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L'enfance selon le rap français
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L'enfance vue par le rap français
L'enfance vue par le rap français ©Radio France

L'enfance selon le rap français

Retour sur les plus beaux morceaux où nos rappeurs évoquent leurs jeunes années.

Le rap est très souvent étiqueté comme étant une "musique de jeune" sauf qu'on entend par là généralement la tranche ado et jeunes adultes. Mais contrairement à une croyance populaire les artistes ne sont pas nés directement à l'âge de 15 ans avec des baskets aux pieds et une clope au bec, ils ont d'abord été petits comme tout le monde. Du coup, certains parlent de leur enfance, ou plus généralement du thème de l'enfance, et il y a de très nombreuses façons de le faire. Florilège non exhaustif des morceaux du genre.

### Oxmo Puccino – L'Enfant Seul 

Le gros classique. Tout comme surMama Lova , Oxmo Puccino ne parle pas forcément d'un cas particulier ni même de son expérience personnelle, mais dépeint des situations dans lesquelles la majorité des auditeurs peut se reconnaître. Évidemment on est sur une vision plutôt noire et triste puisque c’est la phrase « personne ne guérit de son enfance » qui résume le mieux le morceaux, avant tout axé sur les blessures qu’on garde à l’intérieur.

Chiens de paille – Mes yeux d'enfant

Sur une prod ciselée par son comparse Hal, de son côté Sako nous offre un angle avant tout nostalgique. L’idée qu’il défend dans le morceau c’est sa volonté de retrouver son innocence perdue, ses fameux « yeux d’enfant » qui permettent de voir la beauté partout même lorsqu’il y en a peu. Dans le même temps il se remémore ses meilleurs souvenirs, bien entendu, des genoux de sa grand-mère à son premier bisou avec Natacha. Sacré coquinou.

Stomy Bugsy - Mon papa à moi

Le tube de son époque, où il était d'ailleurs très moqué pour son côté trop gentillet. Concrètement Stomy a clairement pour optique ici de faire une chanson qui parle avant tout aux plus petits et c’est en partie ce qui explique le succès du morceau. Du texte jusqu’à la mise en scène du clip, le rappeur se glisse dans la peau d’un gosse qui a hérité d’un père pas comme les autres. C’est choupinou.

Disiz – Système D

Sur son second album, Disiz décide de consacrer un morceau à ses souvenirs de gosse, mais pas n’importe lesquels. Ici c’est avant tout une anthologie d’à peu près toutes les astuces que des gamins vaguement désœuvrés pouvaient trouver entre la fin des années 80 et le début des 90’s pour tromper l’ennui : les jeux à la con, les blagues avec les copains, etc. On a évidemment aussi droit à une sorte de carte postale audio de l’époque, avec les éléments comme les vieux walkmans ou autres qui plantent le décor.

Vald – Elle me regarde

C’est le morceau le plus abstrait de la liste. A première vue, Vald part sur un délire horrorcore où il décrit une séquestration suivie de torture diverses et variées. En réalité, c’est Vald lui-même qui a expliqué au détour d’une interview que la « victime » représentait en fait son enfance, qu’il tuait symboliquement, pour marquer la perte de l’innocence et tout ce qui s’ensuit.

Mafia K'1fry – Microbes

Cette fois ce sont Kery James, Rim’K, et Demon One accompagnés des Affranchis au refrain qui nous dépeignent la nouvelle (très jeune) génération qui fourmille dans les quartiers. Le titre est inspiré de la bande de gamins qui traîne dans le ghetto de La Cité de Dieu et on a droit à une description très vivante du côté de plus en plus décomplexé des petits. Mention spéciale pour la phrase « Il a dit au juge pour enfant "Putain t'es bonne sale folle'' » de Rim’K.

Rohff – Souvenirs

Rohff a évoqué à de nombreuses reprises son passé mais ici c’est vraiment le sujet principal de tout le morceau comme son titre l’indique. Cette fois le rappeur décrit très précisément son parcours personnel depuis les Comorres jusqu’à son arrivée en France, sa situation familiale, le dépaysement, les difficultés… Bref, il se confie sans hésiter et c’est pour ça que le son peut parler à tout le monde.

LIM – A 9 ans déjà

Parce que LIM sera toujours LIM, même quand il se plonge dans ses souvenirs de gosse on reste dans un rap de rue pur et dur, à l’image de la phrase complète « à neuf ans déjà, je squattais dans les halls, pendant que d’autres jouaient les ninjas, moi je voulais le monopole ». Le rappeur parle évidemment plus généralement de toutes les conneries qu’il a faites par la suite, de l’appât du gain à la délinquance en passant par l’échec scolaire et les embrouilles que ça engendre avec sa mère. On notera la remise en question de la fin du morceau lorsque l’artiste affirme toutes les erreurs qu’il corrigerait s’il pouvait revenir en arrière.

Diam's - Peter Pan

Second tube en bonne et due forme de la liste mais également un peu un intrus dans la mesure où Diam's, sous couvert de syndrôme de Peter Pan (le fait de ne pas vouloir grandir) évoque en réalité le monde réel des adultes mais vu par le filtre des enfants, pour montrer que décidément, on est quand même plus tranquille quand on est petit et insouciant. Rappelons que c'est ce titre qu'elle avait interprété en live aux NRJ Music Awards, en costume de nounours. Et ça c'était un peu too much.

Alkpote – Mon Histoire

A l'occasion de son premier album officiel, le rappeur d'Evry avait daigné se dévoiler légèrement sur le morceau Mon Histoire, qui est un des rares moments où Alk se livre à une sorte de mini autobiographie. Là logiquement vous devez vous dire qu'Alkpote qui tient un thème aussi classique sur tout un morceau c’est impossible, et vous avez entièrement raison puisque dès le second couplet la chronologie part complètement en vrille et des phrases qui n’ont plus rien à voir tapent l’incruste. Mais ça reste, pour la première partie du son, un texte où le MC se rappelle avec pas mal de mélancolie ses jeunes années et sa vie de famille.

Casey – Tragédie d'une trajectoire

Bien que le refrain l’évoque directement, l’enfance de Casey n’est pas l’unique thème de tout le morceau mais la rappeuse partage malgré tout quelques souvenirs avec ses auditeurs. Ici il s’agit non pas d’exorciser ses démons ou de se rappeler une époque joyeuse mais plutôt de remonter jusqu’aux premières contrariétés (et le mot est faible). En l’occurrence, Casey parle de son expérience pas très folichonne de l’école où elle a l’air d’en avoir bien bavé.

Sultan – Enfance Déracinée

Sur une instru qui sample un air bien connu des fans de Dragon Ball Z, Sultan se lance dans un story telling à la première personne et raconte des drames de l’enfance. Il adopte le point de vue successif d’un garçon dont le père a tué la mère, d’une fille abandonnée par sa mère prostituée et d’un gosse qui fugue pour fuir son mal-être. Autant dire que si vous vouliez une ambiance légère ça va pas trop le faire.

Assassin – Quand j'étais petit

Rockin’Squat, alors accompagné par Ekoué, ne déroge pas à ses habitudes puisque les deux rappeurs se répartissent les rôles. Ekoué est plus personnel et se plonge un minimum dans ses souvenirs pour expliquer que quand il était enfant il était naïf et facilement manipulable tandis que le leader d’Assassin élargit le propos et réussit à caser des lyrics antimilitaristes sans qu’on sache bien comment. Notons également la reprise du générique de L’Île aux enfants par Ekoué, ça vaut le détour.

Crédit photo : capture d'écran youtube