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Mais où est Jul ?
Mais où est Jul ? ©Radio France

Mais où est passé Jul ?

6 mois sans aucune actu, disparu des réseaux sociaux... Mais où est passé le Jul hyperactif et omniprésent ? Nous avons mené l'enquête pour tenter de rassurer ses fans.

Nous sommes le lundi 7 mai, et Jul n’a encore sorti aucun disque cette année.  A la même date en 2017, il avait déjà sorti un album gratuit et s’apprêtait à publier trois autres projets en cours d’année ; même chose en 2016 et en 2015, son année la moins productive étant celle des débuts, avec “seulement” 3 projets en 2014. Sa promesse de ralentir le rythme en 2018 était donc vraie, mais personne ne s’attendait à ce que ce soit à ce point : très exactement 6 mois sans actualité autre que des clips de titres extraits de La Tête dans les Nuages -pas le moindre morceau écrit en live sur periscope, pas d’inédits envoyés par pack de 4 au milieu de la nuit sur Facebook.

Plus inquiétant, Jul a totalement disparu des réseaux sociaux , lui qui faisait toute sa communication sur ces plateformes, et délaissait complètement les médias traditionnels. Ses comptes facebook, twitter et instagram ont tout bonnement disparu, et les hypothèses vont bon train entre désactivation volontaire et piratage -a priori, il s’agit plutôt de la première proposition. Récemment, on l’a vu réapparaître le temps d’un featuring avec son poulain Moubarak, mais pas grand chose de plus : le marseillais a quasiment disparu de la circulation depuis six mois, après avoir passé quatre ans à occuper le terrain chaque semaine. Mais où est Jul ?

En plein remaniement stratégique

L’hyperproductivité de Jul a longtemps constitué l’une de ses principales forces, et l’un des piliers de sa capacité à se maintenir au top des charts pendant quatre années consécutives -à chaque fois qu’il semblait à bout de souffle, son succès reprenait d’ailleurs de plus belle. Non content de tenir le haut du pavé, il a même continué à progresser continuellement sur le plan des chiffres … jusqu’à l’année dernière, où malgré des chiffres encore monstrueux, on a senti un début de stagnation, entre autres à cause de l’importance prise par le streaming -Jul est l’un des rares à vendre encore majoritairement en physique).

Plutôt que de persister sur une stratégie épuisante et en perte de vitesse, Jul décide alors d’adapter sa productivité, délaissant progressivement l’omniprésence pour tendre de plus en plus à la rareté , et ainsi créer de la demande plutôt que de noyer le public. A l’image d’autres mastodontes de l’industrie, comme Orelsan, PNL, Maitre Gims ou Stromae , l’auteur de My World décide de ne publier qu’un album tous les trois ou quatre ans (plutôt que tous les trois ou quatre mois), créant l'événement à chaque nouvelle sortie. Devenue plus sélective, sa musique gagne à la fois en qualité et en diversité. Mieux, cette nouvelle organisation de travail lui permet de dégager plus de temps libre pour travailler sur d’autres projets : il écrit notamment un film sur l’amitié entre un homme et son t-max, qui réalise le meilleur démarrage de l’année en première semaine au cinéma.

En train d’enregistrer une infinité d’albums pour tous les balancer à la suite

Dans le désert pour entraîner Moubarak

S’il n’a pas encore convaincu pleinement les auditeurs, Moubarak, la dernière signature du label D’Or et de Platine, continue de charbonner pour upgrader ses capacités. Conscient qu’il a besoin des conseils d’un guerrier expérimenté pour maîtriser ses pouvoirs, Jul prend le rôle du mentor, coupe tous ses réseaux sociaux, ferme son studio à clef, et vole avec son poulain jusqu’au désert le plus proche. Comme Piccolo quand il entraîne San Gohan pour le préparer à l’arrivée de Vegeta et Nappa sur Terre, Jul fait subir à Moubarak un entraînement dur mais nécessaire, avec autant de fermeté et de discipline que d’amour et de respect. Jul se prend tellement au jeu qu’il finit par arracher la queue de Moubarak pendant son sommeil pour éviter qu'il ne se transforme en singe géant. Le pauvre finit donc avec une voix de castrat, est contraint d’abandonner le rap et débarque à la Scala milanaise pour devenir le premier Farinelli en survet de Chelsea.

En arrêt maladie

A force de bosser 80 heures par semaine sans jamais prendre de vacances, ce qui devait arriver arriva : perte d’appétit, de sommeil, saturation, et pour finir, un bon gros burn-out. Après une première pause de quelques semaines, Jul ne se voit pas retourner en studio et n’arrive même plus à écouter de musique. Il fait prolonger son arrêt par son médecin, puis, au bout de huit mois à pantoufler en se posant des questions existentielles, décide de prendre le taureau par les cornes, et se lance dans une réorientation professionnelle. Après plusieurs stages en tant que chauffeur VTC, analyste financier, facteur, ingénieur en agro-alimentaire, mannequin de défilé haute-couture, et archéozoologiste, il finit par trouver sa vocation : artiste-peintre. Avec un rythme de production effréné, il révolutionne l’industrie de l’art en France, et vend en série des personnifications de la vie de rue. Son style pop-art très assumé, à la limite du kitch, est décrié par les uns, adulé par les autres, mais réalise des records de ventes. Il entre définitivement dans la légende le jour où il réalise en direct sur Périscope une fresque géante, en Y sur un cross volé, pinceaux dans une main, guidon dans l’autre.

En prison

Il ne donne plus de nouvelles, on ne le voit plus dans les endroits où il traînait tout le temps, et il n’est plus sur les réseaux sociaux … mince, envoyez-lui des mandats les mecs.

Dans le vestiaire de l’OM

La rigueur tactique de Rudi Garcia, le mental de Rami, la ferveur des supporters, la providence de Yohann Pelé, les accélérations de Payet … Les secrets de la réussite de l’Olympique de Marseille cette saison en Europa League sont nombreux, et de nombreux facteurs combinés peuvent expliquer la qualification du club pour une nouvelle finale européenne. Tout le monde oublie cependant une coïncidence suggestive, corroborée par les résultats du club : au moment où Jul a disparu de la circulation, l’OM a commencé à flamber . Il n’en faut pas plus pour théoriser l’arrivée du rappeur au sein de l’organigramme du club en tant que coach mental. Lui qui a traversé des épreuves terribles mais a toujours su rebondir, conservant une bonne humeur communicative sur la plupart de ses disques et sur les réseaux sociaux, constituait le profil parfait pour pousser les joueurs à se relever après une défaite, reprendre la route vers le succès, et surtout, faire mentir tous les pronostics initiaux.

Crédit photo : capture la Tête dans les Nuages