MENU
Accueil
Affaire Booba / Kaaris : une justice à deux vitesses ?
Écouter le direct
Affaire Booba / Kaaris : une justice à deux vitesses ?
Affaire Booba / Kaaris : une justice à deux vitesses ? ©Radio France

Affaire Booba / Kaaris : une justice à deux vitesses ?

Booba et Kaaris et neufs autres prévenus étaient jugés à Créteil pour s’être battus dans le hall 1 de l’aéroport d’Orly le 1 août 2018. Ils risquent jusqu’à 7 ans de prison, une procédure rapide.

Suite à la rixe qui les a opposés dans un dutyfree de l’aéroport d’Orly – une bagarre qui d’après les aéroports de Paris a coûté 50 000 €, a retardé plusieurs vols et fait quelques blessés légers -  tous les acteurs de la confrontation ont été arrêtés et placés en garde à vue. Puis, ils ont été jugés en comparution immédiate le 3 août et placé en détention, Booba à Fleury-Mérogis et Kaaris à Fresnes. Ils ont ensuite passé 3 semaines en prison avant d’être libéré le 23 août sous contrôle judiciaire.

La décision de justice a occasionné de nombreuses critiques, certains reprochant un deux poids deux mesures. D’un côté, Alexandre Benalla, collaborateur de l’Elysée et auteur de coups à l’encontre de manifestants le 1er mai, simplement entendu par les enquêteurs de la police judiciaire le 20 juillet 2018. De l’autre, Booba et Kaaris, placé en garde à vue, jugé et incarcéré.

Les affaires judiciaires médiatiques

L’affaire Benalla ne peut être mise sur le même plan que celle de Booba/Kaaris. D’une part l’affaire est en instruction et il y a pour l’heure de nombreuses zones d’ombres à éclaircir sur ses liens avec la police. Alexandre Benalla est cependant sous le coup de 4 chefs d’accusations « violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public, d’usurpation de fonctions, de port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et de complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection». Il risque jusqu'à trois années d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

En 2016, un autre jugement a mis en lumière le principe d’une « justice à deux vitesses ». Christine Lagarde (ex ministre de l’économie sous Nicolas Sarkozy) et actuelle dirigeante du Fonds monétaire international est condamnée par la Cours de justice de la République pour négligence. Elle n’a pas contesté en 2007 une mesure donnant 403 millions d’euros à Bernard Tapie, mais est dispensée de peine au vu de sa «personnalité, de sa réputation nationale et internationale » . Elle encourait pourtant 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. Une décision extrêmement critiquée et certains reprochaient aux politiques une totale impunité.

« La délinquance visible est traitée plus rapidement »

Pour Vincent Charmoillaux secrétaire national du syndicat de la magistrature, « la justice à deux vitesses est un slogan agité trop facilement ». Pour autant, il reconnaît que la « délinquance visible (violence, vol etc) est traitée plus rapidement et vigoureusement qu’une délinquance invisible (économique) qui demande un travail d’enquête plus approfondi. Les moyens alloués ne sont pas les mêmes » .

Le syndicaliste admet tout de même se battre pour une justice qui traite les affaires de la même manière et pour que tout le monde soit égal face à la loi. Un principe normalement essentiel de la justice.

Jérôme Cahuzac ex ministre du Budget sous François Hollande a été condamné à 4 ans de prison dont deux ans avec sursis en mai 2018 pour une fraude fiscale. Il avait un compte en banque caché en Suisse. Il a également reçu une amende de 300 000 euros et une inéligibilité pendant 5 ans. L’ex ministre n’ira cependant pas en prison. Il a bénéficié d’un aménagement de peine) prévu par la loi.

Et toi tu trouves que la justice est à deux vitesses ? Viens réagir au 01 45 24 20 20 dans Debattle le 7 septembre. Du lundi au vendredi de 19h30 à 20h, c’est toi qui a la parole.