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Tour Eiffel, pyramides, Grande Muraille... quand le rap prend d’assaut des endroits improbables
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PNL : Capture "Au DD" (© QLF)

Tour Eiffel, pyramides, Grande Muraille... quand le rap prend d’assaut des endroits improbables

PNL et la Tour Eiffel sont loin d’être les seuls à s’être appropriés des lieux que l’on attendait pas. Grosse liste d'endroits improbables squattés par nos rimeurs préférés.

Comme l’a montré l’excitation autour du clip Au DD, le lieu choisi pour le tournage d’un clip est quand même un élément assez important pour se démarquer. Il en va de même pour la localisation d’un concert ou le décor utilisé pour une cover d’album. Petit tour d’horizon des coups d’éclat à ce niveau, que ce soit en France ou aux USA.

Medine et le port du Havre

Pour la cover de son album Story Teller, le rappeur de Din Records a pris une série de photo dans le port de sa ville, évoquant d’ailleurs une sorte de version française du Views de Drake. Sauf qu’il ne s’est pas arrêté là, il a également clippé ce qui s’apparente au making-of de cette cover et qui a donc donné un clip pas comme les autres.

Difficulté : il y a eu un peu d’escalade à un moment, mais en même temps, le titre s’appelle Venom.

Esthétique : le côté vu de loin et vu d’en haut change des habitudes du clip lambda, et sublime un peu le décor de base, qui pourrait un peu tristounet à première vue.

Pertinence : Et puis il était temps qu’un rappeur se réapproprie le port du Havre puisque pour le grand public, ces mots étaient jusqu’ici liés au Frunkp, un horrible single parodique de Michael Youn/Alphonse Brown pour la B.O de La Beuze.

K-Point à la Grande Muraille

K-Point a surpris son monde en choisissant ce décor pour le clip d’un des extraits de Trap n’Roll.

Difficulté : outre l’aspect logistique pour filmer correctement l’endroit, à un moment il manque de se casser la gueule, mais c’est sans doute fait exprès.

Esthétique : le lieu choisi permet des passages magnifiques et surtout on échappe un peu au côté ultra cliché qu’on a habituellement dans les clips de rap en Asie.

Pertinence : il y a un côté contemplatif ultra solitaire qui se dégage, et que l’on peut rapprocher du texte du morceau ("Je suis passé de jeune à méfiant" )

Drake et la CN Tower

Drake : pochette de l'album "Views"

Pour la cover de son album Views, le rappeur a utilisé la très haute tour de Toronto, où on le voit perché.

Difficulté : à son niveau plus personne ne lui dit non niveau autorisations, donc à part le boulot de photoshopping entre la photo de base et celle où il est incrusté sur l’image, pas grand-chose.

Esthétique : La proportion humaine de la taille de Drizzy n’est en fait pas vraiment respectée pour que l’on puisse le distinguer, il est en réalité pas mal agrandi. C’est d’ailleurs comme ça que ses fans ont détecté le montage. Et puis elle est très laide cette tour.

Pertinence : Drake est de retour dans sa ville d’origine, sauf que désormais il la domine en se plaçant symboliquement à l’endroit le plus haut possible, tout simplement.

PNL à la Tour Eiffel

Pour annoncer son nouvel album, le duo de Corbeil a marqué un grand coup en lâchant le clip Au DD, qui reprend plus ou moins la formule de pas mal de leurs clips précédents, sauf qu’ils sont sur la Tour Eiffel, pépères.

Difficulté : Les deux frères rappent et chantent sur la façade extérieure d'un des points de la Tour. Globalement la difficulté était surtout financière (location/privatisation du lieu) et au niveau des autorisations de tournage, mais aussi en terme d’idées. En gros, une fois que vous avez la certitude de pouvoir squatter l’édifice, il faut savoir bien l’utiliser.

Esthétique : Entre le montage, les plans aériens, les incrustations d’images etc, on a l’impression que les rappeurs sont aussi à l’aise que dans le hall de leurs premiers clips ; le décalage avec le lieu est amusant. En revanche aucune présence de chat aux yeux bridés pour faire une référence à la Tour Karin malgré l’amour du groupe pour l’univers Dragon Ball, et ça c’est regrettable. Mais bon, on peut toujours se dire que N.O.S et Ademo vendent des haricots magiques aux clients qui défilent.

Pertinence : personne ne s’était approprié la Tour Eiffel à ce point là, l’effet recherché "on domine Paris" est atteint, avec l’idée mise en avant par le groupe de l’ascension du plus bas au plus haut niveau.

Booba au Panthéon

Booba : cover de l'album "Panthéon"

Difficulté : harmoniser l’image du bâtiment avec la photo de Booba au premier plan, parce qu’évidemment c’est le monument qui est à l’arrière-plan, faut pas déconner.

Esthétique : classe/20

Pertinence : c’est le prestige qui est visé, le Panthéon étant un monument qui sert à honorer la mémoire des figures qui ont marqué l’Histoire de France. Victor Hugo, Voltaire, Rousseau, Émile Zola, Jean Jaurès, Alexandre Dumas, Jean Moulin, Pierre et Marie Curie, André Malraux et d’autres y sont inhumés. Bref B2O voit les choses en grand.

Soprano au Stade Vélodrome

Difficulté : ça paraît très facile aujourd’hui étant donné que Soprano a réellement rempli (et il recommencera) le Vélodrome sans aucun problème pour y faire un concert, Jul le fera aussi prochainement, mais concrètement à l’époque, Sopra avait beaucoup moins de poids et obtenir les autorisations juste pour un clip ne se faisait pas sur un claquement de doigts.

Esthétique : c’est très bordélique mais c’est exactement l’objectif, avoir une bande de jeunes surexcités qui courent partout et qui gueulent, dans la joie et la bonne humeur.

Pertinence : pour un rappeur marseillais c’est fortiche de tourner là-bas, l’endroit est mythique, mais il faut savoir que ça allait dans les deux sens. En effet le rappeur a raconté récemment dans le documentaire Nés sous la même étoile : "On est parti au culot, on a cherché les numéros de téléphone et finalement, on nous a dit 'Pape Diouf est d'accord pour vous passer les clés du stade'. Il a voulu jouer le jeu parce qu'en fait, tous les jeunes qui étaient dans le centre de formation connaissaient mes chansons ."L’intéressé confirme également : "ce clip, c'était aussi une façon de montrer que le club de l'OM était attentif à sa jeunesse tout en faisant un clin d’œil aux chanteurs de rap."

Chief Keef et Lil Reese dans un appartement miteux

On ne le présente plus, c’est l’un des hits qui a contribué à établir Keef et toute une partie de la scène Drill de Chicago. Parce que parfois les recettes les plus simples sont les meilleures.

Difficulté : aucune, ou peut-être avoir suffisamment confiance en soi pour assumer une absence quasi-totale d’artifice sur le lieu choisi et la mise en scène.

Esthétique : pour ceux qui aiment le côté brut et le désordre absolu, ça se pose là

Pertinence : dans la mesure où on sent bien que pas grand-chose n’a été préparé et qu’on a juste une bande de potes allumés en train de beugler dans un appart, ça représente parfaitement ce qu’était la musique de Chief Keef à ce moment là.

Jay-Z à la Pace Gallery

Pour ce titre, Jay-Z a voulu transformer en performance artistique son morceau en l’interprétant à la Pace Gallery de New York, lieu d’exposition très prisé de l’art contemporain. Le résultat a été ensuite monté en un clip de 10 minutes qui est uniquement visible chez Tidal et Universal. Ou Worldstar.

Difficulté : Jay-Z a dû rapper le même morceau pendant 6 heures. Déjà que l’entendre plus de 3 fois de suite c’est pénible on n’imagine pas ce que ça a dû être pour lui. En plus il devait s’adapter aux guests en face de lui : danseurs, danseuses, petite fille, auditeurs lambdas, mais la palme revient au cinéaste Judd Appatow qui a fait semblant (ou pas) de répondre au téléphone en plein couplet.

Esthétique : c’est surtout Jay-Z qui rappe entouré de plein de gens dans une grande pièce blanche.

Pertinence : le morceau en question s’appelle Picasso Baby et multiplie les références à l’art, Hov était dans sa période je-parle-de-Basquiat-et-j’essaie-de-faire-croire-que-je-m’y-connais, mais forcément le résultat final est aussi clivant que l’art contemporain ; certains crient au génie et d’autre lui ont décerné une médaille d’or de branlette. Par contre il a quand même réussi à avoir la petite-fille de Pablo, Diana Widmaier Picasso, parmi les différents guests. Et oui.

Rohff sur l'Arc de triomphe, puis la France

Rohff : covers des albums "La fierté des nôtres" et d' "Au-delà de mes limites"

Pour le double-album La Fierté des nôtres, Rohff avait choisi une cover à la hauteur de son côté egotrip en se présentant en géant assis sur l'Arc de Triomphe (au dos on le voyait accroché à la Tour Eiffel, etc). Il a récidivé avec Au-delà de mes limites où cette fois il était assis sur la France toute entière ou presque.

Difficulté : alors on a bien vérifié mais il semblerait que ces photos soient en réalité des montages, donc l'idée est assez drôle, mais ça a surtout demandé un boulot de retouche.

Esthétique : sympa/20

Pertinence : la symbolique du banlieusard qui a conquis la capitale puis la France sans s'embarrasser des convenances est évidente mais personne ne l'avait poussée à ce point là jusqu'ici.

IAM et les pyramides

Pour fêter les 20 ans du groupe, les membres d'IAM se sont offerts un concert au pied des pyramides de Gizeh.

Difficulté : ils n'ont pas fait un concert dans une pyramide, ni au sommet, mais juste à leurs pieds. C'est un peu facile les mecs.

Esthétique : pour un concert en plein air, c'est rare d'avoir des arrières-plans aussi beaux

Pertinence : si pour le grand public un décor Star Wars serait plus adéquat, les références à l’Égypte Antique sont quand même à la base du groupe où la majorité tire son pseudo d'une figure égyptienne (Akhenaton, Kheops, Imhotep et Kephren)

MC Solaar, Ärsenik, Les Sages poètes de la rue, Bigflo & Oli au Théâtre antique de Vienne

C’était un concert organisé par Mouv', vous êtes sur Mouv', donc peu importe les critères c’est forcément le meilleur de la liste.