on parle d’artistes ultra-populaires, mais plutôt de réhabilitation : pas forcément respectés par le public rap pur et dur à la base, pour différentes raisons, ils ont prouvé qu’ils étaient capables de kicker en freestyle.

Urban Shoot

L’un des seuls médias hip-hop à avoir maintenu vivant le concept de cypher pendant la première moitié des années 2010, une vraie période de vaches maigres pour le freestyle face-caméra. Généralement produits par DJ Hamdi, les cyphers Urban Shoot ont permis quelques connexions restées dans les mémoires.

Points forts : les castings impeccables des différentes sessions, avec un parterre d’invités allant de Casey et Kaaris à Escobar Macson, Dosseh et Lalcko ; la volonté de réunir des profils parfois très différents, ce qui donne lieu à quelques séquences mythiques, comme ce moment où Driver découvre Biffty ou cet épisode spécial Marche de la Dignité.

Points faibles : Un impact limité sur le public qui finira par avoir raison du concept.

Importance de la performance :  Ici, personne ne semble chercher à départager les participants, et on est clairement dans un état d’esprit “brûlons tous ensemble cette prod de DJ Hamdi, dans la joie, la bonne humeur et la violence verbale”. Après, il y a ceux qui ont la malchance de tomber le même jour que Casey, et là, malheureusement, c’est foutu pour eux.

La révélation : Kaaris , déjà très chaud à une époque où Z.E.R.O  n’est même pas encore dans les bacs.

Red Bull Dernier Mot

Un battle d’improvisation au concept simple mais efficace : un thème, 60 secondes chacun, DJ First Mike  aux platines, un vainqueur, un éliminé.

Points forts : On est réellement dans l’impro, et même si certains ne jouent pas complètement le jeu avec des phases que l’on devine écrites à l’avance, on a quand même droit à quelques beaux élans de spontanéité.

Points faibles : Ni Zoxea, ni Dontcha en tant que parrains de l'événement ; le niveau en impro qui est forcément très fluctuant en fonction de l’inspiration des participants.

Importance de la performance : Une battle où le perdant est éliminé, un système de tournoi avec huitièmes, quarts, et demi-finales : difficile de donner plus d’importance à la performance des concurrents.

La révélation : Pas encore de grosse percée, on peut donc citer Res Turner,  vainqueur du tournoi l’an dernier, et surtout Fleyo , finaliste malheureux qui a régalé tout au long de la compétition. A noter qu’on a déjà retrouvé ces deux freestyleurs sur d’autres formats du même genre, notamment End of the Weak.

M16 Masqué

Le petit nouveau de la liste,  mais pas le moins intéressant, puisqu’on a droit à un concept dépoussiéré, dans lequel les freestyleurs sont masqués et ne se dévoilent qu’à la fin.

Points forts : le concept des masques, pas l’idée la plus complexe du monde, mais franchement bienvenue pour offrir un souffle de nouveauté au principe du cypher ; la réalisation ultra-léchée ; l’aspect découvert de talents encore confidentiels.

Points faibles : l’absence de gros noms au casting ; le niveau très hétérogène des participants.

Importance de la performance : Au coeur du concept, puisque le masque permet de se concentrer sur l’essentiel, à savoir la partie rappée, d’autant que la question est posée aux spectateurs après chaque épisode : quel rappeur avez-vous préféré ?

La révélation : après seulement deux épisodes assez confidentiels, personne, si ce n’est l’équipe GMP  en charge de la réalisation, dont le boulot constitue une vraie plus-value.

BET, The Cypher

On connaît la version US, notamment grâce au bruit provoqué par le Donald Trump Freestyle  d’Eminem l’an dernier, on a donc droit au même concept chez nous.

Points forts : les castings souvent très cools ; et par conséquent, le niveau des performeurs.

Points faibles : tous les cyphers se font sur la même prod, sans la moindre variation, ce qui se révèle extrêmement redondant quand on enchaine tous les épisodes à la suite.

Importance de la performance :  Pas de réelle compétition, les mecs sont là pour poser un bon petit 16 sans trop chercher à déclasser les collègues, c’est bon enfant.

La révélation : Lino , un p’tit jeune plein de promesses d’avenir.

End of the weak

Un concept américain lancé il y a bientôt 20 ans et exporté dans une douzaine de pays sur 3 continents, et une édition française lancée en 2004 : EOW est sans l’ombre d’un doutel’open-mic historique de la liste.

Points forts : le poids de l’histoire, évidemment ; le développement international, qui permet d’organiser des rencontres entre les scènes de différents pays ; des règles bien précises ; et enfin l’idée toute simple mais très efficace d’introduire un sac rempli d’objets au milieu du battle, un excellent moyen de stimuler l’imagination des freestyleurs.

Points faibles : si on veut être pointilleux on peut pointer la qualité pas toujours optimale de l’enregistrement audio, mais pour le reste, c’est un sans-faute.

Importance de la performance : il s’agit de battle avec un vainqueur au bout, donc forcément, tout se joue sur la performance, avec un jury qui se base sur des critères de notation bien établis.

La révélation : On peut citer encore une fois Fleyo etRes Turner , mais aussi Alpha Wann , vainqueur à Besançon en 2010 et à Paris en 2011, et l’un des seuls de la liste à avoir fini par se faire un nom en dehors du milieu des battles.

Madame Rap

Rien de compliqué : un cypher, mais juste avec des filles .

Points forts :  c’est très cool d’avoir droit à un cypher 100% féminin, ça permet de découvrir des rappeurs qu’on ne voit pas forcément ailleurs ; et ça permet aux filles de se lâcher en freestyle sans être entourées par 200 mecs pas forcément acquis à leur cause.

Points faibles : le rendu encore amateur, au niveau du son comme de l’image ; le niveau très inégal des participantes ; l’absence de rappeurs un minimum médiatiques, on ne s’attend pas forcément à voir Shay débarquer, mais ce serait sympa de voir Sianna ou Moon’A venir donner un peu de force au projet.

Importance de la performance : Pas de compétition ici, le but est de donner un micro aux filles et une tribune qu’elles ne trouvent pas forcément ailleurs.

La révélation : Quand on ne donne pas la parole aux filles ailleurs, elles se demerdent toutes seules. Ca semble évident mais c’est surement une révélation pour certains.

Rap Contenders

Le grand classique que l’on n’a plus besoin de présenter, et qui fêtera l’année prochaine ses 10 ans.

Points forts : Une vraie battle dans les règles de l’art ; le niveau des participants, certes hétérogène mais parfois excellent ; quelques gimmicks entrés dans la culture rap (“genre historique”, etc) ; et certaines confrontations devenues légendaires pour les fans des RC.

Points faibles : ça reste bon enfant et jamais personne ne s’est foutu sur la gueule ; la domination sans partage deWojtek  sur les dernières années, avec un public tellement acquis à sa cause que l’intérêt de la compétition a fini par en pâtir.

Importance de la performance :  Battles, élimination, vainqueur, évidemment tout se joue sur la puissance des piques envoyées à l’adversaire, la finalité étant d’envoyer son rival dans les cordes en se mettant le public dans la poche.

La révélation : Wojtek , évidemment, qui a écrasé chacun de ses adversaires mais n’a jamais vraiment confirmé en dehors ; toute la clique des Nekfeu , Jazzy Bazz  et compagnie

MCs League

Un Rap Contenders avant l’heure,  qui n’a malheureusement pas perduré.

Les points forts : Un bon niveau général ; le ring en guise de scène, qui amplifie la teneur de la confrontation et lui donne un vrai aspect de compétition sportive ; l'enchaînement toujours rapide, des prods, bien variées comme il faut, et qui permet de se rendre compte si le freestyleur sait s’adapter rapidement.

Les points faibles : Trop éphémère.

Importance de la performance : maximale, comme dans tout battle, le coup du ring et l'enchaînement des prods ajoutant une marche supplémentaire.

La révélation : Malheureusement, le concept n’a pas connu suffisamment d’éditions pour qu’un rappeur bien identifié pète à grande échelle en tant que représentant de la MCs League.

Keskia

On s’éloigne légèrement du principe du cypher puisqu’il s’agit techniquement du même principe qu’un freestyle radio avec plein de rappeurs autour de la table , comme on peut en entendre sur la plupart des stations rap, mais ça vaut le coup ne serait-ce que pour avoir des nouvelles de Sheryo.

Points forts :  Le casting, toujours à la hauteur, et globalement orienté vers un certain type de rap parfaitement adapté à l’exercice du freestyle (TSR Crew, Luzine, Le Gouffre, etc) ; conséquence directe, des freestyles de très bon niveau où personne ne fait tache.

Points faibles : Le revers de la médaille du point fort évoqué au-dessus : les auditeurs allergiques au boom-bap et aux textes bien denses s’ennuient vite.

Importance de la performance : On est vraiment dans l’état d’esprit de base du freestyle, où chacun essaye de tirer son épingle du jeu, mais où personne ne finit sur le côté.

La révélation : Chacun se fera son avis, le bon côté des choses étant que chaque session mélange des têtes connues (Sheryo, Seär, Hugo TSR, Big Buddha Cheez ) et des noms plus confidentiels, ce qui permet de découvrir pas mal de MCs.

Crédit photo : capture Rap Contenders