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Médine : "J’ai été pris pour un poseur de bombes alors que j’étais un démineur"
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Médine ©Radio France

Médine : "J’ai été pris pour un poseur de bombes alors que j’étais un démineur"

Médine a donné une interview le jeudi 7 février à 20 minutes.

Dans cet entretien, Médine revient sur plusieurs sujets, son concert au Zénith de Paris, la polémique du Bataclan, son featuring avec Booba, ses titres et ses origines. Après une année chargée, Médine clôturera sa tournée au Zénith de Paris. 

La polémique du Bataclan, revanche, liberté d'expression...

Le rappeur havrais dresse donc le bilan des sujets phares qui ont rythmé son année. A commencer par la polémique de l'annulation de son concert au Bataclan. En octobre dernier, son concert au Bataclan a été annulé au vu de menaces de groupes d'extrême droite de manifester contre son concert. Médine a alors préféré l'annuler afin de préserver la sécurité de son public et le respect des familles des victimes de l'attentat du 13 novembre 2015. Le journal 20 minutes a demandé à Médine si il considérait son concert au Zénith comme une revanche sur l'épisode Bataclan. Celui-ci explique : 

Non parce que je n’ai pas l’esprit revanchard. Pour moi cette polémique n’avait pas lieu d’être, c’était un faux procès qui m’a été fait. (...) Pour moi cette polémique est le prolongement naturel, voire une espèce d’accréditation du sérieux de mon travail qui, justement, dénonce cet emballement, cette société du trolling, et qui stigmatise un peu plus le jeune de quartier, le musulman, le rappeur, la personne issue de l’immigration.

Le rappeur s'interroge sur la liberté d'expression dans le monde du rap. 

Est-ce que j’ai le droit de me raccorder à une tradition de paroliers de la chanson française, comme Georges Brassens ? Pour moi, oui, j’en fais partie, mais j’aime bien reposer ces questions à ceux qui produisent de la stigmatisation ou de l’exclusion.

Ainsi il revient sur le message du morceau "Don't Laïk" qui n'a pas été compris par le public selon lui. Il admet avoir écrit un texte provocateur qui a son sens est un "hymne à la laïcité". Il dit également se remettre en question et avouer être provocateur dans ses sons. 

Ce morceau n’a pas été compris comme moi je l’avais écrit et pensé. Là j’ai eu l’impression d’être pris pour un poseur de bombes alors que j’étais un démineur.

Avec Booba c'est "une histoire de paternité"

Médine raconte aussi sa rencontre avec Booba. Les deux rappeurs se sont rencontrés sur les réseaux sociaux en échangeant sur leur vie de père. Les deux personnages pourtant opposés dans leurs musiques et leurs idées comme l'explique Médine ont réussi à collaborer sur un morceau "profond". De cette rencontre le morceau "Kyll" est né. Kylian Mbappé a été choisi comme référence sur ce titre car "il est invoqué comme symbole dans ce morceau, de par son métissage, son origine sociale, ses origines africaines, mais aussi le fait qu’il soit un symbole français. Qu’il soit pris en exemple et qu’il ait porté la France au plus haut niveau sportif international. C’est ce qui nous stimule." explique Médine.

Par la même occasion le rappeur revient sur son rapport à la France. 

Je ne me sens pas français derrière un drapeau ou un hymne national, mais je me sens français à travers la langue française. C’est comme ça que je vibre, avec la francophonie. Je réussis à m’inscrire dans une tradition à travers la langue française en raccordant Victor Hugo et PNL, Baudelaire et Booba. C’est ce que je me suis bricolé pour pouvoir m’enraciner dans ce pays.

Le Havre source d'inspiration pour le rappeur

Lors de l'interview, Médine se livre sur sa vie privée avec sa famille au Havre, ville à laquelle il est attaché. 

C’est une ville formidable. Elle est très poétique, sensible, Monet y venait pour peindre les plus beaux couchers de soleil de la galaxie, j’ose le dire ! Moi je m’en inspire comme une espèce de muse parce que j’ai toute mon histoire là-bas, j’y ai rencontré mon épouse, mes parents y ont grandi, dans chaque endroit j’ai une petite histoire à raconter.

Enfin, le rappeur nous explique qu'il prépare intensivement son Zénith. De nombreux invités, des anciens morceaux et un show plus long seront au rendez-vous samedi 9 février.